Films

Le Retour du héros : critique Napoléonienne

Par Simon Riaux
22 octobre 2020
MAJ : 25 mai 2023
11 commentaires

Du Petit Nicolas, en passant par Astérix et Obélix, sans oublier Un homme à la hauteurLaurent Tirard s’est taillé une place de choix dans le paysage cinématographique hexagonal, entre tradition de rire patrimonial et influences américaines classiques, du côté de l’écriture notamment. C’est donc avec un projet taillé sur mesure, à savoir un vaudeville rocambolesque sur fond de Premier Empire, Le Retour du héros, qu’il fait son grand retour.

 

Photo Jean Dujardin

LE DÉBUT DE LA FIN

De prime abord, Le Retour du Héros fait craindre la catastrophe. La caméra de Laurent Tirard paraît fatiguée, suit son récit plus qu’elle ne le met en scène, à coups de plans moyens, plombés par une photographie atone et un montage mollasson. Le film est même émaillé ici et là de raccords pas toujours élégants, ponctuellement, la focale paraît s’égarer, comme si ce récit sur le papier très balisé se décomposait sous nos yeux. 

Une situation d’autant plus problématique que la narration a dans un premier temps le plus grand mal à nous embarquer. Le scénario prend trop son temps pour poser ses enjeux, et l’ensemble tient initialement plus de la cacophonie lourdingue que de la comédie de boulevard véloce. Il faut dans un premier temps s’accrocher au charisme de Mélanie Laurent et Jean Dujardin pour ne pas sortir totalement du film.

 

Photo Jean DujardinCapitaine Neuville, pour vous servir

 

OSS SANS 17

Et, alors qu’on ne l’attendait plus, Le Retour du héros se réveille soudain. À la faveur d’une séquence de confrontation où les protagonistes entament un pas de deux entre séduction, manipulation et guerre des sexes feutrée, Laurent Tirard retrouve soudain l’énergie qui faisait défaut à ce récit. Vont alors s’enchaîner sur un rythme extrêmement soutenu les morceaux de bravoure inhérents au genre (errances burlesques, confrontations, escroqueries diverses et variées), que le script manie avec une très grande habileté.

 

Photo , Jean Dujardin, Mélanie LaurentMélanie Laurent et Jean Dujardin, dans la scène pivot du film

 

Ce dernier surprend également par le mordant de ses dialogues, de plus en plus aiguisés à mesure que progresse l’intrigue, dévoilant un ton résolument malin, moderne et impertinent dans sa description des rapports hommes-femmes, qu’il épingle la veulerie des uns ou moque la fierté des autres. En maintenant toujours ses deux personnages à égalité, Le Retour du héros leur propose une partition parfois toute proche de l’humour méta, qui n’est pas sans rappeler (la virtuosité plastique en moins) le panache d’un certain OSS 117.

Soit un matériau béni pour les comédiens, qui s’en donnent à cœur joie. Torse bombé, moustache au vent et couperose graisseuse en bandoulière, Dujardin rappelle qu’il n’est jamais meilleur que quand il écorne ses propres idoles, Belmondo en tête, tandis que Mélanie Laurent dévoile des trésors de véhémence qui ne dépareillerait pas dans un bon vieux slapstick des familles. Ainsi, à condition de dépasser son premier acte trop lourd et sa facture relativement quelconque, on reconnaîtra à ce Retour du héros une faconde comique délectable.

 

Affiche

Rédacteurs :
Résumé

Trop long à démarrer et pas toujours flatteur pour l'oeil, Le Retour Héros nous réserve néanmoins d'excellents dialogues, et deux prestations de comédiens enlevées.

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Zanta

Après le très mauvais « Un homme à la hauteur », et les très oubliables « Petit Nicolas 2 » et « Astérix 4 », Tirard a désormais plus l’allure d’un yes man que d’un réalisateur passionné par un projet.
Mais là, le script est malin et Dujardin a l’air parfaitement utilisé.

Mâle Autrou

En tout cas la moustache de Dujardin fait plaisir à voir.

Mordhogor

La bande-annonce m’a donné envie. J’ai tout de suite pensé à OSS 117 pour la dérision.

Raoul

La photo est atroce. Ca fait vraiment cheap. Les films en costume des années 90 style le Hussard sur toit, le Bossu, Beaumarchais l’insolent, Cyrano, étaient plus ambitieux à ce niveau-là. Que se passe-t-il on a plus de bons techniciens en France?

gina.beaudeau@orange.fr

Excellent divertissement ; ça change des monstres et robots en tous genres, une interprétation géniale de J. Dujardin ; un peu de romantisme pimenté d’un role fait à sa mesure, donc, j’ai rêvé un peu en replongeant dans les films de mon adolescence ;