Dark : on a vu les deux premiers épisodes de la série Netflix qui veut concurrencer Stranger Things

Créé : 3 décembre 2017 - Christophe Foltzer
Affiche française
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Si on ne sait pas encore si Stranger Things a accédé à son statut d'oeuvre culte par elle-même ou parce qu'elle avait su capter l'air du temps, son impact sur le public et la création est indéniable. Et il est logique donc que, dans ces conditions, tout le monde cherche à créer une série qui pourrait la détrôner.

Notre bilan complet sur la saison 1 est à retrouver ICI.

 

 

C'est toujours le même problème avec Netflix et son principe de binge-watching, on a tendance à oublier que nous avons aussi une vie à côté des séries télé. Et lorsque l'on nous balance une saison complète d'un seul coup, la tentation est grande de tout regarder en une fois en faisant l'impasse sur les choses élémentaires de notre quotidien. Tout ça pour vous dire que nous n'avons pas encore vu l'intégralité de cette première saison de Dark, uniquement les deux premiers épisodes mais que nous ne pouvions attendre d'avoir tout regardé pour en parler.

C'est une donnée capitale à prendre en compte pour ce qui va suivre : à l'heure actuelle NOUS N'AVONS PAS VU TOUS LES EPISODES DE DARK.

 

Photo Dark

 

TEUTONS TOUT DURS

Netflix avait décidé de jouer la surprise avec Dark, comme elle l'avait fait avec Stranger Things. Pas un mot sur la série jusqu'au moment où quelques trailers sont apparus sur son site et sur le web pour nous prévenir de l'imminence de sa diffusion. Une technique redoutablement efficace qui permet à notre imagination, et donc notre impatience, de partir dans d'improbables constructions mentales et attentes qui font partie du plan de communication et nous mettent déjà dans la trame sans que l'on s'en rende forcément compte. 

On pourrait dire d'emblée que Dark est la réponse allemande à Stranger Things. D'ailleurs, il en reprend plusieurs éléments : un groupe de gamins, une communauté repliée sur elle-même, une expérience étrange, une disparition et un bâtiment chelou dans les environs. En l'occurrence, une centrale nucléaire, fierté de la ville de Winden, qui est en activité depuis plus de 30 ans et qui fermera bientôt ses réacteurs suite au plan de la chancellerie de sortir du nucléaire. Ah oui, Dark se passe en 2019 et c'est un détail important.

 

Photo Louis Hofmann

 

Si nous n'en dirons pas trop sur l'histoire de Dark, précisons quand même que nous parlerons de voyages temporels (donc de paradoxes). N'y voyez pas là un spoiler, puisque le "truc" de la série est dévoilé dès les premières secondes du pilote. A travers la tragique disparition d'un enfant, c'est donc tout le passé de la communauté qui va nous être exposé sur trois générations, avec en toile de fond une partie de l'histoire de l'Allemagne d'après-guerre puisque le scénario en couvre 50 ans. Une idée fort intéressante, propice à une étude en profondeur des traumas d'un pays, des mutations de sa société englobant à la fois un axe social, économique et toute la question du progrès et du nucléaire mais qui se prend les pieds dans le tapis en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Stranger Things.

Car c'est bien le principal problème de Dark, du moins dans ses deux premiers épisodes : cette volonté beaucoup trop consciente d'attaquer la série des frères Duffer sur son propre terrain. Dès le départ, le show se pose en miroir de son modèle. Nous y retrouvons quasiment les mêmes éléments, les mêmes personnages, les mêmes situations, sans aucune démarche originale ou angle d'approche un peu nouveau.

 

Photo DarkElf ?

 

MERKWÜRDIGERE DINGE

Cette capitalisation sur une recette qui fonctionne prive la série de toute notion d'identité, du moins dans ses thématiques. Parce que, évidemment, dans la forme, Dark se révèle bien différente. Série européenne qui essaye de nous montrer une société fonctionnant sur les mêmes ressorts que les Etats-Unis, elle convoque d'un strict point de vue esthétique toute l'iconographie des séries nordiques du moment avec leurs teintes délavées, leurs ciels gris et pluvieux, leurs noirs très marqués et la froideur qui s'en dégage. Une proposition très intéressante en soi mais qui ne tient pas la route pour plusieurs raisons.

