Dalida : Critique d'une fausse note

Mise à jour : 19/01/2017 14:37 - Créé : 5 janvier 2017 - Simon Riaux

À bien y regarder, Dalida fournit une matière première idéale pour tout biopic qui se respecte. Star adulée, moquée puis entrée dans la légende, elle fut une femme aux mœurs bien en avance sur son époque et à la destinée tragique. C’est cette complexité qui point sous les paillettes que tente de retranscrire Liza Azuelos.

Photo Sveva Alviti
81 réactions

Itsi Bitsi Petit Bikini

Et pour ce faire, elle dispose d’un atout qui se nomme Sveva Alviti, ancienne mannequin qui s’essaie ici à la comédie. Pour le dire simplement, la néo-actrice illumine littéralement le film. Somptueuse et charismatique, elle est la meilleure raison de se rendre dans les salles obscures découvrir Dalida. Même dans une première partie du film qui la laisse trop souvent au second plan, son jeu d’un naturel éclatant dynamise jusqu’aux séquences les plus anecdotiques.

Autre mérite du métrage : celui de recontextualiser un destin hors normes, celui de Lolanda Cristina Gigliotti. Artiste largement méconnue des plus jeunes générations, dont les chansons, emblèmes de la culture populaire, sont presque exclusivement abordées sous l’angle de la condescendance et du détournement kitsch, elle fut aussi une femme à l’existence tragique et formidablement libre. Créatrice, amoureuse et personnalité farouchement indépendante, Dalida impressionne souvent par la force de sa volonté et sa capacité à ne rien céder à une société encore très patriarcale et peu amène avec une femme financièrement, sentimentalement et sexuellement indépendante.

 

Photo Sveva Alviti, Jean-Paul Rouve

 

Ciao Amore Ciao

Malheureusement, Lisa Azuelos, réalisatrice de LOL, ne parvient pas à emballer ce récit avec la finesse et l’énergie qu’il exigeait. Son Dalida est handicapé par une structure changeante, le film s’ouvrant à la manière d’un récit choral en forme de flashbacks, avant de retrouver sans que la narration le demande les rails pépères du récit biographique académique.

Appliqué mais jamais vivant et encore moins électrique, en dépit de ce qu’il s’évertue à raconter, la production a du mal à dissimuler sa nature de téléfilm surgonflé et dopé à la moumoute naphtalinée, comme en témoignent les seconds rôles, à peu près tous catastrophiques de surjeu - Vincent Perez et Patrick Timsit en tête. Ainsi, on n'assiste pas tant à une reconstitution et à un questionnement d'une époque qu'à une imitation, bien artificielle, qui enchaîne les citations, mais manque cruellement d'incarnation.

 

Photo Sveva Alviti, Nicolas Duvauchelle

 

Autre problème : l’ensemble demeure figé selon un rythme qui s’articule autour d’un tempo à trois temps (rencontre-séduction-drame) au sein duquel s’intercale de trop longs numéros musicaux. Le sentiment de répétition devient problématique et sclérose la cadence de l’œuvre. Bref, on s’ennuie, tandis que le métrage se transforme petit à petit en un hommage emprunté, parcouru de fulgurances nanardes du plus triste effet (la perruque de Nicolas Duvauchelle).

Dalida n’est pas tant un mauvais film qu’un film plus faible que son sujet, ce qui est d’autant plus regrettable que Dalida avait bien mérité une révérence cinématographique de première classe.

 

Affiche

 

 

Résumé

Trop mécanique et timide pour embrasser vraiment son sujet, Dalida bénéficie néanmoins de la performance impressionnante de sa comédienne principale.

commentaires lecteurs votre commentaire !

Nostalgique 25/11/2016

Que sont devenues les fleurs
du temps qui passe
que sont devenues les fleeeeuuurs...

sultanna 26/11/2016

Il est vrai que la bande annonce visionnée fait un peu téléfilm "amélioré". Peut être par manque d'argent ....Dalida méritait mieux.

Fantome 26/11/2016

L'actrice ressemble un peu comme ça à Zahia.

ninavisia 26/11/2016

je suis d'accord avec cette critique, l'actrice semble bien, mais tous les personnages autour ont l'air très amateurs. Il aurait fallu prendre des acteurs américains.

Satan Labite 26/11/2016

Ouais mais y'a Jean-Paul Rouve.

brikette 30/11/2016

La réalisatrice lisa azuelos, en général est nulle. alors ne vous attendez pas à grand chose. Si vous aimez dalida, n'importe quel reportage passé à la télé et gratuit fera l'affaire.

virginie 01/12/2016

Film vu hier soir. Que dire ? déçue par la "french touch". Les personnages secondaires sont très mal joués. L'actrice principale tente vainement de se sortir de ce pseudo navet.

Max 01/12/2016

J'étais à lavant premiere hier...
Bon téléfilm...
Par contre pas du tout d'accord dur le jeu d'actrice : playback en décalage et Aucun rythme quand elle danse...
Jolie mais sans plus

Gros_tas_de_merde 01/12/2016

Mon pseudonyme est la définition de ce film et du cinéma français de ces dernières années...

Y Boy 01/12/2016

Pas de chance, Cloclo de Florent Emilio-Siri est déjà passé par là et m'a foutu une grosse baffe. Je connais peu de films français de cette trempe sinon aucun.

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