Critique : Dreamland

Par Stéphane Argentin
8 septembre 2006
MAJ : 16 octobre 2018
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Dreamland est l’exemple même d’un premier long-métrage qui puise toute sa force dans une combinaison imparable alliant beauté formelle et simplicité conceptuelle.

Dès son générique de départ (une route en plein désert, une adolescente au regard évanescent), Dreamland se positionne dans un espace-temps volontairement indéterminé, quelque part dans un coin reclus au milieu de nulle part au cours d’un été plus ou moins contemporain. Il confére ainsi au récit un caractère instantanément intemporel et universel, le film pouvant tout aussi bien se situer en un autre lieu et autre temps. Mais communauté isolée à la frontière du beatnik des années 70 (l’héroïne pratique le sexe libéral et les différents personnages fument volontiers quelques tarpés en toute quiétude) ne signifie pas pour autant individus attardés ou lobotomisés. Au contraire, la protagoniste est aussi mâture qu’intelligente comme le prouvera la suite du récit. Les considérations bassement matérielles sont ainsi sciemment écartées pour pouvoir se focaliser sur les personnages et plus précisément leurs sentiments et leur avenir.

Au fil des minutes, chaque protagoniste gagne en épaisseur pour former à l’arrivée un grand tableau « familial » dont le pilier central n’est autre que la jeune et tout juste majeure Audrey, campée par une magnifique Agnès Bruckner dont la beauté plastique (pour une fois à contre-courant des tailles mannequins anorexiques) n’a d’égal que le talent d’actrice, capable de basculer du plus radieux des sourires au plus profond des désarrois avec une facilité déconcertante. Une heure trente durant, le récit bascule ainsi du rire aux larmes, dans un cadre à la beauté visuelle (les plans larges du désert diversement colorés, les gros plans sur les visages) et sonore (la bande originale ésotérique) somptueuse qui parachève d’ancrer le récit à la frontière entre réalité et rêve éveillé (un sentiment encore renforcé par les brefs intermèdes poétiques en voix off de l’héroïne).

Abordant en toute honnêteté et sans la moindre fausse pudeur des thèmes aussi divers que l’amour, le sexe, le deuil, la famille ou encore les responsabilités, Dreamland est un long-métrage dont la pureté n’a d’égal que les thèmes intemporels qu’il aborde. Simple, beau et magique.

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