American Horror Story Saison 9 Episode 2 : le massacre au camp d'été serait-il hanté ?

Camille Vignes | 27 septembre 2019 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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Deuxième nuit d'horreur au camp Redwood et comme une impression de déjà vu...

Après un premier épisode 100% slasher, empruntant sans vergogne aux codes du genre et citant avec nostalgie Halloween, Vendredi 13, Massacre au camp d'été ou encore Scream, qu'en est-il de la suite d'AHS 1984

ATTENTION SPOILERS !

 

 

JINGLE SALE GUEULE 

Chose promise, chose due. Après l'évasion d'hôpital psychiatrique de M. Jingle (John Carroll Lynch) et les séquences sanglantes du premier épisode d'American Horror Story 1984 (le massacre originel, le meurtre du pompiste et celui de Jonas) on se doutait bien qu'il ne faudrait pas longtemps avant que la mort ne soit à nouveau donnée. D'abord parce que ce n'est pas dans l'habitude d'un slasher de laisser autant de survivants. Ensuite, parce que l'on connait l'appétence de Brad Falchuk et Ryan Murphy pour les provocations violentes et baroques. Enfin, parce que notre soif d'hémoglobine et de détails morbides est très loin d'être comblée.

C'est donc avec un plaisir voyeuriste qu'on assiste dès l'ouverture de ce deuxième épisode à la mort de la docteure Karen Hopple, directrice de l'institution qui gardait ce cher Mr Jingles. Un meurtre orchestré par l'ancien détenu, de nuit, sur la route du camp Redwood. Avant même que ne commence la mise en scène du crime, le spectateur aura compris le subterfuge du tueur, la petite musique mi-entrainante mi-menaçante en fond le mettant sur la voie. Cette scène d'ouverture, comme celle du premier épisode, n'a rien de bien original, si ce n'est qu'elle pastiche avec brio les centaines de scènes de meurtres en voiture déjà tournées, et qu'elle continue de poser la menace évidente : M. Jingles et son absence d'humanité. 

 

photo, John Carroll LynchGros vilain pas vraiment seul

 

Oui mais voilà, après deux épisodes et deux nouveaux meurtres pour Monsieur Jingles (le deuxième pas jojo et punitif) on se doute bien qu'il aurait été difficile pour les créateurs de tenir le cap avec un seul tueur et sans éléments paranormaux pendant encore huit épisodes... Donc, par de jolis tours de passe-passe, Falchuk et Murphy ont réussi à insuffler un peu plus de profondeur au récit et aux personnages. En mettant notamment en avant la poisse de Brooke (qui est une sorte d'aimant à massacre) et sous le feu des projecteurs un nouveau meurtrier assoiffé de sang

 

NIGHT PROWLER 

Là où AHS 1984 surprend, c'est qu'après un premier épisode ne laissant deviner qu'en filigrane l'importance d'un autre tueur, les deux meurtriers se disputent maintenant réellement l'attention des personnages. Et si M. Jingle sort tout droit de l'imagination des scénaristes (biberonnés aux films d'horreur des années 80) le deuxième tueur, le Night Stalker, a lui une dimension beaucoup plus réelle puisque Ryan Murphy se serait inspiré d'une histoire vraie pour ce personnage : celle du serial killer Richard Ramirez. 

 

photo, Zach VillaBeau gosse satanique qui va venir t'étriper et te violer 

 

Surnommé le Night Stalker par la presse américaine, en référence à sa chanson préférée de AC/DC Night Prowler, Richard Ramirez a sévi de 1984 à 1985 entre Los Angeles et San Francisco. Persuadé d'être un démon au service de Satan, après s'être introduit chez ses victimes, il avait pour habitude de les tabasser, les violer et les tuer d'une balle dans la tête (ce que le personnage dans 1984 ne réussit pas à faire avec Brooke).

Et ce n'est pas la première fois qu'American Horror Story fait un clin d'oeil à ce tueur puisque dans la saison Hotel (la cinquième) les fans de la série avaient déjà pu voir son fantôme (plus âgé que dans 1984 et joué par Anthony Ruivivar) le temps d'une petite soirée. Sa présence dans la saison 9 établit donc un lien avec le reste de l'univers (coucou les théories qui ne vont pas tarder à arriver) et explique en partie le titre de la saison.

