Julia Channel : son calendrier a le look21 décembre 2009 - Julio Lopez

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Julia Channel, un nom que tous les pornophiles des années 90 connaissent bien, tant la jolie métisse - son père vient du Mali et sa mère de Normandie - a laissé une empreinte indélibile dans l'Histoire du X (Julia est la première star du X noire en Europe). La sortie d'un superbe calendrier 2010 est une belle occasion pour la rencontrer et prendre des nouvelles d'une touche-à-tout qu'on trouve trop rare.

 

Tu es une icône du X des années 90, et il me semble que par rapport aux années 2000, les filles étaient à l'époque plus carriéristes. Depuis que le milieu est en crise, on voit plus de libertines qui s'éclatent deux ou trois ans et puis s'en vont...

Complètement. Je ne veux pas faire dinausore en parlant de « mon époque » mais c'est vrai que cela n'a plus grand-chose à voir avec ce qui se passe aujourd'hui. Quand je bossais dans le X, c'était très carré, très professionnel. On avait plus l'occasion de bosser avec l'étranger et cela demande une rigueur plus importante que lorsque tu te limites aux productions nationales, souvent fauchées. Je reviens de 4 jours dans un salon érotique à Lille où j'étais présentatrice et j'étais assez consternée devant l'attitude légère de filles qui tournent en ce moment. Elles n'ont rien compris, ce n'est pas ainsi qu'elle construiront une carrière digne de ce nom. Elles rêvent mais ne sont pas sérieuses, elles font tout et n'importe quoi sans construire une image. Je pense sincèrement que l'âge d'or du X, en tous cas la meilleure période pour les actrices, c'était la mienne. Quand porno signifiait business. Mais attention, on ne venait pas que pour le chèque, non plus !

 


 

La question de l'escort s'est forcément posée ?

Elle se posait moins qu'aujourd'hui car les actrices gagnaient mieux leur vie. La prostitution n'était clairement pas mon créneau, même si j'ai eu des propositions et que j'en ai encore par mail, peut-être même plus ces dernières années car de nombreuses actrices en font quasi-officiellement de nos jours, il suffit de fouiller un peu dans Google. Les amateurs pensent donc que toutes les stars du X en ont fait ! Au début je répondais et maintenant, je laisse tomber...

 

Tu ferais du X aujourd'hui ?

Non. J'allais au boulot quand je faisais du X, ce n'était pas aller faire la fête. Aux Etats-Unis où j'ai beaucoup tourné, c'était la politique du « Time is money » et cela exige une organisation.

 


 

Comment a réagi ton entourage après la sortie de ton livre L'Enfer vu du ciel ? Il y a des moments particulièrements dérangeants, je pense notamment à des passages avec ta mère alcoolique...

Je pense que mes parents ne l'ont pas lu. Au début, ils ont plutôt mal pris l'idée que je déballe tout dans un livre mais je leur ai répondu qu'il fallait réfléchir avant de faire les conneries (rire). Mes frères qui n'avaient pas grandi avec moi étaient abasourdis et ma meilleure amie, qui ne savait pas tout, aussi. J'ai toujours su masquer mes problèmes familiaux jusqu'à cette autobiographie. Mais les réactions ont été positives, mes proches ont pris cet acte comme un nettoyage qui me ferait du bien. L'idée était de repartir sur de bonnes bases. Par rapport à mon image publique, cela défausse tout et ça me plaît. Et pour compléter le tout, les journalistes ont apprécié et en ont parlé dans des termes très élogieux.

 

On sent à la lecture que tu n'étais pas très copine avec Tabatha Cash. Cependant, as-tu songé comme elle à fuir ton passé en allant vivre à l'étranger quand tu es devenue maman ?

Le départ à l'étranger est en cours de réflexion mais concernant mon passé, j'assume tout et je n'ai pas décidé, contrairement à Tabatha qui fait un choix très respectable, d'abandonner la vie publique. Jusqu'à présent, mon passé X n'a pas posé de problème à ma fille. Il est vrai qu'elle est en maternelle et que le plus dur reste à venir (rire). Quand elle aura l'âge de comprendre, je commencerai par lui expliquer ce que j'ai fait - avant que d'autres le fassent à ma place - et je lui dirai comment se protéger contre d'éventuels affronts. Mais je pense que je ne serai plus en France et c'est vrai que ça facilitera peut-être les choses.Et le livre est écrit pour elle avant tout.

