Bienvenue stranger!
Les enchères
Les jeux
Critique
Harrison Ford, icône du héros hollywoodien des années 80-90
dirigé Kathryn Bigelow, seule femme qui a su se faire une place au soleil dans
l’univers ultra testostéroné du cinéma musclé (Point Break, Blue
Steel, Strange Days) dans une histoire véridique d’un sous-marin
nucléaire russe défectueux qui faillit déclencher la troisième guerre mondiale
: Il y avait matière certes à s’interroger (projet trop hétéroclite ?) mais
aussi à s’enthousiasmer à l’idée de pouvoir assister à un drame humain poignant
magnifié par l’indéniable maestria visuelle de la cinéaste. Malheureusement, Kathryn
Bigelow a perdu de sa superbe !
Envolé le talent de la dame pour nous offrir des films d’action spectaculaires
et intelligents (ce sacré morceau d’adrénaline cinématographique qu’est Point
Break) comme le prouve une première partie soporifique. Pas aidé par un
scénario casse gueule (après le formidable Das Boot, n’importe quel drame
humain dans un sous-marin souffre terriblement de la comparaison), la
réalisatrice piétine effectivement durant d’interminables séquences d’une
prévisibilité et d’une banalité confondante (toutes les préparatifs du départ,
la présentation des personnages et leur modeste psychologie,…).
Pourtant, au moment où l’on avait totalement renoncé à voir quoique ce soit de
captivant susceptible de stimuler nos rétines fatiguées, un petit miracle se
produit. Prenant comme point de départ la fissure du réacteur nucléaire, les
enjeux alors inexistants ou en tout cas pas vraiment définis, acquièrent enfin
la dimension dramatique espérée : entre survie de l’équipage et danger d’un
conflit nucléaire, le récit s’emballe et la tension grimpe. Il est certes
presque trop tard mais indéniablement, cette seconde partie permet enfin de
déceler le potentiel de K-19.
Comme par enchantement, les acteurs, jusqu’alors discrets, démontrent une
capacité réelle à nous entraîner dans le drame et notamment un épatant Harrison
Ford, l’acteur arrivant à nous faire oublier qu’il joue en anglais un haut
militaire russe, lui qui fut, il n’y a pas longtemps encore, l’emblématique
Président américain de Air Force One.
Bien plus à l’aise dans l’action, Kathryn Bigelow signe alors quelques
séquences très éprouvantes (les différentes interventions sur le réacteur et
leurs terribles conséquences sur les sous-mariniers). C’est justement en
s’évertuant à muscler son récit que la réalisatrice parvient à rendre son film
brièvement émouvant. Insuffisant toutefois pour faire oublier ce terrible
retard à l’allumage qui condamne K-19
à une relative médiocrité, loin des dernières réussites du genre « sous-marinier »,
A la poursuite d'octobre rouge
et USS Alabama.


