The Dictator

Dictator (The)




05 juin. 2012 Par Simon Riaux Star Rating 6

 

Après trois aventures toujours plus ambitieuses dans les registre de la blague qui colle et de la vanne qui tâche, la lassitude était sur le point de nous gagner, jusqu'à ce que Sacha Baron Cohen déboule avec un sujet des plus provocateurs, parfaitement en phase avec l'actualité. Ali G, Borat et Brüno collaient aux remous d'un monde post-moderne, dont les figures et valeurs se dissolvent tels des cachets d'aspirine dans un cocktail médicamenteux, et provoquait un rire difficilement répressible, fruit autant de la fascination et de la sidération que nous éprouvions à découvrir ce vrai-faux fou furieux jouer avec tous les symboles possibles, mettre à bas chaque idole croisant son chemin. Avec The Dictator, l'artiste protéiforme a choisi de changer sensiblement de modus operandi, et on en serait presque déçu, tant son humour paraissait trouver là une forme de maturité coïncidant parfaitement avec ses happenings de cinéma guérilla.

En effet, dans la forme, ce Dictator n'a plus grand chose à voir avec les délires passés de son auteur, dont on sent que les collaborations avec Burton ou Scorsese l'ont affecté, et sans doute sensibilisé à une narration plus conventionnelle, mais aussi plus ample et apte à transmettre l'émotion. Fini les faux reportages, les caméras cachées ou embarquées, et par conséquent l'ambiguité sur le statut de l'objet filmique que l'on visionne, un peu effaré. Réalisé, découpé et monté comme n'importe quelle comédie made in USA, l'histoire échappe au trouble qui nous assaillait lorsque Borat s'en prenait à un vieux couple juif, ou lorsque Brüno se livrait à une improbable séance d'air sex devant un medium pris à son propre jeu. En l'état, c'est donc de sa charge subversive que le projet se voit amputé.

Un constat d'autant plus regrettable que le film s'avère plutôt riche, et ses personnages secondaires savoureux, particulièrement bien servis par un rythme qui ne ménage jamais le spectateur, et enchaîne les gags avec le rythme soutenu d'une centrifugeuse iranienne. Des dessous de bras d'Ana Faris, en passant par un fisting de femme enceinte du meilleur goût, sans oublier une série de plaisanterie à connotation religieuse ou culturelle dont on s'étonne encore qu'elles aient pu parvenir jusqu'à nous, Baron Cohen ne s'est pas calmé, et s'est fait un devoir de relire l'actualité résente à l'aune de son projet fou. L'artiste nous fait ainsi rire à coup de sketch scatos, de réflexions scandaleuses, de détournements de valeurs en pagaille, et n'épargne personne, aucun groupe social, et renvoie toutes les vicissitudes contemporaines dos à dos.

On rit donc beaucoup et souvent, mais on se désole que ce rythme échevelé, ces provocations glorieuses et cette audace jamais entravée d'aucune forme de politiquement correct s'expriment alors que notre joyeux luron a renoncé à sa recette de faux reportage scandaleux. Reste une satisfaction intense et jouissive, celle de voir le film débarquer sur nos écran alors que s'entassent les pensums bon teints, petits parfaits de bienpensance et prêt-à-penser en tout genre traitant du sujet qu'éreinte en creux Sacha Baron Cohen, à savoir le printemps arabe. On recommandera bien sûr au spectateur aventureux un double programme avec Le Serment de Tobrouk de Bernard-Henri Levy, auquel The Dictator s'avère la meilleure réponse possible.



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Laurent Pécha :

Star Rating 7
L’aspect fictionnel du récit revigore l’humour toujours aussi mordant de Sacha Baron Cohen. Et le gag des JO de Munich à la Wii restera comme l’un de mes plus grands éclats de rire de récente mémoire.

Patrick Antona :

Star Rating 7
Un très bon remède contre la comédie “réac” de Judd Apatow et consort, malmenant pour de bon le politiquement correct avec un sens du rythme et de la répartie, même si le tout repose sur des ressorts déjà usés auparavant (Charlie Chaplin, Peter Sellers).

Tonton BDM :

Star Rating 7
Ça rappelle un peu trop un « Rien que pour vos cheveux » mâtiné de « Borat », mais on rit tout de même beaucoup.

Simon Riaux :

Star Rating 6
On rigole toujours aux outrances de l’auteur-démiurge, même si l’abandon du pseudo-format documentaire amoindrit l’impact de l’ensemble.

Sandy Gillet :

Star Rating 6
Sacha Baron Cohen revient aux origines de son succès quand il nous pondait Ali G et que l’on se marrait à ses vannes foireuses et graveleuses. Là c’est donc idem sauf qu’en lieu et place du Parlement britannique et de Londres on a droit à L’ONU et New-York.

Didier Verdurand :

Star Rating 5
Sympatoche mais décevant quand on considère Sacha Baron Cohen comme un génie comique. Borat et même Brüno (pour son premier quart d’heure hilarant) sont d’une classe largement supérieure.


Gregmond12/07/2012 12:28 par Gregmond

Du mauvais Capra 80 ans plus tard. Le seul truc qui me fasse marrer, c’est le chinois qui paye pour se taper Harvey Keitel et Edward Norton. Là, c’est fort. Pour le reste, Sacha Baron rétrograde au niveau Ali G. C’est pas un compliment. LIRE LA SUITE
M'sieur Jean30/06/2012 19:20 par M'sieur Jean

Quelques passages drôles mais on a l’impression d’assister à un Borat moins inspiré, moins dérangeant (pas de vrais gens passés au révélateur ici) et dont on a donc déjà vu la plupart des gags. 5/10. LIRE LA SUITE
dehaas8425/06/2012 22:27 par dehaas84

Je me suis vraiment bien marré. Y a effectivement pas grand chose à retenir de la mise en scène, ça n’a pas la force subversive d’un Borat, c’est évident, mais à part ça, quel spectacle à l’écran ! Pour n’importe qui qui a eu la chance de voir Kadhafi poser son [...] LIRE LA SUITE

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