Stargirl saison 1 : critique avec des étoiles dans les yeux

Arnold Petit | 12 août 2020
Arnold Petit | 12 août 2020

Après les séries du Arrowverse, Titans, Doom Patrol, Swamp Thing, La Ligue des Justiciers : Nouvelle génération ou encore Harley Quinn, Stargirl est la dernière à venir garnir la longue liste des adaptations autour des personnages de DC. La série de Geoff Johns est-elle une bonne surprise ou une énième série de super-héros ? Maintenant que la première saison s’est achevée, il est l’heure de faire un petit bilan.

ATTENTION : SPOILERS !

LES NOUVEAUX HÉROS

Contrairement aux autres productions de la plateforme DC Universe, Stargirl est une série familiale qui s’adresse au grand public, avec un ton léger, une ambiance chaleureuse et une jeune héroïne pleine d’enthousiasme, comme l’avait montré le premier épisode. Une recette séduisante et efficace, qui lui a aussitôt permis de se démarquer dans le paysage homogène et déjà bien fourni des séries autour des personnages de DC, en s’intéressant à cette adolescente qui débarque dans un lycée inconnu et découvre en plus qu’elle est l’héritière d’un super-héros, avec lequel son beau-père partait en mission avant de se reconvertir en mécanicien ennuyeux.

Courtney et Pat découvrent leurs différentes facettes, apprennent à faire équipe en tant que Stargirl et S.T.R.I.P.E et les épreuves qu’ils traversent ensemble les rapproche indubitablement, jusqu’à ce que la jeune héroïne le considère vraiment comme son père. Brec Bassinger est merveilleuse dans le rôle de Courtney Whitmore. Pleine d’entrain, aussi touchante qu’adorable, elle porte la série et partage une alchimie réconfortante avec Luke Wilson, qui se glisse dans la peau de Pat Dugan comme s’il y avait été destiné.

 

photo, Brec Bassinger, Luke WilsonCourtney et Pat

 

Pendant sa lutte contre la Société d’Injustice d’Amérique, Stargirl mûrit et se découvre en tant que super-héroïne. Au début, Courtney fonce tête baissée, sans avoir conscience des risques qu’elle encourt. Elle découvre ensuite de façon brutale que ses actions peuvent avoir des conséquences néfastes et qu’elle peut mettre sa vie et celles des autres en danger si elle continue d’être imprudente. Une leçon que lui répète plusieurs fois Pat, mais dont elle ne prend conscience qu’après plusieurs événements tragiques et quelques dérouillées.

Malheureusement, tout va beaucoup trop vite. Avant même la moitié de la saison, Courtney prend le nom de Stargirl et apprend à se servir du Bâton Cosmique de Starman, puis se confectionne un costume et trouve des alliés pour former une nouvelle Société de Justice d’Amérique. Un scénario précipité, qui présente son contexte avec quelques flashbacks au début de chaque épisode et cède à plusieurs facilités pour continuer de dérouler son intrigue coûte que coûte, sacrifiant au passage le développement de certains personnages. Alors que certains comme Barbara Whitmore (Amy Smart), Mike Dugan (Trae Romano) ou Rick Tyler (Cameron Gellman) sont traités de manière succincte, d'autres, en revanche, sont bien plus approfondis, notamment les membres de la Société d’Injustice.

 

photo, Yvette Monreal, Anjelika Washington, Cameron GellmanMoins classe que la table dans le QG de la Société de Justice d'Amérique

 

Même s’il est présenté comme l’homme impassible et méticuleux qui a éliminé l’ancienne Société de Justice d’Amérique, Jordan Mahkent/Le Glaçon (Neil Jackson) est aussi un père de famille affectueux avec son fils, Cameron (Hunter Sansone), et cherche en fait à venger la mort de sa femme Christine (Amanda Lavassani), tombée malade à cause de produits chimiques déversés dans les réserves d’eau de la ville. Avant de devenir Brainwave (Christopher James Baker), la série nous montre que Henry King Sr. était un médecin respectable et peureux, qui s’est progressivement tourné vers le mal à force d’entendre les pensées immondes des autres.

Même leur projet de Nouvelle Amérique pour prendre le contrôle des États-Unis repose sur de nobles intentions, avec une Nouvelle Constitution pour lutter contre le réchauffement climatique, mettre en place un système de santé universel ou interdire toute forme de discrimination sur la race, la religion, le sexe ou l’orientation sexuelle. Un plan qui serait presque utopiste, s’il ne risquait pas de faire mourir un quart de la population dans d’atroces souffrances.

 

photo, Neil JacksonLe Glaçon (ou Icicle en version originale)

 

LEGACY

Malgré son scénario classique et prévisible qui file à toute allure, Stargirl n'a pas grand-chose à envier aux films de super-héros avec ses combats impressionnants, aussi bien en termes de chorégraphie qu’au niveau des effets spéciaux. La série n’est pas dénuée de richesse et parvient même à délivrer des séquences dures et poignantes quand elle prend le temps de ralentir son rythme effréné.

Persuadée que le Bâton Cosmique l’a choisie parce qu’elle est la fille de Starman, Courtney découvre que son père est en fait un pauvre type tout à fait banal, qui ne réapparaît dans sa vie que parce qu’il a besoin d’argent. En devenant Wildcat, Yolanda (Yvette Monreal) retrouve la confiance qu’elle avait avant que son petit-ami ne dévoile ses photos intimes à tout le lycée et avec les lunettes du Dr. Mid-Nite, qui abrite une intelligence artificielle conçue d’après la personnalité de son ancien propriétaire, Beth (Anjelika Washington) trouve un ami qui s’intéresse à elle et donne de la valeur à ce qu’elle raconte, contrairement à ses parents et aux autres élèves.

