Critique : The Heirloom

Ilan Ferry | 29 janvier 2006
Ilan Ferry | 29 janvier 2006

Vous en avez assez des films avec des fantômes vengeurs aux cheveux longs ? Cela tombe bien, nous aussi ! Il faut dire que depuis Ring et ses multiples dérivés, le genre est quelque peu tombé en désuétude. Pourtant, Leste Chen, jeune réalisateur taiwanais de 23 ans, ne semble pas avoir retenu la leçon et nous livre un produit aussi creux que réchauffé.

The Heirloom conte l'histoire de James, jeune architecte venant d'emménager avec sa fiancée dans une grande demeure ayant appartenu à sa famille. Cependant, bruits mystérieux et autres fugaces apparitions se font de plus en plus persistantes, et le jeune couple se demande s'il ne se serait pas fait arnaquer ! Un doute qui laisse vite place à l'inquiétude lorsque l'un de leurs amis meurt brutalement. Mystère, mystère, la maison serait-elle hantée ? Quels douloureux secrets dissimule l'imposante bâtisse ? Neigera-t-il à Gérardmer demain ? Tant de questions et si peu de temps.

Cependant, force est de constater que Leste Chen lui prend tout son temps, distillant l'ennui durant une heure et demi, qui en paraissent le double. De fait, on peut voir The Heirloom comme le précurseur d'un nouveau genre : le film de trouille où il ne se passe absolument rien, mettant ainsi admirablement en application la théorie du nettoyage par le vide. En effet, aucun élément au cours du film ne suscite la moindre frayeur, qu'il s'agisse de bruits s'apparentant à des rafales de vent, ou encore de meurtres filmés hors champ (un comble pour un film de fantômes). Preuves supplémentaires que le réalisateur cultive habilement l'art de l'ellipse et privilégie les effets de « style » aux effets choc. C'est ainsi que le film se déroule très tranquillement, littéralement traversé par des acteurs inexpressifs à souhait.

Au final, The Heirloom ne provoque qu'un profond ennui que viennent renforcer des séquences réutilisant à chaque fois les mêmes plans (mention spéciale au travelling circulaire final répété plus de vingt fois pendant cinq bonnes minutes) et une fin à rallonge qui peine à conclure un ensemble déjà trop long.

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