Little Monsters : critique Zombienavetland

Geoffrey Crété | 29 octobre 2019
Geoffrey Crété | 29 octobre 2019

Alors que Retour à Zombieland est arrivé en salles pour pas grand-chose de neuf, une autre horde de zombies comiques débarque : Little Monsters, d'Abe Forsythe, où Lupita Nyong'oAlexander England et Josh Gad affrontent des morts-vivants australiens. Un petit film sorti de nulle part et qui arrive en VOD ce 31 octobre, après un passage très rapide en salles mi-octobre.

CHIANT OF THE DEAD

Little Monsters a un problème, un seul : il n'a rien à ajouter au sujet du film de zombie comique. Pour quiconque a vu Shaun of the Dead et Bienvenue à Zombieland, les moins connus Fido et Cooties, ou le récent The Dead Don't Die, cette histoire de maîtresse d'école qui protège sa classe en pleine apocalypse zombie n'a rien à dire et montrer de plus niveau mort-vivant décalé et drôle.

Du héros gentiment loser au second rôle hystérique et détestable, de la lenteur des zombies à des références à la pop culture lourdement utilisées (Star Wars...), le scénariste Abe Forsythe se contente de recycler les poncifs du genre. Le réalisateur Abe Forsythe ne s'en sort pas beaucoup mieux, malgré un décor amusant de centre de loisirs paumé dans la campagne australienne, et notamment une boutique cadeau qui devient le fort de résistance.

Pas que ce Little Monsters soit profondément mauvais, désagréable ou vilain. Il pourrait même distraire un fan de film de genre qui sera plus clément, ou un néophyte qui s'en amusera. Mais tout ça laisse une impression de grosse niaiserie vide et paresseuse, sans aucune violence ni audace, et très loin d'être à la hauteur du point de départ censé être décalé.

 

photo, Lupita Nyong'oLa maîtresse était en rouge

 

SANS ÂME, NI HAINE NI VIOLENCE

La bonne idée du film est d'abord de s'amuser avec la maîtresse incarnée par Lupita Nyong'o qui protège les enfants au point de leur cacher l'apocalypse, et entretenir l'illusion d'un grand jeu. Un peu comme La Vie est belle de Roberto Benigni, mais avec des zombies à la place des nazis. Sauf que tout ça ne tient pas longtemps, et tourne en rond.

C'est le premier, mais pas le dernier frein. La grande bêtise du film est de rester si sage et poli, et de garder ses zombies et ses mioches au rang de petites choses à peine agressives, méchantes, et têtes à claques. Inutile d'attendre une vraie cruauté, hormis pour le seul personnage véritablement méchant qui mérite d'être puni : Little Monsters a des airs de Disney dès qu'il s'agit de traiter les personnages, qui trouveront évidemment des raisons de grandir et s'aimer au fil de la catastrophe.

À l'image de cette miss Caroline qui refuse les grossièretés, le film reste dans le domaine du gentillet absolu, et hormis quelques giclées de sang, c'est quasiment un spectacle familial. La vision des zombies est fade, les affrontements attendus et mous, et jamais ce Little Monsters ne donne l'impression d'avoir été imaginé et mené par un réalisateur qui aime, a compris le genre ou a simplement quelque chose à en dire. Que tout se termine par un tube de Taylor Swift comme remède à la vie et la fin du monde (et sans même en rire) est le coup fatal.

 

photoVision des spectateurs modernes

 

WAKE ME UP, BEFORE NYONG'O

Seule raison d'espérer sur le papier : Lupita Nyong'o. L'actrice oscarisée pour 12 Years a Slave, vue depuis dans Black Panther ou Us, cherchait une comédie, et a choisi Little Monsters pour s'y essayer. En miss Caroline, elle est impeccable, aussi bien dans la légèreté que l'action, et dans les petits instants plus humains. Sans surprise, elle est le principal argument du film, même si son personnage est gentiment plat et qu'il lui manque de vrais bons moments pour briller.

Mais ce serait oublier Alexander England, la vraie bonne surprise. Il est d'ailleurs le vrai coeur de l'histoire, et parvient à sortir quelque chose de ce cliché sur patte (un loser égoïste qui se rêve musicien, et s'embarque dans la sortie de classe uniquement pour draguer la maîtresse). Les meilleurs moments de Little Monsters sont avec lui, et notamment une intro autour de ses disputes avec son ex. Aperçu dans Alien : Covenant et Gods of Egypt, l'acteur australien est clairement à suivre.

 

photo, Alexander England Rock'n'drôle

 

Il faudra bien ça pour tolérer le cirque Josh Gad, qui se promène encore en hurlant dans un rôle beaucoup trop attendu pour lui. Censé revitaliser le film en complétant le duo, ce personnage ridicule et facile enfonce Little Monsters, et le ramène constamment sur un humour paresseux et de grosses ficelles. Une marionnette sanglante ne suffira pas à digérer ce second rôle naze, qui illustre bien la lourdeur du film. 

En lieu et en place d'une bonne petite surprise drôle et percutante, il y a donc un film mineur, oubliable, qui ne devrait réveiller personne, et certainement pas les amateurs de bons zombies.

 

affiche France

Résumé

Little Monsters n'est pas Zombieland et encore moins Shaun of the Dead, et fait comme si ces films et bien d'autres n'étaient pas arrivés avant. Comme il se contente en plus de recycler sans imagination ni énergie la formule des comédies-zombies, il se plante, et s'oublie aussi vite qu'il a été subi.

Lecteurs

(1.5)

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commentaires

Opale
05/09/2020 à 18:29

Critique plus que sévère, je viens de voir ce petit film et bien c'est un divertissement bien rythmé, sympa et drôle. C'est sans prétention mais ça fait plus que le job, je me suis bien marré et bien plus régalé que devant Endgame par exemple!^^

Pseudo
30/10/2019 à 12:02

Tu peux garder tes coms de gros beaufs pour toi stp?

Merci.

Thekiller
30/10/2019 à 03:49

Bah mince, le personnage principale est une femme #metoo, noire en plus, ce film ne pouvait qu'être un chef d'oeuvre, mais que s'est il passé ?

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