Once Upon a Time in Hollywood : comment la baston entre Brad Pitt et Bruce Lee a failli rendre fou les critiques fragiles

La Rédaction | 6 août 2019 - MAJ : 06/08/2019 14:20
La Rédaction | 6 août 2019 - MAJ : 06/08/2019 14:20

Once Upon a Time... in Hollywood n’est pas encore sorti que déjà, il suscite son lot de questionnements et de polémiques, notamment par rapport au traitement de Bruce Lee.

ATTENTION (PETITS) SPOILERS

Ceux qui ont suivi la promotion du film et les premiers retours critiques américains le savent, plusieurs éléments du long-métrage font voir flou aux journalistes anglo-saxons les plus portés sur le catéchisme moraliste. Comme souvent, les griefs s’accumulent contre Quentin Tarantino, accusé de diffuser une vision réactionnaire du cinéma, d’entretenir des rapports problématiques avec la violence, de banaliser la violence envers les femmes, etc etc.

Un des reproches dont écope Once Upon a Time... in Hollywood  fait suite au traitement supposément raciste que le métrage ferait de Bruce Lee. L’acteur et artiste martial légendaire apparaît le temps d’une séquence, très représentative du film et de sa note d’intention. Particulièrement fier et enclin à démontrer ses talents martiaux Bruce Lee s’y dispute avec Cliff (Brad Pitt) cascadeur de son état.

 

photo, Brad PittUn duel homérique

 

L’engueulade dégénère et les deux hommes se battent en duel. On reproche au metteur en scène de laisser Lee se faire botter le postérieur par un cascadeur sur le retour, qui n’aurait probablement pas eu la moindre chance dans la réalité. D’où des accusations de caricature éloignée de la réalité, teintée de racisme.

C’est oublier deux éléments fondamentaux : premièrement, le film de Quentin Tarantino raconte précisément comment deux types un peu paumés au sein d'Hollywood en déjouent la réalité et parviennent à évoluer dans un pur fantasme de cinoche, et à ce titre, l’affrontement avec Bruce Lee est traité sur le mode de la rêverie fantasmatique. De plus, le duel établit clairement que le maître des arts martiaux est un meilleur combattant que le provocateur joué par Brad Pitt, qui n’évite le ridicule que grâce à sa malhonnêteté et sa roublardise.

Le coordinateur des combats, Robert Alonzo, d’ailleurs expliqué dans le Huffington Post combien cette séquence avait été complexe à mettre en place.

 

photoIl était une fois Bruce Lee

 

« Je sais que Brad avait exprimé ses réticences, et nous en avions tous à l’idée d’une défaite de Bruce Lee. Moi en particulier, ayant vu dans Bruce Lee une icône, pas seulement dans le domaine des arts-martiaux, mais dans son approche de la philosophie et de la vie. Voir son idole vaincue, ça fait mal au cœur.

 

photoLe voisin asiatique de Diamants sur Canapé, demeuré un cas d'école de caricature raciste et de whitewashing

 

Le portrait qui est fait de lui peut tirer sur certaines cordes sensibles et générer un peu de colère et de frustration… Il y a une mythologie, un mysticisme qui entoure Bruce Lee, étant un moi-même sino-américain, je me suis clairement identifié à Bruce, en tant que symbole de ce que devait être la représentation des asiatiques au cinéma, à contrario de ce que faisait Diamants sur canapé et la majorité des productions à l’époque.

C’était difficile de chorégraphier un combat où il perd. Toutes les personnes impliquées se demandaient ce que ça allait donner. Brad était vraiment contre, il disait « Mec, c’est Bruce Lee ! »

 

Photo Brad Pitt"C'est qui le plus fort, hein ?"

 

Il fut d’ailleurs envisagé un temps par le cinéaste de conclure le duel sur une victoire plus franche de Brad Pitt, avant qu’il ne se range aux arguments de son équipe, et opte pour un match nul entre ses personnages. À en juger par la réaction de plusieurs commentateurs, il a drôlement bien fait.

Et pour tous les autres, Once Upon a Time... in Hollywood, un des tous meilleurs Tarantino (la critique est là) sortira sur nos écrans le 14 août !

 

Affiche

commentaires

Micju
10/08/2019 à 03:14

Je suis au Canada et j’ai vues le film aujourd’hui. Je suis un grand fan de Tarantino et croyez moi c’est dans mon top trois. J’ai pas vue passer le temps. J’ai trop aimé.

Arturo GATTi
07/08/2019 à 02:50

Un film sur le boxer et Brad sera une réussite... Arturo GATTi était et sera légende et certains combats Brad lui ressemble.

Rudy Mako
07/08/2019 à 02:41

Tarantino a toujours été le réalisateur de la polémique. Les 8 salopards, Django en ont suscité des vives réactions (coucou Spike Lee).
Dans inglorious Bastards, lorsqu'il tue Hitler tout le monde est content.
Dézinguer Bruce, dans une fiction n'a rien de choquant pour moi. Et même s'il traite le maître de con et arrogant, c'est son avis.

Life is Hard
07/08/2019 à 01:32

@La rédaction

Plusieurs semaines, mais publiquent ? Je demande parce qu'il me semblait que les premiers échos étaient sortis au moment de l'avant-première US du film.

Au-delà de ça, je reste étonné que la défaite du personnage de Lee dans le film cristallise les réactions négatives plutôt que la façon dont il serait dépeint. Encore que mêler réalité et fiction est un pari qui peut s'avérer risqué, et comme votre news le dit, la production (du moins les personnes autours du réalisateur) en était bien consciente.

Abder Mahdaoui mon vrai nom et prenom
06/08/2019 à 21:52

De toute manière le cinéma exploite ce qu il veut et comme il l entend . Après qu il déforme la réalité avec des subtilités et futilités je ne voit pas en quoi cela change la réalité Bruce Lee était et reste un excellent acteur et un excellent pratiquant d arts martiaux, avec une très belle approche de la vie et son realisme ,ainsi que de de la philosophie ,ce qui lui donnait une personnalité particulière

Simon Riaux - Rédaction
06/08/2019 à 19:01

@Life is Hard

Oui alors la polémique a commencé plusieurs semaines avant que la fille de Lee prenne la parole. Et pour le coup, on n'a pas envie de lui reprocher quoi que ce soit, c'est peut-être la seule dont une réaction émotionnelle à fleur de peau est parfaitement compréhensible.

Life is Hard
06/08/2019 à 18:46

Oui, alors ce que dénonçait Shannon Lee (fille de Bruce Lee) la principale voix et intéressée dans cette histoire, ce n'est justement pas le fait que son père pouvait être battu (ce avec quoi elle disait elle-même être OK), mais bien la représentation de l'homme en lui-même, dont le caractère et les agissements du personnage dans le film y dépeignent un Bruce Lee, des dires de sa fille (corroboré par d'autres proches), comme "un con***d arrogant".

Discours corroboré dans la foulée par d'autres proches de Bruce Lee, qui lui-même s'estimait loin d'être invincible.

Simon Riaux - Rédaction
06/08/2019 à 16:22

@Plissken

Xtreme Kamoulox.

Plissken
06/08/2019 à 16:18

Le racisme anti-asiatiques couplé au racisme anti-blancs. Sport préféré du gauchiste.

Bruce lee
06/08/2019 à 15:54

Ridiculiser le maître des art arts martiaux est une honte , dommage qu ol ne soit plus la pour leurs botter les fesses

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