Lara Croft : Tomb Raider - Le Berceau de la vie : critique sans Legend

Geoffrey Crété | 7 avril 2020 - MAJ : 10/04/2020 12:30
Geoffrey Crété | 7 avril 2020 - MAJ : 10/04/2020 12:30

Après le succès de Lara Croft : Tomb Raider en 2001 (plus de 274 millions pour un budget d'environ 115), Lara Croft : Tomb Raider - Le Berceau de la vie était inévitable. Après Simon West, c'est Jan de Bont (Speed) qui s'y est collé, pour un résultat considéré comme pire encore, avec un succès moindre en salles (à peine 160 millions pour un budget un peu inférieur, en partie explicable parce que la Chine a interdit le film dans ses salles). Mais si cette suite n'était pas si mauvaise que ça comparé au précédent opus ?

Retrouvez notre classement de tous les jeux Tomb Raider, du pire au meilleur, par ici.

BEST RAIDER

Lara Croft qui tape du requin autour d'un temple au fond de la Méditerranée. Lara Croft à moto sur la muraille de Chine. Lara Croft dans un laboratoire high tech de Hong Kong. Lara Croft qui affronte des monstres ténébreux en Afrique, avant d'explorer un lieu mystique où est cachée la boîte de Pandore. Et si Lara Croft : Tomb Raider - Le Berceau de la vie était la moins mauvaise des adaptations du jeu vidéo ? Le film a beau être perçu comme pire encore que Lara Croft : Tomb Raider, l'âme des jeux vidéo y est bien plus présente.

Tout est relatif, puisqu'une vraie et digne adaptation de Tomb Raider est encore attendue - et ce n'est pas le reboot avec Alicia Vikander qui a arrangé l'affaire, bien au contraire. Mais la suite réalisée par Jan de Bont à nouveau menée par Angelina Jolie a semble t-il compris quelque chose aux jeux, et emprunte aux premiers épisodes ce goût de l'action abracadabrantesque, des pirouettes absurdes, des voyages aux quatre coins du monde, autour d'une Lara Croft défendue comme une super-héroïne totale et peu farouche. Avec en plus une touche d'émotion pour nuancer le personnage à la manière d'un Tomb Raider : La Révélation finale, et briser le monolithe d'une manière moins niaise qu'avec une histoire de père, il y a là une transposition un peu bête et laide, qui essaie de retrouver un peu du style pulp et old school de Tomb Raider.

 

Photo Angelina JolieAngelina Jolie, toujours à l'aise en Lara Croft

 

L'AVENTURE C'EST LA DEVANTURE

Lara Croft : Tomb Raider - Le Berceau de la vie bénéficie en grande partie de la comparaison flatteuse avec le navet de Simon West, qui n'avait pas emballé une seule vraie scène d'action hormis l'amusante séance de gym-baston dans le manoir. Réalisateur de Twister et Speed, Jan de Bont s'en sort nettement mieux. C'est très loin d'être le summum du blockbuster, et c'est même bien plat à ce niveau puisque la même année sortaient Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi, Matrix Reloaded et Matrix Revolutions, Pirates des Caraïbes, Terminator 3 : Le soulèvement des Machines ou encore X-Men 2. Mais l'effort est évident : découpage, montage, effets spéciaux, tout est remis à niveau pour ressembler à un film.

Surtout, cette suite retrouve l'âme de globe-trotteuse de l'héroïne. Les eaux grecques, une prison au Kazakhstan, la Grande muraille de Chine, les buildings et ruelles de Hong Kong, la nature africaine ; à moto, en avion, à cheval, en jeep ou à pied ; c'est bien Lara Croft qui (re)prend vie, avec sa même impertinence et ce délicieux côté increvable.

Toutefois, la limite est grande côté spectacle. Il y a d'amusantes idées (la descente en corde la tête à l'envers, le saut en wingsuits), des choix inspirés (la musique de Craig Amstrong dans la scène du laboratoire), mais Jan de Bont peine à donner du rythme et de l'ampleur aux scènes d'action. Même une simple fusillade devient l'occasion d'user de ralentis dégueulasses, dans une chorégraphie molle à se damner qui annule l'effet de la moindre cascade. Le réalisateur de seconde équipe, Simon Crane, œuvrait déjà sur le premier opus, et ça se voit. Ainsi, chaque élan ou petite excitation est quasi systématiquement détruit par cette faiblesse spectaculaire, la faute à un montage qui frôle l'incompétence.

 

Photo Angelina JoliePetit clin d'œil à Lara au début de Tomb Raider 2, en Chine

 

L'AMOUR DU RISQUE

Mais derrière l'effort globalement raté d'assurer le service côté action, il y a une autre volonté : mieux décrire Lara Croft, et la femme derrière l'aventurière. A priori, c'est une ficelle classique de blockbuster, mais à y regarder de plus près, c'est là encore plus proche des jeux. Que l'héroïne commence son périple en disant "Tout ce qui est perdu est destiné à être trouvé", avant d'accepter de protéger le secret de la boîte de Pandore et lui résister, rappelle immanquablement Tomb Raider : La Révélation finale.

Dans ce quatrième opus, très beau, Lara Croft était punie pour sa curiosité, après le pillage de tombeau de trop, qui libérait Seth et le chaos sur Terre. Dans une course contre la montre pour réparer son erreur, elle finissait enterrée sous une pyramide. Cette noirceur est déplacée dans le film vers le personnage de Terry, le chéri bad boy qu'elle finira par abattre pour l'empêcher de prendre la boîte. Dans la fin alternative, Terry était tué par Jonathan Reiss le fou furieux, et le choix de voir Lara Croft le tuer change tout.

 

Photo Angelina Jolie, Gerard ButlerLara : 1 / Homme : 0

 

Ça ne sauve pas tout mais c'est une touche noire inhabituelle sur ce type de produit grand public, qui contribue à faire de Lara Croft : Tomb Raider - Le Berceau de la vie un spectacle amusant. Avec en plus la partition parfaitement délicieuse de Ciarán Hinds en grand méchant maléfique et diabolique qui veut le chaos, et une direction artistique plus solide (la forêt des monstres sous le clair de lune, la grotte de Pandore), cette suite ne démérite pas. C'est très, très loin d'être une adaptation satisfaisante des jeux, ou même un solide film d'action, mais il y a de quoi prendre un certain plaisir légèrement régressif.

 

photo

Résumé

Lara Croft : Tomb Raider - Le Berceau de la vie a beau être un pâle et bancal film d'action, il y a plus de Tomb Raider ici que dans le précédent film. Et tout le monde semble y mettre plus d'énergie et d'idées, même si l'exécution globalement médiocre freine tout ça.

commentaires

Deazrow
08/04/2020 à 22:35

Je ne la trouve pas mauvaise cette suite. D'autant plus que le personnage de Terry (Gerard Butler) me fait enormement penser a Nathan Drake du jeu Uncharted...

KastorSuper
07/04/2020 à 22:49

J’ai acheté le Blu ray il y a 2 ans !

Le vrai super Nanard qui fait du bien

Andrew Van
07/04/2020 à 21:19

Nanar plaisir coupable ! J"assume !

Hobben
07/04/2020 à 20:42

Mais le coup de poing à un requin c'est "non,non" quand même!

Hobben
07/04/2020 à 20:42

Mais le coup de poing à un requin c'est "non, non" quand même....

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