Déjà, les personnages sont caricaturaux au possible et les dialogues d'une platitude étonnante. Ce n'est pas tous les jours que nous pouvons citer à l'avance les différentes répliques de certaines scènes et c'est malheureusement le cas ici. Les situations sont amenées avec la subtilité d'un 38 tonnes et le spectateur est assommé de personnages, lieux et sous-intrigues différentes qui rendent difficilement compréhensibles le vrai enjeu de cette exposition aux forceps. Impossible de s'attacher à un personnage en particulier puisqu'aucun n'apparait réellement sympathique ou marqueur d'identification et que les psychologies souffrent d'une orientation des plus clichées.

Autre souci, Dark fait preuve d'une grande précipitation pour créer son mystère et sa mythologie. Les ficelles sont beaucoup trop visible. Les différents éléments qui le constituent s'imbriquent très mal avec l'histoire humaine qui nous est racontée et font davantage office de trucs de scénaristes qui se rêvaient à l'origine d'un nouveau phénomène mondial.

 

Photo Dark

 

TIC-DARK, TIC-DARK, ...

Le gros point noir de cette entrée en matière tient à deux aspects directement liés : le rythme et la musique.

Dark prend son temps pour installer son propos et ce serait une bonne chose si ce qu'il voulait nous raconter était intéressant. Or, c'est tout l'inverse. Suspendu à une tension artificielle, le récit est d'un ennui profond et très mal rythmé. Si bien que vous vous surprendrez peut-être à consulter Facebook en attendant que quelque chose de captivant se passe.

Supposée soutenir le ryhtme, la musique du show est une vraie horreur. Nous passerons sur les chansons censées représenter une époque pour nous concentrer sur les nappes sonores : une espèce de sirène enrouée nous vrille les tympans toutes les 5 minutes pour nous avertir qu'un truc pas cool peut arriver ou que le mystère n'est pas loin.

 

DOMMAGE

Malgré les défauts patents de ces deux premiers épisodes, on a encore envie de croire au potentiel de la série. La thématique proposée, très intéressante, a rarement été exploitée à la télévision, encore moins de cette manière. Le show pourra également s'appuyer sur d'autres qualités indéniables : le jeu des comédiens, la photographie très soignée, les décors crédibles et quelques trouvailles originales. Mais pour atteindre son objectif, Dar devra toutefois prendre le risque s'affranchir de son modèle américain.

 

Photo Louis Hofmann

 

S'il est bien trop tôt pour se prononcer sur la réussite de la série, les deux premiers épisodes de Dark ne nous ont pas convaincus. A trop vouloir emprunter les recettes du succès, l'ouverture de la série n'arrive pas à trouver son identité et son rythme. Nous avons pour le moment davantage l'impression de nous trouver face à un concept de producteurs soucieux de prendre leur part du gâteau que devant une oeuvre sincère issue du cerveau de vrais passionnés de fantastique. Espérons que la suite du show saura nous démontrer le contraire.

 

Affiche française

commentaires

Geoffrey Crété - Rédaction 11/12/2017 à 10:08

@Amélie et les autres

Les gens : on peut être en désaccord, mais merci de noter qu'on a publié un article sur l'intégralité de la saison, en lien dans les commentaires et en intro de la critique.

Ce n'est pas en lisant notre avis à chaud sur le début de la saison uniquement qu'on peut se faire un avis sur notre avis :)

Amélie 11/12/2017 à 09:56

Je ne suis pas d'accord avec votre critique, Déjà il faut arrêter de dire que Dark ressemble à Stranger Things. C'est comme dire que Westworld est le nouveau Game Of Thrones, ça n'a strictement aucun sens. La série est très complexe est soi et très bien ficelé, donc ce n'est pas en 2 épisodes que l'on peut se faire un avis.

Face2Pine Production 08/12/2017 à 00:11

La complexité de cette série en fait sa force ! Un scénario complexe et réussi ! Une bande son à toutes épreuves ! Et en terme de production, on s'en prend pas "plein la tronche" mais ça suffit largement pour nous transporter dans l'univers. Il vous faudra plusieurs épisodes pour bien cerner qui est qui mais pour ma part je trouve ça réussi ! ENORME cliffhanger à la fin, j'attend une deuxième saison avec grande impatience !!

