Cursed : critique défigurée

Laurent Pécha | 15 août 2017 - MAJ : 18/06/2020 18:49
Laurent Pécha | 15 août 2017 - MAJ : 18/06/2020 18:49

Presque deux ans après avoir été tourné une première fois, Cursed débarque en salles en même temps que l'import DVD zone 1 (une version unrated qui semble être identique au montage que l'on peut voir dans nos salles) avec une réputation désastreuse d'immense nanar. Une réputation amplement justifiée tant le film de Wes Craven avec Christina Ricci parvient haut la main à ne pas décevoir le spectateur préparé à visionner une grosse daube. Un « exploit » retentissant qu'on ne peut pas tout à fait mettre entièrement à l'actif du réalisateur de Scream.

PURGE

Car cette parodie de film de loups-garous doit tout autant sinon plus aux pontes de Dimension films (les frères Weinstein, et leur obsession du coup de ciseau intempestif) qu'à la simple paresse artistique du cinéaste (il est loin, très loin le temps des Les Griffes de la nuit ou La Dernière maison sur la gauche). En effet, le film présent sur cette édition DVD et projeté dans nos salles à la fin du mois de juin est paraît-il bien loin des intentions de base de Wes Craven et son scénariste, Kevin Williamson.

À l'instar d'un Exorciste : Au commencement qui fut entièrement ou presque retourné, Cursed première version ne ressemblait pas du tout au Cursed que l'on connaît désormais. À tel point que Wes Craven a préféré vite tourner la page de sa longue et fructueuse (économiquement parlant du moins) collaboration avec Dimension films pour se lancer grâce à Dreamworks dans Red Eye - Sous haute pression.

 

Photo Christina RicciChristina Ricci

 

Si on peut donc trouver quelques excuses de production à la bouillabaisse filmique qu'est Cursed, rien ne peut non plus justifier (si ce n'est le vulgaire appât du gain) qu'on en soit arrivé aussi bas dans le navrant. Car, à l'image d'un dernier tiers absolument pathétique, culminant avec un loup-garou vociférant des insultes et faisant un doigt à la caméra (une métaphore parfaite de l'oeuvre en quelque sorte), le film réussit à ne raconter presque rien, tentant vainement de mixer les séquences et ambiances de célèbres films de loups-garous.

En optant pour une sorte de Scream-like au pays des lycanthropes, Craven et Williamson pensent avoir la formule qui tue. Pourquoi pas dans le fond mais un concept, aussi brillamment calculateur qu'il soit, ne peut suffire à faire un film et ça, le duo l'a semble t-il complètement zappé.

 

photoDis donc t'es vilain toi

 

TIRE SUR MON DOIGT

En résultent des séquences faussement provocatrices, une intrigue qui piétine, à peine dynamisée par de maigres attaques de loups-garous au rabais (des CGI globalement pourries et en unrated, le gore en synthèse fait peine à voir), une utilisation abyssalement nulle de quelques éléments au potentiel intéressant (le musée façon Grévin et ses figures mythiques du cinéma fantastique, la salle des miroirs façon Dame de Shanghaï d'Orson Welles ou Opération Dragon avec Bruce Lee) et des acteurs soit perdus (Christina Ricci) soit cabotinant à mort (Judy Greer).

 

Photo Christina Ricci, Jesse EisenbergSortez nous de là

 

Avec un bon sens de la dérision et un vilain penchant pour le Z qui tâcheCursed aurait bien le potentiel pour faire rire si derrière cette belle mascarade filmique ne se cachait pas un des grands cinéastes de l'horreur des années 70-80. On n'a désormais plus qu'à espérer que c'est bien Dimension qu'il fallait maudire en premier lieu pour ce triste spectacle et pas simplement le père Wes. Saluons pour finir la grande honnêté du distributeur français du film qui aurait pu jouer la carte bassement mercantile en sortant Cursed la semaine précédente et ainsi profiter de l'affluence toujours record de la fête du cinéma. 

 

Affiche fr

Résumé

L'affreux Cursed n'a que ce qu'il mérite : une sortie anodine juste avant le début de l'été et un bide déjà annoncé et surtout entièrement justifié.

Lecteurs

(3.0)

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commentaires

corleone
16/08/2018 à 11:42

Jesse Eisenberg… je supporte pas cet acteur avec sa tête à claques.

Flash
16/08/2018 à 10:51

Le loup garou qui fait undoigt face caméra, seul truc que j'ai retenu de ce nanar.

Kouak
16/08/2018 à 09:56

Bonjour,
Jamais vu...
A vrai dire connaissait même pas...
Cela doit être une commande...
Tout comme Carpenter, Craven a eu quelques "faiblesses"...
On lui pardonne aisément...
"Dog soldiers" de Neil Marshall, en voilà un, sans prétentions, qui assure le minimum requis.
Avec cette punchline imbattable, lorsque le "supérieur hiérarchique" du héro (qui est une ordure) se transforme à son tour :
" Alors ? T'es content ? Maintenant tu peux te lécher les couilles ? "

eric
16/08/2018 à 09:29

Je l avais pris en zone 1 a l époque: On rigolé tellement le film ne ressemblait à rien... Un nanar atomique...mais du coup soirée inoubliable avec mes potes... Donc merci wes et le studio

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