30 jours max : critique qui trouve que ça fait long quand même

Simon Riaux | 14 octobre 2020 - MAJ : 14/10/2020 18:16
Simon Riaux | 14 octobre 2020 - MAJ : 14/10/2020 18:16

Le réalisateur de Epouse-moi mon pote et complice de longue date de Philippe Lacheau est de retour derrière la caméra. Avec 30 jours maxTarek Boudali s'essaie à la comédie romantico-policière. À nos risques et périls.

ILS SONT DE RETOUR

C’est en 2014 que La Bande à Fifi débarque au cinéma avec Babysitting. Un beau succès, fruit d’un travail acharné, tentative collective d’apporter une touche de fantaisie au sein d’un paysage comique hexagonal ronronnant. Plusieurs longs-métrages plus tard et l’ambitieuse réussite de Nicky Larson et le Parfum de Cupidon, c’est au compère Tarek Boudali de retourner derrière la caméra après Epouse-Moi mon pote. Accompagné des inoxydables Philippe Lacheau et Julien Arruti, il explore ici le grand motif qui traverse leurs créations depuis six ans : jusqu’où peut-on aller dans l’absolue nullité ? 

Et si tous semblent désireux de pousser chaque fois plus loin ce profond questionnement, reconnaissons à 30 jours max de l’amener à proximité de son point de fusion, quitte à provoquer une durable dégénérescence neuronale chez le spectateur. Difficile de croire que l’ensemble a été produit par une équipe de tournage et non une tripotée de lamantins beurrés au vermouth, tant tout semble avoir été produit entre deux rots de soda tiède. 

Absolument rien ne va dans cet objet, qui embarrasserait jusqu’au directeur de la photo d’une publicité de conventions-obsèques. L’image est d’une fadeur sans nom, on ne distingue jamais un semblant d’intention, de créativité ou d’ambition visuelle (quand quelqu’un pense à faire le point, bien évidemment). Du montage des scènes les plus basiques jusqu’à l’agencement des couleurs, rien ne parvient jamais à attirer l’oeil et encore moins à divertir. 

 

photo, 30 jours maxDe l'art de viser juste. Ou pas.

 

POUR NOUS JOUER UN MAUVAIS TOUR

On se gardera bien de juger la valeur intrinsèque d’un type d’humour donné, le rire étant la matière la plus subjective qui soit, mais ce bon ici les mécanismes de la drôlerie qui sont déficients. Le tempo tombe systématiquement à plat, aussi bien lors des séquences dialoguées que de celles qui se voudraient plus burlesques. Et quand le film assume pleinement ce qui pourrait être son penchant le plus plaisant, à savoir une sorte de bourrinerie burlesque (lors d’une scène d’incendie notamment) l’arythmie générale de l’ensemble saute aux yeux. 

Le résultat est d’autant plus gênant qu’une proportion non-négligeable de gags sentent la redite franchement tiède. De l’irruption de catcheurs mexicains, en passant par une série de gags qu’on jurerait pillés dans une cour de récréation bombardée à l’insecticide, difficile de trouver grand-chose d’original ou de vivace dans 30 jours max. Rien ne marque, car tout paraît déjà vu, ailleurs, en mieux, ou plus abouti.

 

Photo Tarek BoudaliPlus dure sera la chute

 

Enfin, si Tarek Boudali ne renoue avec le degré d’homophobie et de sexisme ordinaire qui mine souvent ses films et ceux de Lacheau, on se désole plus d’une fois de certains ressorts qui flirtent avec une bêtise rance, dont les personnages féminins sont souvent la cible. Plus d'une fois, on se demande si le scénario comme la mise en scène ne rient pas des protagonistes plutôt qu'avec eux, notamment quand Chantal Ladesou ou Marie-Anne Chazel se voient régulièrement avilies, comme si leur âge et leur féminité constituaient en tant que tel des sources d'hilarité.

Non pas que le film se complaise consciemment dans ce genre d’ornières, mais entre ses sketchs vieillots et son indigence technique, il se vautre avec maladresses dans le sillon merdeux d’un rire trop gras pour ne pas finir en infarctus. 

 

affiche

Résumé

Une comédie policière qui se voudrait enlevée et burlesque, quand ses limitations techniques et artistiques la condamnent au cimetière des agressions filmiques.

