Le démarrage catastrophique du film d’horreur The Front Room n’est pas passé inaperçu, notamment parce qu’il vient d’un studio devenu synonyme de succès : A24.
Si le nom A24 ne vous dit rien, vous connaissez forcément leurs films. Midsommar, Hérédité, The Witch, The Lighthouse, Green Room, Ex Machina, Under the Silver Lake, La Zone d’intérêt… Le distributeur américain (parfois producteur également) est devenu incontournable en quelques années. Le succès massif d’Everything Everywhere All at Once en 2022, avec ses sept Oscars, l’a absolument prouvé.
Mais A24 est plus qu’un studio : c’est une marque. C’est en tout cas ce qu’ils ont construit et vendu au fil des années, notamment avec une boutique où on peut acheter des vêtements, des parapluies, des gourdes, des bougies ou des tasses avec le nom A24. L’idée étant qu’en mettant à ce point en avant le studio, le public pourra s’y attacher, et aller voir leurs films sur la simple promesse du logo.
La réalité est bien évidemment plus compliquée, et A24 vient de subir un sévère retour de flamme avec leur film d’horreur The Front Room, qui a démarré de manière catastrophique. Et sera forcément l’un des bides les plus retentissants de leur histoire.

L’ENFER DE LA BELLE-MÈRE
The Front Room était pourtant né sous de bonnes étoiles. C’est le premier film des jumeaux Max et Sam Eggers, les frères de Robert Eggers, réalisateur superstar de A24 avec The Witch et The Lighthouse. Ils étaient donc déjà un peu dans la famille.
Inspiré par une nouvelle de Susan Hill, The Front Room raconte comment une femme enceinte se retrouve avec une étrange belle-mère sur les bras. Avec la promesse d’un héritage, la vieille dame gagne une petite place dans la maison du couple. Mais évidemment, elle se révèle être un cauchemar, notamment parce qu’elle a un rapport très particulier et flippant à la religion.
The Front Room marquait aussi le « grand » retour de la chanteuse Brandy dans le genre, elle qui est bien connue des vrais fans de films d’horreur grâce au chef-d’œuvre Souviens-toi… l’été dernier 2, sorti en 1998.
L’HORREUR, LA VRAIE
Mais le vrai cauchemar a eu lieu dans les salles américaines. Sorti face à Beetlejuice, Beetlejuice, The Front Room devait au départ démarrer à hauteur de 5 millions de dollars, selon les estimations. Il s’est contenté de la 10ème place avec seulement 1,6 million, soit un score absolument ridicule. Surtout pour un film sorti sur plus de 2000 écrans, soit un parc d’exploitation tout à fait honorable.
C’est très loin des récents films du genre, comme L’I.A. du Mal (démarrage à 3 millions), Les Cartes du Mal (6 millions), Les Guetteurs (7 millions), Imaginary (9 millions), Night Swim (11 millions), Abigail (10 millions), ou encore Les Intrus (11 millions).

Ça fait encore plus mal quand on compare à Neon, un distributeur qui a émergé en quelques années avec une stratégie à la A24, notamment sur les films d’horreur. Face à Cuckoo (3 millions), Immaculée (5 millions) et surtout Longlegs (22 millions), distribués par Neon en 2024 aux États-Unis, The Front Room fait pâle figure.
The Front Room devient ainsi l’un des pires démarrages au box-office 2024, et l’un des pires démarrages tout court pour un film sorti sur plus de 2000 écrans.

MAIS OÙ VA A24 ?
Pour A24, c’est une douche froide. Le budget de The Front Room n’a pas été communiqué (on se demande bien pourquoi), mais il a forcément coûté quelques millions au moins. Vu comme il est parti, il n’ira pas bien loin au box-office américain. Sachant que la distribution hors États-Unis n’est pas gérée par A24 (Universal s’en occupe pour le Royaume-Uni, tandis qu’aucune date n’a été annoncée en France).
C’est un autre coup dur pour A24, qui opère apparemment un changement de stratégie. Un article de The Wrap datant d’octobre 2023 expliquait que l’entreprise comptait se lancer dans des films « plus commerciaux », avec notamment des franchises et des productions à grand spectacle.
Civil War était probablement un premier pas en ce sens. Avec 50 millions, c’est à ce jour le plus gros budget de A24. Le film d’Alex Garland a fini sa carrière avec 122 millions au box-office, dont 68 côté domestique.

Bien sûr, ce n’est pas la première fois qu’un film A24 se plante au box-office. Tusk, Swiss Army Man, The Monster, High Life, Green Room ou encore After Yang avaient par exemple été des échecs en salles. La différence : ils avaient attiré l’attention du public, de la critique ou des deux, certains devenant même cultes au fil des années.
Difficile d’imaginer que The Front Room aura droit à ce destin, puisque A24 a peut-être touché ici quelque chose d’inédit dans leur histoire : l’indifférence.
on ne peut pas enlever à A4 le fait d’avoir des productions de qualité dans le domaine de d’horreur (tout n’est pas réussi, mais ils sont souvent très bons) j’imagine qu’il y a bien un moment où le studio va se gaufrer (apparemment avec ce film).