Festival Cinespana de Toulouse : zoom sur Formentera Lady et Jean-François et le sens de la vie

Christophe Foltzer | 9 octobre 2018 - MAJ : 09/10/2018 15:29
Christophe Foltzer | 9 octobre 2018 - MAJ : 09/10/2018 15:29

Après Saint-Jean-De-Luz, direction Toulouse pour un festival d'une toute autre thématique. Cette fois-ci, c'est le cinéma espagnol qui est à l'honneur avec une grande sélection de films et documentaires qu'il nous tarde de découvrir.

Ce qui frappe d'emblée, c'est la richesse du contenu proposé, et une terrible évidence : malgré toute notre bonne volonté et nos plus grands efforts, nous ne pourrons pas voir tous les films et documentaires en compétition jusqu'au dimanche 14 octobre. Aussi, nous voici contraints d'y aller un peu à l'instinct, de faire des choix, de prendre des décisions et de n'en voir qu'une sélection. En nous excusant d'ores et déjà auprès des réalisateurs dont nous n'aurons pas vu voir les films.

Pour cette première après-midi au Festival, nous avons donc vu deux premiers films : Formentera Lady et Jean-François i el sentit de la vida. Deux comédies douces-amères, deux visages de l'Espagne.

 

photo Formentera LadyFormentera Lady

 

FORMENTERA LADY

Sur une île des Baléares, Samuel se la joue vieux hippie. Refusant tout contact avec le continent, il se produit tous les soirs dans un bar, profitant de son statut de star locale même si sa voiture a de plus en plus de ratés. Au crépuscule de sa vie, il n'accepte pas vraiment la fatalité bien que son coeur montre de plus en plus de signes de faiblesses. Et voilà qu'il se retrouve avec Marc, son petit-fils sur les bras, parce que sa fille part en France pour y trouver du travail. Ce sont donc deux générations qui vont devoir apprendre à se connaitre, deux mondes qui se rencontrent et, comme on peut s'en douter, le mariage risque de faire quelques étincelles, surtout lorsque les regrets refont surface.

Partant de ce postulat des plus classiques, Formentera Lady aurait pu s'avérer un passionnant film transgénérationnel comme le cinéma nous en offre régulièrement s'il ne souffrait pas d'énormes longueurs. En ne se décidant jamais sur le sujet de son film (Samuel en lui-même ou son rapport avec Marc), en tant que spectateur nous ne sommes pas des plus impliqués dans l'histoire. Cela dit, il faut reconnaitre que le metteur en scène Pau Durà tient quand même son film jusqu'à la fin, nous propose de très beaux tableaux tout autant qu'un fond intéressant, servi qui plus est par d'excellents comédiens (José Sacristán en tête). Un premier film qui, s'il n'atteint pas totalement sa cible, laisse entrapercevoir un réel potentiel chez son réalisateur.

 

photo Jean-François i el sentit de la vidaJean-François i el sentit de la vida

 

JEAN-FRANÇOIS I EL SENTIT DE LA VIDA

Traduit en français, cela donne Jean-François et le sens de la vie, ce qui annonce tout de suite la couleur. Et pour son premier long-métrage, Sergi Portabella montre tout de suite qu'il possède un univers à part. Francesc, 13 ans, découvre Le Mythe de Sisyphe d'Albert Camus et trouve quand même que l'auteur se trompe lorsqu'il qualifie le suicide d'acte lâche. Alors, il décide de quitter Barcelone pour se rendre à Paris et s'entretenir avec lui pour le faire changer d'avis. Problème, nous sommes en 2018 et Francesc ignore que Camus est mort depuis 50 ans.

Ce qui frappe d'emblée, c'est la tendresse apportée au personnage principal (magnifiquement interprété par le jeune Max Megias). Un bon petit freaks qui s'attire les foudres des fortes têtes par sa simple existence et qui ne comprend pas vraiment le monde autour de lui. De ce point de vue, le film rappelle énormément le Rushmore de Wes Anderson, même si la comparaison s'arrête bien vite.

Jean-François i el sentit de la vida se transforme rapidement en road-movie, gavé de moments savoureux et d'une belle énergie même s'il faut parfois faire fonctionner sa suspension d'incrédulité. En dépit de quelques baisses de rythme et de certaines facilités, ce premier film nous fait passer un très beau moment, supporté par un casting impeccable de bout en bout, doté d'un vrai sens comique, drôle et doublé d'une réelle réflexion existentialiste à hauteur d'adolescent. Bref, un très bon départ.

 

A suivre...

 

photo Cinespana

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