Décès de Jules Dassin

Nicolas Thys | 1 avril 2008
Nicolas Thys | 1 avril 2008

Jules Dassin est décédé hier à Athènes, à l'âge de 96 ans. Né en 1911 aux Etats-Unis, il débute au cinéma en 1941, avec un très bon court métrage, une adaptation du Cœur révélateur de Poe pour la MGM. Il passe au long, l'année suivante, avec Nazi agent,  un film d'espionnage antinazi avec Conrad Veidt (le Cesare du Cabinet du Dr. Caligari de Robert Wiene) dans le rôle principal.

 

 

 

Sa filmographie s'enrichira par la suite de 23 titres, dont plusieurs séries B et quelques chefs-d'œuvre. Il s'illustre notamment dans le film noir avec Les Démons de la liberté, La Cité sans voile et surtout Les Forbans de la nuit en 1950, devenus des classiques du genre. S'ensuit cinq années noires pour le cinéaste. En effet, il sera dénoncé en 1952 par le réalisateur Edward Dmytryk à l'HUAC, accusé de communisme, et « blacklisté » et malmené par les studios américains.

 

   

Afin de continuer à tourner il doit émigrer. Il arrive alors en France, où il met en scène en 1955 Du rififi chez les hommes, qui parvient à mêler habilement l'atmosphère des ses films noirs américains et l'esthétique du polar à la française, suivi deux ans plus tard de Celui qui doit mourir. Ces deux films sont interprétés par Jean Servais et Carl Möhner.

 

 

 

S'ensuit un périple à travers l'Europe qui le mènera en Italie pour la Legge et en Grèce, où il réalisera en 1960 son film le plus célèbre : Jamais le dimanche avec Melina Mercouri qu'il épousera quelques années plus tard. Cette dernière sera d'ailleurs récompensée à Cannes et Manos Hatzidakis aux Oscars, où il remporte la statuette pour la meilleure bande originale, depuis passée à la postérité. Jules Dassin sera lui aussi nominé aux Oscars dans les catégories meilleur réalisateur et meilleur scénario, mais n'en remportera aucun.

 

 
 

En 1964 l'HUAC commence à perdre de son influence et Jules Dassin parvient à réaliser quelques productions ou coproductions américaines qu'il tourne souvent à l'étranger, que ce soit en Turquie et à Boulogne-Billancourt pour Topkapi, en Espagne pour 10h30 du soir en été ou en Israël pour le documentaire Hamilchama al hashalom, etc.

A partir de 1970 il délaisse définitivement les Etats-Unis et tournera encore 4 films au Canada et en Europe. Il stoppe sa carrière en 1980 peu après la mort de son fils, Joe.

 


 

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