Le Retour du héros : critique Napoléonienne

Simon Riaux | 22 octobre 2020 - MAJ : 26/10/2020 23:11
Simon Riaux | 22 octobre 2020 - MAJ : 26/10/2020 23:11

Du Petit Nicolas, en passant par Astérix et Obélix, sans oublier Un homme à la hauteurLaurent Tirard s’est taillé une place de choix dans le paysage cinématographique hexagonal, entre tradition de rire patrimonial et influences américaines classiques, du côté de l’écriture notamment. C’est donc avec un projet taillé sur mesure, à savoir un vaudeville rocambolesque sur fond de Premier Empire, Le Retour du héros, qu'il fait son grand retour.

 

LE DÉBUT DE LA FIN

De prime abord, Le Retour du Héros fait craindre la catastrophe. La caméra de Laurent Tirard paraît fatiguée, suit son récit plus qu’elle ne le met en scène, à coups de plans moyens, plombés par une photographie atone et un montage mollasson. Le film est même émaillé ici et là de raccords pas toujours élégants, ponctuellement, la focale paraît s’égarer, comme si ce récit sur le papier très balisé se décomposait sous nos yeux. 

Une situation d’autant plus problématique que la narration a dans un premier temps le plus grand mal à nous embarquer. Le scénario prend trop son temps pour poser ses enjeux, et l’ensemble tient initialement plus de la cacophonie lourdingue que de la comédie de boulevard véloce. Il faut dans un premier temps s’accrocher au charisme de Mélanie Laurent et Jean Dujardin pour ne pas sortir totalement du film.

 

Photo Jean DujardinCapitaine Neuville, pour vous servir

 

OSS SANS 17

Et, alors qu’on ne l’attendait plus, Le Retour du héros se réveille soudain. À la faveur d’une séquence de confrontation où les protagonistes entament un pas de deux entre séduction, manipulation et guerre des sexes feutrée, Laurent Tirard retrouve soudain l’énergie qui faisait défaut à ce récit. Vont alors s’enchaîner sur un rythme extrêmement soutenu les morceaux de bravoure inhérents au genre (errances burlesques, confrontations, escroqueries diverses et variées), que le script manie avec une très grande habileté.

 

Photo , Jean Dujardin, Mélanie LaurentMélanie Laurent et Jean Dujardin, dans la scène pivot du film

 

Ce dernier surprend également par le mordant de ses dialogues, de plus en plus aiguisés à mesure que progresse l’intrigue, dévoilant un ton résolument malin, moderne et impertinent dans sa description des rapports hommes-femmes, qu’il épingle la veulerie des uns ou moque la fierté des autres. En maintenant toujours ses deux personnages à égalité, Le Retour du héros leur propose une partition parfois toute proche de l’humour méta, qui n’est pas sans rappeler (la virtuosité plastique en moins) le panache d’un certain OSS 117.

Soit un matériau béni pour les comédiens, qui s’en donnent à cœur joie. Torse bombé, moustache au vent et couperose graisseuse en bandoulière, Dujardin rappelle qu’il n’est jamais meilleur que quand il écorne ses propres idoles, Belmondo en tête, tandis que Mélanie Laurent dévoile des trésors de véhémence qui ne dépareillerait pas dans un bon vieux slapstick des familles. Ainsi, à condition de dépasser son premier acte trop lourd et sa facture relativement quelconque, on reconnaîtra à ce Retour du héros une faconde comique délectable.

 

Affiche

Résumé

Trop long à démarrer et pas toujours flatteur pour l'oeil, Le Retour Héros nous réserve néanmoins d'excellents dialogues, et deux prestations de comédiens enlevées.

Lecteurs

(3.8)

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commentaires

Free Spirit
23/10/2020 à 16:09

dujardin sans Moi...le Mec qui critique LA FRANCE !!!

Lorian
22/10/2020 à 20:58

Le film n'était pas déplaisant, d'ailleurs une scène que je trouve mémorable et prenante me revient où le personnage de Dujardin narre un fragment de souvenir d'une bataille face à Féodor Atkine en fin de film... Une fulgurance d’interprétation de l'acteur que je ne vois souvent pas chez lui !

little Naboleon a bousillé l'Empire
22/10/2020 à 19:45

ah quelle tete de vainqueur ce Dujardin..
un Mâle beta qui va à la soupe
juste bon a faire un gars une fille avec son ex
et a tourne sans vergogne pour un type qui bourrique des cuites de 13 ans ..

Sylvain PASSEMAR
20/04/2018 à 07:52

Une comédie rafraîchissante et vaudevillesque, je n'en attendais pas mois au vu de la bande annonce. Dujardin fait du Dujardin, le rôle est taillé sur mesure. Mélanie Laurent l'accompagne parfaitement dans un duo mi-figue mi-raisin d'honnêtes escrocs. Rajoutons à cela une galerie de seconds rôles très réussie et nous avons une bonne comédie. Pas le film du siècle mais un franc divertissement.

Pierre
21/02/2018 à 10:19

Ce film est agréable à voir. Je n'ai pas senti le début laborieux décrit dans certaines critiques. Le ton est juste, le jeu des acteurs est très bon. Mention spéciale à Mélanie Laurent qui dévoile encore toute l'étendue de son talent. Cette comédie teintée de Feydeau m'a changé les idées et je la recommande.

gina.beaudeau@orange.fr
16/02/2018 à 08:14

Excellent divertissement ; ça change des monstres et robots en tous genres, une interprétation géniale de J. Dujardin ; un peu de romantisme pimenté d'un role fait à sa mesure, donc, j'ai rêvé un peu en replongeant dans les films de mon adolescence ;

Raoul
14/02/2018 à 14:34

La photo est atroce. Ca fait vraiment cheap. Les films en costume des années 90 style le Hussard sur toit, le Bossu, Beaumarchais l'insolent, Cyrano, étaient plus ambitieux à ce niveau-là. Que se passe-t-il on a plus de bons techniciens en France?

Mordhogor
14/02/2018 à 13:30

La bande-annonce m'a donné envie. J'ai tout de suite pensé à OSS 117 pour la dérision.

Mâle Autrou
12/01/2018 à 15:08

En tout cas la moustache de Dujardin fait plaisir à voir.

Zanta
12/01/2018 à 13:43

Après le très mauvais "Un homme à la hauteur", et les très oubliables "Petit Nicolas 2" et "Astérix 4", Tirard a désormais plus l'allure d'un yes man que d'un réalisateur passionné par un projet.
Mais là, le script est malin et Dujardin a l'air parfaitement utilisé.

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