Critique : Le Maître d’armes

Par Ilan Ferry
4 septembre 2006
MAJ : 25 février 2020
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Après une escale hollywoodienne de triste mémoire, Jet Li effectue un retour aux sources des plus réjouissants via ce Maître d’armes renouant avec la grande tradition des Il était une fois en Chine. L’association entre un réalisateur et un acteur ayant chacun percé aux États-Unis avec plus (La Fiancée de Chucky, Le 51eme état) ou moins (des pitoyables Roméo doit mourir et En sursis au très con The One) de réussite ne pouvait que susciter au mieux la curiosité au pire la fuite. C’est la première option qui s’impose dès les premières images nous plongeant immédiatement dans un tournoi mené tambour battant par un Jet Li en grande forme. La suite tient alors toutes les promesses de son impressionnant prologue grâce à des chorégraphies magistralement orchestrées par le grand Yuen Woo Ping.

En contant l’histoire vraie de Huo Yuanjia, maître d’arts martiaux et fondateur de l’école Jingwu, Ronny Yu et Jet Li reviennent au genre qui a fait leur renommé en Chine, en y insufflant une dimension historique inattendue pour une production mainstream. Ainsi après les fresques aventuristes de Zhang Yimou (Hero, Le Secret des Poignards volants), le géant Universal continue de surfer sur la vague initiée par Tigre et Dragon, débauchant pour l’occasion l’un des plus occidental des réalisateurs orientaux en la personne de Ronny Yu. Le cinéaste laisse de coté l’hystérie de ses deux précédents films au profit d’une certaine ampleur à rapprocher du Tsui Hark de la grande époque. Combats hallucinants, messages philosophiques sous-jacents, contexte politique omniprésent, Le Maître d’armes invoque le meilleur du cinéma HK grand public. Toutefois, à trop vouloir se focaliser sur le parcours spirituel de son héros, le film hésite entre biographie édifiante et film de kung-fu – là où la saga de Tsui Hark sur Wong Fei Hung représentait la synthèse parfaite. Un constat renforcé par un problème de rythme flagrant cristallisé dans une première et dernière partie jouant allégrement la carte de l’ellipse. D’où une certaine impression d’inachevé que confirme l’amputation de 20 minutes de film qui voyaient Michelle Yeoh initier Jet Li aux arts martiaux.

Le Maître d’armes passe donc à côté de la grande épopée qu’il aurait pu être mais reste le meilleur film de Jet Li depuis longtemps.

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