Critique : God grew tired of us

Par Stéphane Argentin
6 septembre 2006
MAJ : 20 octobre 2018
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Financé par National Geographic, narré par Nicole Kidman (désormais ambassadrice auprès de l’ONU) et comptant par ses producteurs exécutifs un certain Brad Pitt (visiblement très porté sur le continent africain depuis qu’il partage sa vie avec Angelina Jolie), God grew tired of us (littéralement « Dieu s’est lassé de nous ») est le type même de documentaire d’utilité mondiale reconnue sur un sujet pourtant connu de tous, en l’occurrence le conflit soudanais.

Après un petit rappel historique (toujours bienvenu pour comprendre la situation actuelle du pays évoqué), la première partie de ce documentaire réalisé sur une période de quatre ans ne sera pas s’en rappeler certains JT de 20h où encore certaines campagnes pour les ONG (exode massif, enfants squelettiques affamés…) mais à quelque peu tendance à se perdre dans sa seconde moitié lorsqu’une poignée d’élus sud soudaniens débarque en Amérique et découvre médusée les us et coutumes de la société dite « moderne » (on passe d’un lieu à un autre tout en effectuant différents bonds en avant dans le temps sans toujours bien suivre). Une transition traitée sur un ton comique plutôt bien senti même si l’on ignore dans quelles circonstances ces « Lost boys » comme on les appelle ont été choisi (de toute façon, ils devront rembourser leur trajet jusqu’aux States car, c’est bien connu, au pays de l’Oncle Sam, le capitalisme est roi).

La grande force de God grew tired of us, qui paradoxalement constitue également sa faiblesse, est de montrer les liens qui unissent ce peuple malgré la distance et les conditions de vie qui les séparent désormais – là où les gangsta-raps afro-américains des ghettos ont oublié depuis bien longtemps leurs racines, gangrenés qu’ils sont par la culture US et le Dieu dollars – tout en s’en remettant presque systématiquement à une destinée « divine ». Soit deux sacerdoces qui, ressassés à longueurs de temps, pourront éventuellement finir par lasser. Mais par delà ses qualités intrinsèques, l’impact de ce God grew tired of us semble finalement à peu près aussi vain que les tentatives de ce petit groupe de « Lost boys » pour ouvrir les yeux du gouvernement américain sur la gravité de la situation au Soudan tant le continent africain semble avoir été délaissé depuis bien longtemps par toutes les surpuissances du Monde. Utile donc, mais vraisemblablement un grain de sable au milieu d’un désert de désintéressés.

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