Ultraviolet : Critique

Ilan Ferry | 14 juin 2006
Ilan Ferry | 14 juin 2006

S'il est une qualité à reconnaître au nouveau film de Kurt Wimmer, c'est bien de cultiver l'art du recyclage avec une décontraction étonnante en nous proposant un pot pourri de tout ce qui a pu se faire en matière d'influences post Matrix. Le résultat, bordélique au possible, ne fait que confirmer les craintes laissées par les premières images du film. Après un générique étonnant laissant augurer un film volontairement orienté comics, la curiosité laisse rapidement place à la déception au vue des trop nombreuses images de synthèse et l'impression de se retrouver devant un remake raté de Tron à la sauce Blade et non une nouvelle version de Barb Wire, se fait de plus en plus persistante.

 

 

Par le truchement de la HD, cette" relecture futuriste de Gloria " (dixit le réalisateur), aux costumes paradoxalement kitsch, essaye tant bien que mal de palier l'ineptie de son scénario par son traitement visuel. Cependant, l'ensemble noyé dans un déluge d'effets numériques grossiers prend rapidement l'allure d'une compilation d'interminables cinématiques de jeux vidéo donnant furieusement envie d'appuyer sur le bouton START ! Au milieu de toute cette bouillasse visuelle, Milla Jovovich fait du surplace et donne des coups de tatanes dans tous les sens en multipliant des cascades aussi invraisemblables que ridicules. Elle est accompagnée dans sa tache du flippé Cameron Bright, désormais abonné aux rôles de gamins à sauver à tout prix (X-Men 3, La Peur au ventre, Godsend), et affronte une flopée de soldats tout droits sortis de Jin - Roh tombant sous ses coups avec un sens de la synchronisation qui force autant le respect que le rire !

 


Si Equilibrium misait avant tout sur une ambiance oppressante ponctuée d'impressionnants morceaux de bravoure , Ultraviolet prend le contrepied de son prédécesseur et multiplie les scènes d'action aussi invraisemblables que superflus sans s'encombrer d'une quelconque cohérence. Guns et épées apparaissent ainsi de manière totalement impromptue en se matérialisant sous nos yeux comme par magie ou en sortant directement d'emballages en aluminium ! Kurt Wimmer reprend les quelques défauts de son précédent film et les accentue pour nous livrer des combats frustrants, voire risibles,malgré un beau gunfight final lorgnant furieusement du côté de… Equilibrium ! Le réalisateur nous prouve ainsi qu'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même et nous offre un film de S.F. sans âme et surtout l'une des meilleures...comédies de l'année !

 

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