Sa présence est aussi l'occasion de creuser un peu le personnage de Margaret Booth (Leslie Grossman) et d'entrevoir que sa véritable identité nous réserve encore pas mal de surprise. 

 

photo, Leslie GrossmanUn duo qui peut devenir machiavélique

 

MASSACRE AU CAMP HANTÉ

En neuf saisons, il n'y en aura finalement eu qu'une seule qui n'aura pas versé dans le surnaturel. Après Culte, la saison 7 qui plantait son action juste après l'élection de Donald Trump, on aurait bien aimé voir une nouvelle saison sans intrigues paranormales et fanstamagoriques... mais rien n'y fait. Brad Falchuk et Ryan Murphy semblent incapables de s'en empêcher : les fantômes c'est trop bien alors pourquoi s'en priver ? C'est ainsi qu'on apprend que le personnage de Jonas n'est pas vraiment vivant (après trois morts bien dégueulasses en même temps...) et qu'il est bloqué au camp rouge de la mort. 

Forcé de revivre les dernières minutes de sa vie - une course contre la mort alors que Mr Jingle massacrait tous les enfants du camp -, Jonas semble avoir quelques secrets à révéler (notamment sur le personnage de Leslie Grossman). Chacune de ses apparitions est l'occasion pour la caméra d'user et abuser du comique de répétition. Il est toujours dans la forêt, à bout de souffle, en train de fuir et de trébucher devant une menace invisible (son passé) et finit immanquablement par se faire blesser ou tuer. 

 

photo, Emma RobertsCôté nostalgie, on a eu le droit au cliché de la cabine téléphonique qui ne fonctionne pas 

 

Le récit a beau être rondement mené, on commence à pressentir les fioritures suprasensibles typiques d'American Horror Story. Et si elles ont pu être parfaitement bien exploitées dans certaines saisons, il aurait été intéressant de voir 1984 en être dépourvue. Deux tueurs, un personnage très ambivalent et un camp perdu au milieu de nulle part auraient dû suffire à nourrir le scénario d'une saison. On attend quand même de voir comment ce nouvel élément va s'insérer dans le récit global.

La saison 9 d'American Horror Story est diffusée chaque vendredi soir à 22h55 sur Canal + Series.

 

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commentaires lecteurs votre commentaire !
Alfred
08/10/2019 à 16:52

OK, merci.

Mais c'est dommage, y avait une belle chronique à faire sur cet hommage à Scooby-Doo

Geoffrey Crété - Rédaction
08/10/2019 à 16:37

@Alfred

Comme souvent, on teste l'intérêt des lecteurs et de la saison sur les premiers épisodes. Et là... on est plutôt sur un éventuel bilan fin de saison pour tout traiter d'un coup.

Alfred
08/10/2019 à 16:24

Bah alors, pas de critique de l'épisode 3 ?

Pour moi qui n'ai pas encore réussi à voir une saison complète des précédents AHS – des bonnes idées mal exploitées et/ou une accumulation qui vire au n'importe quoi –, ce 1984 reste pour l'instant plaisant.

Mais je sens venir le bal des fantômes qui va me saouler.

Bathory64
01/10/2019 à 07:08

Pseudoduesp il y avait du surnaturel dans freakshow. Je n'ai plus son nom mais le noble aux 2 visages qui venait récupérer l'âme la plus torturée .... donc sisi :)

Clintkalanda
28/09/2019 à 15:37

@pseudoduesp: presque vrai mais il y a tout de même une espèce de croque-mitaine des forains, en cape et haut de forme, qui se balade avec des âmes perdues certains soirs de l’annee Et vient récupérer le clown serial killer en milieu de saison.

Pseudoduesp
27/09/2019 à 17:29

Petite rectification: Freak Show ne baignait pas non plus dans le surnaturel. Aucun fantôme en chair et en os, pas de vampire, de sorcière, de minotaure, ni d’alien.

Mad
27/09/2019 à 17:26

Qui vous dit qu'il est mort ?

Si on voit la saison comme étant un bon gros pot-pourri ultra référencé, je vois bien "La Cabane dans les bois" en être ! Le Jonas étant peut-être qu'une simple copie détestinée à rameuter les jeunes quelque part. D'où le "Je ne dois pas mourir ici" qu'il lâche dans une scène face au Night Stalker.

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