 

photo, Yvette MonrealWildcat

 

Lorsqu’il apprend que ses parents ont été tués par Solomon Grundy, Rick reprend le costume de Hourman dans l’espoir de les venger. Dans le dernier épisode, alors que ses amis sont en train d’affronter les autres membres de la Société d’Injustice d’Amérique, il se retrouve enfin face à la créature et laisse sa colère se déchaîner grâce à sa super-force. Mais au moment de l’achever, Rick se retrouve face à un Solomon Grundy effrayé, qui semble implorer son pardon avec les larmes aux yeux, loin de l’image du monstre qu’il avait imaginé pendant tout ce temps. Prenant conscience que Grundy n’a été que l’instrument de la Société d’Injustice, il l’épargne et le laisse s’enfuir.

Stargirl est également un bel hommage aux super-héros de l'Âge d'Or des comics, qu’elle réussit à ramener au goût du jour tout en respectant leurs origines. De vieux personnages comme Johnny Thunder ou les autres membres de la Société de Justice d’Amérique comme les anciennes versions de Flash, Green Lantern ou le Chevalier Étincelant (Mark Ashworth) et les Sept Soldats de la Victoire, un groupe de seconds couteaux des années 40 dont ont fait partie Starman et Stripesy, les ancêtres de Stargirl et S.T.R.I.P.E.

 

photo, Cameron GellmanHourman

 

Étant une série familiale, Stargirl place la notion d’héritage au cœur de son intrigue, aussi bien avec les nouveaux héros de la Société de Justice d’Amérique qu’avec les enfants des membres de la Société d’Injustice, qu’on nous présente au fil des épisodes. Cindy Burman (Meg DeLacy), la cheerleader populaire et détestable du lycée, est en fait la fille du Dragon King (Nelson Lee) dont elle cherche l’approbation à tout prix, quitte à lui désobéir et à enfiler son costume de Shiv pour aller affronter Stargirl. Artemis Crock (Stella Smith), la fille de Tigress (Joy Osmanski) et Sportsmaster (Neil Hopkins), a déjà fait preuve de son agressivité et va sans doute marcher sur les traces de ses parents, tout comme Isaac Bowin (Max Frantz), le fils de la Violoneuse (Hina Khan).

Seul Cameron Mahkent, le fils du Glaçon qui fricote avec Courtney, ne semble pas vouloir suivre la même voie, mais la mort de son père devrait être l’élément déclencheur qui va libérer ses pouvoirs cryokinésiques et le pousser à former une nouvelle Société d’Injustice, comme dans les comics.

 

photo, Meg DeLacy, Brec BassingerMeilleures ennemies

 

Avec une deuxième saison déjà confirmée, qui sera diffusée sur The CW, Stargirl conserve plusieurs atouts dans sa manche, comme la culpabilité de Yolanda concernant la mort de Brainwave, l’arrivée de nouveaux méchants comme l’Ombre ou Eclipso ou le retour de Starman (Joel McHale) dans les dernières secondes. Des éléments qui devraient permettre à la série d’exploiter pleinement son potentiel, en évitant la frustration de devoir contextualiser et présenter tout le monde.

En espérant que le déménagement vers la chaîne qui accueille les héros du Arrowverse ne va pas contraindre la série à réduire son budget et la transformer en quelque chose de plus conforme pour faire apparaître l’héroïne et ses nouveaux amis dans un de ses gigantesques crossovers.

 

photo

Résumé

Même si elle souffre d’un scénario prévisible et d’un développement en demi-teinte concernant ses personnages, Stargirl se distingue parmi les autres séries de super-héros grâce à son formidable casting, son ambiance bienfaisante et ses effets visuels qui feraient rougir certaines productions cinématographiques.

Lecteurs

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commentaires

A.M.M
13/08/2020 à 22:25

J'aime beaucoup la derie

Chris11
13/08/2020 à 19:26

C'est tout à fait regardable. Pas inouabliable, mais regardable. Il y a du bon, voire du très bon, et aussi du mauvais. La série frise souvent le nanar mais y échappe systématiquement avec un coup scénaristique bien trouvé ou une pirouette sympa.
Le seul bémol qui était vraiment évitable est le petit morveux beau frère de l'héroine, caricatural sans aucune échappatoire et aussi imblairable que celui de Artemis Fowl (oui, j'ai regardé, quand un film est aussi dézingué ça me donne envie de voir) et à qui dans la série on souhaite une morte atroce à chaque apparition ou parole de sa part.

Fatah
13/08/2020 à 10:11

Perso j'ai bien aimé cette première saison ????

Ecran Large évoque un rythme trop rapide mais c'est bien comme ça la série ne se perd pas des choses futiles... (cf The Flash qui est devenu the Iris ou supergirl qui cherche à tout prix à mettre en avant la communauté LGBT etc. Comme si la sexualité des héros était la raison pour laquelle on regarde une série...)

Comme le dit si bien écran large, j'espère que le déménagement chez CW ne va pas trop transformer la série...

LCR
13/08/2020 à 07:50

Effets visuels qui feraient rougir certaines profs cinématographiques? Ah bon? Une série DC?? Faut que je vois ça par contre !

Rayan Montreal
13/08/2020 à 00:24

@Maski mask

Pourquoi ils ont pas renouveler Swamp Thing ???

Noooooooooooooooooonnn

Maski mask
12/08/2020 à 16:24

Il devrais renouveler SWAMP THING au lieu de nous réservir la meme choses

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