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commentaires

Antoni1973
27/10/2020 à 00:15

Vu le commantaire ca donne envie de le voir ce film on doit bien se marrer

Chris11
17/10/2020 à 06:54

Moi j'ai bien aimé. Oui le film est pas ouf pour ne pas dire presque mauvais, oui on voit clairement que le réal n'est pas Lacheau (Babysitting 1 et 2, Alibi.com, Nicky Larson) mais son ami Boudali (Epouse moi mon pote). C'est convenu, potache, pas toujours fin fin, certaines blagues sont malaisantes mais d'autres sont juste énormes (la réf au Sherlock Holmes de Guy Ritchie!) mais ça veut faire plaisir et pour moi ça a marché. Je n'en demande pas plus à ce genre de film. Pendant ce temps, la série La flamme a elle aussi l'intention de faire rire, et malgré une bien meilleure critique, je l'ai trouvée affligeante et très malaisante.
Et dans d'autres styles tout à fait différents, j'ai aimé Antoinette dans les Cévennes et Lux Aeterna.
On ne peut pas ne manger que du caviar et de la pancetta, un bon fast food de temps en temps c'est bien aussi. C'est exactement ce qu'est ce film.

Sergent Hartman
16/10/2020 à 18:29

C'est dingue comme c'est le monde à l'envers, ne cherchez pas d'excuse à ce truc c'est une bouse, quand c'est mauvais c'est mauvais ayez l'honnêteté de le reconnaitre, y a pas à chercher plus loin et trouver toutes les excuses du monde..tout le monde n'est pas blier qui veux.

Lili
16/10/2020 à 10:56

Mon fils et moi avons bien ri du début à la fin . Un film pour divertir et qui rempli bien son rôle.

Geoffrey Crété - Rédaction
15/10/2020 à 22:13

@Madolic

Et bien justement : comme on disait, ça dépend des films ! Megan Fox dans Rogue par exemple... Le jeu d'acteur n'est vraiment pas l'atout du film, ou un sujet riche à commenter. D'où le choix de se concentrer sur d'autres aspects.

Les films mainstream, si si, là aussi. Récemment, Enola Holmes, Brutus vs Cesar, Tenet, Les Nouveaux mutants... le jeu des acteurs a été discuté dans les critiques. On a parlé du jeu des acteurs dans les derniers Avengers (notamment Zoe Saldana et Scarlett Johansson), pour être dans le super-mainstream.
Ce soir, le hasard fait qu'on a republié la critique du Chasseur et la reine des glaces, où le jeu de Jessica Chastain fait l'objet d'un commentaire spécial. Même chose dans la critique récemment republiée de Maléfique et Tomb Raider, sur Angelina Jolie.
Preuve que c'est important pour nous aussi ;)

Madolic
15/10/2020 à 22:00

@EL
Boys in the band c'est de la triche, c'est que un film d'acteur ^^
Ca fait très pièce de théâtre tellement c'est centré sur le jeux et les dialogues.
Et j'ai jamais dit que vous le faisiez jamais, mais peu sur des films mainstream au final.
Hors ça reste important, enfin personnellement :)
mais merci de la réponse l'équipe !

Nija àctor
15/10/2020 à 21:42

acteur professionnel je ne peux permettre de critiquer de la sorte un telle travail résumant création passion avec une grande sensibilité sincérité les comiques de demain des innovateurs dérange toujours c est vrai....pathétique constat je vous souhaite le meilleur a toute l'équipe vous le mérité a tarek Philippe pierre cordialement Jean-Claude biancardini comédien ????????????

Nissa
15/10/2020 à 21:06

Des commentaires de bobos comme on en voit si (trop) souvent.

Simon Riaux - Rédaction
15/10/2020 à 18:18

@Madolic

Tout pareil que Geoffrey.

Geoffrey Crété - Rédaction
15/10/2020 à 18:16

@Madolic

Nuance : cela dépend des films, et des rédacteurs ! Parfois, on trouve plus intéressant et pertinent de parler du scénario, de la mise en scène, des chorégraphies... mais plein de critiques parlent longuement des acteurs.
Quand j'écris sur The Boys in the Band ou Les Choses qu'on dit..., les acteurs sont au centre de la critique. Quand l'ami Simon a écrit sur Les Apparences, il a dédié une partie entière à Karin Viard. Même chose avec Mathieu, qui s'arrête sur les acteurs de 3 from Hell. Pour citer des exemples récents ;)

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