Escobar : critique narcoleptique

Mise à jour : 17/03/2019 23:39 - Créé : 9 mars 2018 - Simon Riaux
Simon Riaux | 9 mars 2018 - MAJ : 17/03/2019 23:39

Avec Escobar : Paradise Lost avec Benicio Del Toro et deux saisons de Narcos, la figure du légendaire Pablo Escobar s’est dernièrement taillée une place de premier choix parmi les icônes de la culture populaire. Ambassadeur d’un certain capitalisme criminel, simili-porte-voix des déshérités, penseur d’une criminalité mondialisée et moderne… Le mythe semble inépuisable, comme le prouve encore cette énième itération : Escobar porté par Javier Bardem et Penélope Cruz.

Affiche française
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COKE EN STOCK

Malheureusement, il ne suffit pas de faire de Javier Bardem un lamantin apathique supportant mal la contradiction pour accoucher d’une grande fresque criminelle. En effet, le film de Fernando León de Aranoa (A Perfect Day) souffre de problèmes d’orientation, d’identité et de structure qui le minent dès son ouverture. Nous suivons l’ascension et la chute du boss du Cartel de Medellin à travers le regard de sa maîtresse Virginia Vallejo, ce qui est un peu absurde, la liaison entre les deux personnages étant interrompue par la propension de Pablo à menacer, tuer et traumatiser tous les gens qu’il croise.

 

Photo Javier BardemJavier Bardem en Pablo Escobar

 

Dès lors, le scénario, qui ne sait jamais trouver le rythme juste pour incarner les doutes et contradictions de son anti-héros, lutte en permanence pour marier le point de vue très distanciée de la maîtresse éplorée et celui du psychopathe colombien. Un mariage thématique déséquilibré, qui oblige le récit à de fréquents allers-retours et à des accélérations regrettables, qui rendent chaque aspect de ce riche ensemble (histoire du trafic, portrait psychologique, enquête, etc) extrêmement superficiel. Une structure mécanique, dont les articulations explosent dans des scènes de dialogue souvent ridicules (le "viol au mixeur" et la visite en prison sont de tristes exemples de provocation méanique et grotesque).

 

Photo Javier Bardem, Penélope CruzPenélope Cruz et Javier Bardem

 

PABO ESCOBAR

Sur le papier, Javier Bardem, colonne de charisme dont l’altitude a été évaluée aux environs de Jupiter, était tout indiqué par donner chair au mystérieux narcotrafiquant. C’était sans compter une collection de prothèses ventrales voyantes assorties d’un goitre en latex, qui étouffent le plus souvent sa performance, quand elles n'occupent pas la caméra. Au point que le découpage préfère se focaliser sur le travail des maquilleurs, plutôt que celui du comédien principal.

 

Photo Penélope CruzPenélope coule...

 

L'interprétation de Javier Bardem souffre également d’une écriture simpliste, qui établit directement le personnage comme un mélange de porc psychotique et de menteur pathologique. Le trait est si grossier, si irrémédiablement noir, qu’on ne le croira jamais capable de déployer le charme, le talent, l’audace ou la stratégie que vantent continuellement les seconds rôles. Et ce n'est pas Penélope Cruz, venue payer les traites de son dernier manteau en paupières d'aveugles, qui apportera un peu de vie à cet ensemble atone.

Avec son scénario en forme de vignettes et sa psychologie plus épaisse qu’une mayonnaise au beurre de cacahouètes, Escobar prouve en creux qu’embrasser un destin si violemment hors-normes ne va pas sans maîtrise ni talent, surtout à l'heure où le genre de la saga s'épanouit sous forme sérielle. Et en l’état, cette nouvelle biographie ne digère ni l’héritage De Palmien, ni la fresque Scorsesienne, se contentant de rappeler qu’il y a quelques mois à peine, Narcos sublimait et dépoussiérait le même sujet.

 

Affiche française

Résumé

Malgré deux comédiens de premier plan, cette interminable histoire de lamantin moustachu supportant mal la contradiction échoue à passionner.

commentaires

Jojo
09/03/2019 à 19:44

Qu'est ce que jm en branle d'Escobar et Narcos...
Le seul vrai escobar c'est Vincent Chase dans Entourage

RAMON TA FRAISE
16/05/2018 à 12:44

Les critiques écrites par Simon Riaux sont agaçantes avec leur humour pas drole, leur ironie constante et fatigante et leur vulgarité.

A trop vouloir se donner un style on n'en a aucun mdr

Moi perso ce film je l'ai trouvé divertissant, plutôt bien ryhtmé, bien joué par Bardem (Cruz surjoue) et vulgarise assez bien.
Pas un classique mais sympa.

Sylvain PASSEMAR
20/04/2018 à 17:01

Nous avons vu la série Narcos sur netflix. Nous avons adoré. Nous sommes allé voir le film en avant première et il est plutôt fidèle à ce que l'on retrouve dans la série, en beaucoup moins détaillé bien sûr. Toutefois les traits de personnage de Pablo sont assez exhaustif. Je décommande à ceux qui ont vu la série de voir le film. Il n y en a rien à attendre. Casting plutôt réussi !

Cyb
20/04/2018 à 15:48

@Manu Pourquoi pas Jaques Mesrine ?
Ok je sors !

Manu
18/04/2018 à 18:07

Ils nous cassent les burnes avec leur Escobar, ca serait bien de passer sur un autre sujet maintenant.

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