On profite des Jeux Olympiques de Paris 2024 pour parler de sport. Ou plutôt de sports fictifs, ceux qui ont des règles aussi compliquées et hasardeuses qu’une partie de cartes Yu-Gi-Oh, ou qui nécessitent carrément de tuer des gens.
Rocky, Rasta Rockett, Rush, Moi, Tonya, Le Mans 66, Le Stratège, La Méthode Williams plus récemment The Iron Claw… Le sport a souvent été pratiqué au cinéma, à l’occasion de biopics ou de pures fictions. Mais au-delà de s’intéresser à certaines disciplines ou à certains athlètes, le cinéma a aussi créé ses propres sports, tellement violents et/ou improbables qu’ils ne figureront jamais au programme des Jeux olympiques, quand bien même des sports aussi étonnants que le chessboxing ou le hockey subaquatique existent.

Le Rollerball
- Vu dans : Rollerball, 1975

A l’heure où la personne qui rédige ce paragraphe vendrait père et mère pour que le roller derby soit reconnu comme discipline olympique, il faut parler de la version fictionnelle et ultra-violente de la castagne sur patins à roulettes. Dans Rollerball, réalisé par Norman Jewison et sorti en 1975, les équipes patinent aussi sur un rink pour se rentrer dans le lard. A la différence que dans le rollerball, il est question d’une balle (pour ne pas dire d’un boulet de canon), mais aussi de motos (sur la piste, oui), et de… mises à mort.
Si cette dernière caractéristique aurait sans doute du mal à passer auprès du comité olympique, qui pourrait ne pas vouloir assister à du patinage effréné couplé à du football américain et à de la course de motos ? Ce serait quand même autre chose que le curling ! Peut-être que la version motorball d’Alita : Battle Angel aurait davantage ses chances… sauf qu’elle n’est pas franchement moins violente, finalement.
Le Whack-bat (Frappe-Batte en français)
- Vu dans : Fantatic Mr. Fox, 2009
Alors, le Whackbat, c’est très simple : 13 joueurs, dont 3 empoigneurs, 3 toucheurs, 5 coureurs de brindilles, un frappeur à la batte qui est aussi le frappe-batte. Le toucheur au centre du terrain hexagonal allongé (qui est donc différent des autres toucheurs), allume une pomme de pain et la lance vers un tas de pierre, et le frappeur doit renvoyer la pomme de pain et faire tomber un bâton de cèdre en équilibre sur des barres transversales. Les autres courent dans les deux sens (pourquoi, on ne sait pas) jusqu’à ce que la pomme de pain s’éteigne, ou quelque chose comme ça. Le match s’arrête quand l’arbitre crie « HOTBOX ».
Il faut ensuite totaliser les points-buts (des empoigneurs), et diviser le total par 9. De quoi filer des sueurs froides et des insomnies aux arbitres et au CIO, ne serait-ce que pour la construction du terrain et l’achat des équipements. Et si par malheur le bâton est en acajou et pas en cèdre, c’est disqualification pour tout le monde. Evidemment, le but de Wes Anderson dans Fantastic Mr. Fox était de créer un sport absurde aux règles imbitables, mais ce serait drôle de voir certains faire semblant de suivre et de tout comprendre, comme la rédactrice de ces lignes quand elle regarde, une fois tous les 6-7 ans, un match de rugby ou de football américain.
Le Quidditch
- Vu dans : Harry Potter et l’école des sorciers (et quelques autres films de la saga), 2001

Oui, on sait que, d’une certaine manière, le quidditch existe déjà. Quelques moldus ont en effet décidé en 2005 de lancer leur propre version du sport de sorciers. Au programme, une sorte de rugby où chaque joueur tient un balai entre ses jambes, tenter de marquer des points en envoyant des ballons dans des anneaux et surtout attraper le vif d’or, ici une balle de tennis porté par un joueur neutre, pour terminer la partie. Bon, on n’émettra aucun jugement sur cette version terrienne complètement lunaire, mais sur le papier, la version du monde des sorciers fait rêver.
Imaginez, dans un stade plein à craquer, deux équipes de sept joueurs rentrer sur le terrain pour s’affronter violemment au milieu des souafles (la balle qui permet de marquer des points entre les anneaux), d’un vif d’or (pour des courses effrénées) et surtout des cognards, ces fameuses balles dont le seul but est de blesser les joueurs. En gros, du rugby-football-baseball-dodgeball le tout en l’air avec des combinaisons de base jump pour les attrapeurs. Si ça, ça ne vous donne pas envie de suivre les JO… En plus c’est un sport mixte.
La roboxe (nom non homologué)
- Vu dans : Real Steel, 2011

Depuis 2020 environ, les robots ont remplacé les humains sur le ring, parce que le public voulait toujours plus spectacle, de sang et de violence de la part de combattants qui étaient forcément limités, aussi bien en quantité de sang qu’en puissance. Donc comme des personnes ne peuvent décemment pas s’entretuer sur une estrade en gardant l’esprit Coubertin, ce sont des androïdes téléguidés de 900 kg et de 2,40 m qui se dérouillent méchamment. Enfin ça, c’est seulement dans Real Steel.
Oui, les compétitions de robots existent déjà, mais ceux-ci sont plus souvent des véhicules télécommandés de quelques dizaines de centimètres qui ne reproduisent donc pas des mouvements de boxe. Ici, tout est bien une question de taille : le but serait de voir des titans de métal tester leur résistance, quitte à arracher le bras ou la tête de leur adversaire. Ce serait un peu comme un show de monster truck mélangé à des combats de robots et à la franchise Rocky. Les tickets s’arracheraient à prix d’or…
La Transcontinental Road Race
- Vu dans : La Course à la mort de l’an 2000, 1975

On a gardé pour la fin le sport le plus méchant, ou le plus drôle, selon l’humeur du moment : la transcontinental Road Race de Course à la mort de l’an 2000. Pour l’expliquer simplement, c’est une course de voitures… avec des morts. Mais il ne faut pas être étroit d’esprit et voir le mal partout, car au-delà de son aspect morbide, c’est surtout un sport collaboratif et participatif, puisque les spectateurs aussi peuvent rapporter des points aux pilotes, du moins s’ils passent sous les roues des voitures.
C’est aussi très familial et diversifié puisque les femmes, les enfants de moins de 12 ans et les personnes de plus de 75 ans sont des victimes supporters particulièrement recherchés ! Le CIO pourra ainsi recruter encore plus de bénévoles sans prendre en charge leurs frais de transport, car l’important a toujours été de participer.