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Critique
Que sont nos icônes devenues ? Que reste t-il
aujourd'hui de l'héritage laissé par les Arme Fatale, Point Break et autres Piège
de Cristal ? Des questions- sommes toute cinéphiliques- auxquelles
Edgar Wright, Simon Pegg et Nick Frost (le trio de sales gosses derrière Shaun
of The Dead) répondent avec
pertes et fracas grâce à ce Hot Fuzz au doux parfum d'action flick décomplexé !
Dire que l'on attendait beaucoup de Hot Fuzz et son buzz hautement justifié outre Manche relèverait de l'euphémisme. Car si les grands parrains de l'actionner ricain 80's et 90's ont su nous faire rêver en montrant que l'on pouvait être à la fois flic et avoir la cool attitude en prenant la pose avec un flingue dans chaque main, nos chers amis britanniques n'avaient jusqu'ici en termes de concurrence qu'un certain agent secret au service de sa majesté. Il était donc temps que la relève arrive par un chemin aussi détourné que logique.
Film de fan boy
par excellence, le long-métrage d'Edgar Wright prend le pari fou de s'aventurer
sur les pentes sinueuses et balisées du buddy
movie avec pour cadre cette bonne vieille Angleterre si chère au cœur du
papa de Sherlock Holmes. Cela étant, impossible n'est pas anglais, Shaun
of The Dead nous ayant déjà démontré qu'il était possible de coupler
titillements de zygomatiques et amour franc du genre dans un maelstrom jouissif
au possible. Au démastiquage de zombies façon beauf british succède ici un
grand feu de joie convoquant toutes les grandes figures du cinéma d'action. Saupoudré
de l'humour pince sans rire qui faisait merveille dans les précédents méfaits
du trio infernal, le film n'hésite pas à piller allégrement ses modèles (jusque
dans ses poses et son esthétique) pour mieux les intégrer à son univers propre
où se côtoient personnages pittoresques et situations saugrenues. C'est en
grande partie de ce contraste qu'Hot Fuzz tire sa force comique en
cumulant gunfights, courses
poursuites effrénées, et bien sur bonnes grosses rasades au pub du coin dans
une petite bourgade qui n'avait rien demandé à personne !
Regard perçant et muscles faciaux tendus à l'extrême, Simon
Pegg bouffe littéralement l'écran en super flic trop zélé parachuté contre son
gré dans une petite ville bien tranquille. Flanqué d'un acolyte aussi neuneu
que touchant, notre ersatz de John McClane aura fort à faire face à une faune
insolite allant des inspecteurs frimeurs, au cerveau proportionnellement
inférieur à la longueur de leurs moustaches, au trouble directeur de
supermarché incarné par un Timothy Dalton au rictus inquiétant. À l'image de son final frénétique, Hot
Fuzz mise principalement sur la surenchère et n'ambitionne pas tant de
faire rire mais plutôt de rendre hommage à un tout un pan du cinéma de genre,
qui après le film de zombies, représente une étape importante dans l'histoire
de la série B en particulier et d'une certaine sous culture pop en général.
Un cran moins percutant que les démêlées zombiesques de Shaun, Hot Fuzz, malgré la minceur de son scénario auxquels viennent s'adjoindre une certaine baisse de régime en milieu de métrage et un montage saccadé éreintant directement emprunté à Tony Scott, reste un agréable moment de pelloche décontracté. Tout comme son prédécesseur, la nouvelle farce du trio Wright/Pegg/Frost appelle à l'extinction des cerveaux pour un grand moment de « connerie intelligente » laissant une large place à la poudre et aux punchlines volontairement crétines.


