Rick et Morty Saison 5 épisode 4 : Foutre war

Mathieu Jaborska | 12 juillet 2021 - MAJ : 12/07/2021 18:13
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Des spermatozoïdes géants. Le président des États-Unis. De l'inceste. Un zeste de zoophilie. Bienvenue dans le nouvel épisode de Rick et Morty.

Tous les lundis, Adult Swim continue de diffuser les épisodes de la série de Justin Roiland et Dan Harmon, pour le plus grand plaisir de ses fans. Certains d'entre eux avaient été un peu déçu par une saison 4 qui naviguait parfois entre le trop facile (C'est mon dragon et bien plus encore) et le trop complexe (Rickstoires sans fin). La saison 5 entend bien rassurer les nouveaux sceptiques avec des épisodes toujours d'une inventivité folle (Mort Dinner Rick Andre), convoquant autant de concepts jusqu'au-boutistes (Mortyplicity) que de références aux précédentes aventures du duo.

Rickdependance Spray ne déroge pas à la règle, bien qu'il soit peut-être un peu plus graveleux que ses prédécesseurs. Rick et Morty y combattent des spermatozoïdes mutants aux côtés du président et d'hommes chevaux souterrains. La routine, quoi.

Attention, petits spoilers !

 

photoQu'est ce qui pourrait mal se passer ?

 

Empereurs du sale

On connait tous cette blague grivoise, digne d'un tonton alcoolisé de fin de soirée. Où vont ces pauvres spermatozoïdes, si ce n'est dans un ovule ? Les scénaristes de cet épisode entendent extrapoler autour d'une réflexion du genre. Plus vicelard que jamais, Morty utilise une machine dédiée à récupérer la semance de cheval pour pour son usage personnel. Et quand Rick collecte les fruits de ladite machine pour une de ses expérience de destruction massive, rien ne se passe comme prévu.

On le soupçonnait, cette mésaventure le confirme : Rick et Morty embrasse totalement sa dimension purement régressive. Cette histoire de spermatozoïdes tueurs et d'hommes cheval semble toute droit sortie de l'imagination fertile - c'est le cas de le dire - d'un adolescent en pleine montée d'hormones. Si les conquêtes de Rick sont de plus en plus douteuses (et ses ruptures de plus en plus drôles), les boulettes de Morty ont des répercussions toujours plus glauques. Le voir s'acoquiner avec sa propre semence est déjà assez déroutant. Le climax de l'épisode va encore un peu plus loin, dans des extremités auxquelles la série ne s'était pas encore risquée jusque là.

 

photoSans le contexte, c'est étrange. Avec aussi.

 

Bien sûr, les auteurs n'oublient pas d'écorcher la réputation de références populaires ou respectées. Marvel Studios se mange une nouvelle balle perdue, le pauvre Robert Downey Jr. en prend pour son grade (après l'hilarante vanne de 21 Jump Street, l'acteur ne sera décidément jamais complètement libéré de son passé) et la scène post-générique reviste 2001 : l'odyssée de l'espace à la sauce malformation congénitale. Mais ces piques efficaces passent presque inaperçues à côté des dérapages de sales gosses réguliers, s'inspirant presque de Starship Troopers quand ils s'essaient timidement à la satire antiaméricaine.

Car, forcément, le président, un personnage récurrent, ramène sa fraise, et menace d'oblitérer le grand canyon à la bombe nucléaire. Sa présence, auparavant uniquement parodique (On va vous faire schwifter est resté culte), témoigne désormais de l'orientation régressive de la saison, qui s'amuse bien à pervertir la fonction présidentielle en gloussant. Et ça marche toujours autant, grâce, par exemple, à la performance vocale de Keith David.

 

photoPlusieurs réactions face à l'épisode

 

Kaboom

En réalité, ces fantasmes libidineux s'accordent particulièrement avec les thèmes développés par cette nouvelle fournée d'épisodes. Souvent traité comme un enfant un peu maladroit, Morty est réellement un adolescent, avec ce que ça implique d'idées salaces et de tendance à l'onanisme compulsif. Si la révélation de ses pulsions a toujours été un running gag efficace, toute son évolution repose ici sur sa honte (compréhensible...). Une nouvelle faiblesse savoureuse, déjà amorcée dans l'épisode 7 de la saison 1, où il était confronté à son fils.

Il n'est d'ailleurs pas seul, puisque sa soeur laisse de plus en plus transparaitre sa libération sexuelle. Après le tourisme vicelard de l'épisode précédent et ses partouzes générales alien, elle assume de plus en plus sa vie personnelle, quitte à choquer sa génitrice. De plus, l'épisode s'amuse du sexisme auquel une jeune fille de son âge est confronté. Il est moins question de commenter une réalité sociale que de se servir des crises d'ado de la fraterie comme d'un redoutable vecteur d'humour. De les déformer grâce aux inventions de Rick et les réalités que son intelligence implique. Parce que les bétises adolescentes, ça peut être rigolo. Dans un univers de science-fiction, c'est hilarant.

 

photo"Now, THIS is podracing"

 

Ça ne sera donc pas cette semaine qu'on reprochera à Rick et Morty d'être incapable de se renouveller. Une fois de plus, ces 25 minutes ne révolutionnent rien (même si un nouveau plan un peu plus ambitieux que la moyenne se repère facilement), mais elles parviennent à varier les plaisirs niveau trouvailles comiques. La mécanique ne se grippe toujours pas, et c'est un plaisir, tous les 7 jours, de retrouver cet univers. D'autant que les quelques images déjà divulguées de la suite promettent un pastiche d'Hellraiser. Autant dire qu'on risque d'être servis en pérégrinations sexuelles foireuses.

Un nouvel épisode de la saison 5 de Rick et Morty chaque lundi sur Adult Swim via Molotov en France dès le 21 juin 2021.

 

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