Alexandre Janowiak - Rédaction 06/12/2017 à 13:36

Bonjour @Sunnydale,

après cet avis à chaud sur les deux premiers épisodes, nous avons également fait un bilan complet de la saison 1 dans un autre article que vous pouvez retrouver ici : https://www.ecranlarge.com/series/dossier/1006650-dark-que-vaut-vraiment-la-premiere-saison-du-thriller-surnaturel-de-netflix

Bonne journée !

Sunnydale 06/12/2017 à 13:04

Je n’ai pas l’habitude de réagir à ce genre de site ou articles... je me permets de dire un petit mot car ayant fini cette serie, je peux vous dire qu’elle ne ressemble en rien â Stranger Things (que j’ai egalement adorée) si ce n’est la disparition d’un enfant et le type de serie SF thriller... et encore.
Re-voyez bien votre critique après avoir vu toute la saison, je pense que votre avis va vite changer. Et non les scenarios ne sont pas telephonés, et il y a meme une recherche entre les paroles et les images brillement exercés.
Merci :)

Vincent 04/12/2017 à 16:34

J'ai regardé les deux premiers moi aussi. Je suis assez friand de ce genre de scénario à base de paradoxes et de boucles temporelles. J'espère donc ne pas être déçu.
Cependant ce qui m'a fait vraiment accrocher avant tout c'est :
- Le photographie qui est splendide. Des paysages aux couleurs automnales magnifiques.
- Le rythme posé qui sert une ambiance beaucoup plus thriller que stranger things.

Impatient de voir la suite !

Zaphy 04/12/2017 à 13:14

Cet avis est excessivement mal construit. Ça n'est qu'une mauvaise comparaison avec stanger things. Même s'il est vrai qu'il y a des similarités il ne faut pas se noyer dans sa bêtise et ne présenter la série que par rapport à une autre.
En elle-même elle est très accrocheuse et je n'en ai vu que 3 épisodes. Et je suis ravie de pouvoir dire que, si ça a des points communs certains avec ST, la série à clairement sa propre identité et sa propre façon d'avancer. On retrouve tout à fait le style de film et d'ambiance de ce type de production et même si ça n'est pas à mon goût (lenteur et ambiance délavée et sombre) ça n'enlève rien à cette série très sympa.
Je n'ai jamais eu l'occasion de trouver une critique de site aussi bête, eh bien merci, il fallait une première fois.

Sarah Angèle Lenfant 04/12/2017 à 10:59

Ouais ouais.. La prochaine fois va jusqu'à l'épisode 3.. Une critique sur la globalité d'une série est plus crédible qu'une opinion les deux premiers épisodes.. Alors oui tu précises bien que ce long article ne repose que le début.. Super.. mais ça change quand même sacrément la donne.
J'ai hâte d'avoir ta critique de fin de série.

Ps: la bande son est pas mal ;)

Kouak 04/12/2017 à 09:22

Bonjour,
Vue ce week-end...
En quoi la série veut-elle concurrencer Stranger Things ?

Je comparerais plutôt à "Spectral", because histoire développée sur théorie scientifique...
Et puis vous n'avez pas intérêt à vous endormir, parce-que le tout est bien ficelé et très bien géré...
Et si par malheur le spectateur s'emmêle les neurones, des scènes recadrant les personnages et les situations sont prévues aux moments "stratégiques"...
Et ça ! Ce n'est pas négligeable...
Parce-que faut quand même avouer que ça devient sacrément tordu au bout d'un moment...
Mais "tordu" dans le sens complexe...

Alors oubliez ST en regardant cette série ...

PAR CONTRE FAUT SUIVRE !

Et n'oublions pas que ST n'a rien inventé...

En attendant ils ont quand même réussis à captiver une môme de 13 ans...
Et c'était vraiment pas gagné d'avance, alors que ST...Elle s'en fout royalement...

Maided 04/12/2017 à 09:00

Bon je n'ai vu que le premier mais ça ne me fait pas penser à Stranger Things pour l'instant.
ça me fait plutôt penser à La Forêt ou Zone Blanche dans l'ambiance.

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