 

Question attaques, ton blog n'a pas été épargné par les insultes et il semblerait que tu les prends le mieux possible...

Je n'y fais plus attention. Je ne veux pas être touchée par des types qui ont une vie misérable et qui déversent leur haine contre la société en me prenant pour cible. J'en suis détachée au point de les encourager à revenir sur le blog, ça fait du click (rire). Et ce qu'il faut surtout retenir, ce sont les commentaires positifs qui sont en grande majorité.

 


 

Ta reconversion t'a donné l'occasion de vivre diverses expériences dont celle de journaliste pour Mail on Sunday, le supplément du quotidien Live night and day, dans lequel tu interviewes des stars du foot. Tu en fais toujours ?

Quand j'ai une bonne idée de sujet, du temps et que je suis à Londres. J'aime bien l'exercice de l'interview et je trouve les joueurs de foot assez sympathiques dans l'ensemble. Ils sont hyper gâtés et ont une vie parfois borderline en dehors des terrains, tout en gardant les pieds sur terre. J'ai eu Drogba, Chimbonda, Diawara, Henry... Didier est devenu un ami et j'ai pu me rendre compte à quel point c'est impossible de sortir avec lui dans la rue, il ne peut pas se déplacer sans être reconnu. Réussir à rester simple dans ces conditions, c'est incroyable.

 

Pourquoi un calendrier ?

J'ai regardé par curiosité ce qui se faisait sur ce marché et je n'ai pas été tellement séduite par les différents calendriers que j'ai pu voir, ils me paraissaient un peu cheap. Alors j'ai voulu en proposer un avec un beau papier glacé dans un grand format, et bien sûr de belles photos sexy réalisées par Côme, un photographe spécialisé dans ce domaine depuis quelques années (nos lecteurs d'Ecran Large ont déjà eu plusieurs occasions d'apprécier ses œuvres). Je suis ravie du résultat, c'est un calendrier qu'on peut offrir sans avoir honte ! (rire)

 

C'est parti pour être un rendez-vous annuel ?

Je pense déjà à celui de l'année prochaine et là, il se pourrait qu'on choisisse des extérieurs pour changer d'ambiance...

 


 

Pour toi, le cinéma c'est fini ?

J'ai passé régulièrement des castings pendant une dizaine d'années, sans succès. Je ne voulais pas le rôle de la nana qui traverse l'écran en petite culotte ou celui de la strip-teaseuse de sevice, ça ne m'intéressait pas. J'ai eu des propositions plus intéressantes aux Etats-Unis, pour la série The Shield notamment, mais cela ne s'est pas concrétisé à cause de papiers et j'ai fini par vouloir retourner en France. C'est dommage mais j'en ai marre de perdre mon temps à des castings où le résultat est trop prévisible. En ce moment, je suis plutôt branchée musique et je vais sortir un disque de soul en 2010. Vous pouvez déjà trouvé des titres sur Myspace.

 

J'ai choisi 2 noms sulfureux dont tu parles un peu dans ton livre. Tu peux nous dire un mot sur ces agneaux ?

Joey Starr

J'ai grandi en écoutant NTM et nous nous sommes rencontrés à l'occasion d'une publicité pour la marque Homecore dont nous étions les égéries. Nous sommes depuis toujours restés en contact, je l'apprécie beaucoup. Il a un talent extraordinaire. Et nous sommes tous les deux scorpions, on se comprend... Nous avons parfois un tempérament violent... Moi aussi j'ai eu des problèmes avec des hôtesses de l'air. (rire) Mais nous pouvons être aussi très doux, il ne faut pas stigmatiser.

 

Samy Naceri

Nous avons joué ensemble dans le premier court d'Olivier Dahan, Frères : la roulette rouge. Saïd Taghmaoui et Romain Duris débutaient aussi dans le métier... Samy était encore un élève au Studio Pygmalion et il me proposait parfois de venir le chercher à la fin des cours, juste pour discuter pendant des heures de cinéma dans un square. On s'est retrouvés ensuite sur un long, Coup de vice. Cela fait 7 ans que je ne l'ai pas vu donc je n'ai pas été témoin de sa descente aux enfers. C'est dommage de tout gâcher quand on a tout pour être heureux.

 

Propos recueillis par Julio Lopez.

La nuit des calendriers dans la nuit du 31 décembre sur Paris Première.

Pour se procurer le calendrier : www.calendrierjuliachannel.com

 


 

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