Rencontres du 3° Genre, et de deux !

Par Patrick Antona
13 mai 2005
MAJ : 17 octobre 2018
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Mercredi dernier 4 mai 2005 s’est tenue à l’Auditorium du Forum des Images de Paris la seconde édition des Rencontres du 3° Genre. Organisée par l’association Fantasy Films dont le credo est la promotion du film de genre français et européen et patronnée par Marc Caro en personne, la soirée a été illustrée par une sélection de 9 courts-métrages, de qualité diverse, allant de l’animation CGI au véritable petit film d’horreur, en passant par le pur thriller.

Honneur à l’invité de la soirée, le court d’animation XXI de Marc Caro (en remplacement du Bunker de la dernière Rafale initialement prévu) a ouvert le bal. Cette histoire de voyage temporel virtuel quasi-immobile (produit par Canal +) se révèle être plus un exercice de style, à mi-chemin du clip-vidéo et de l’animation pour parc d’attraction. Personnellement, votre serviteur aurait préféré revoir sur grand écran Exercice of steel, toujours de Caro avec Coralie et Fovéa, mais bon il paraît que c’est notre collaborateur Julio Lopez qui possède la dernière copie, et qu’il la garde jalousement !

Autre vedette de la soirée, David Sarrio qui, avec son Projet Gamma, continue dans la veine de l’exploitation de l’univers des supers-héros de la Marvel. Mais à la différence de son épatant Daredevil, sa vision de Hulk, malgré une facture visuelle et des SFX excellents et de solides seconds rôles (Féodor Atkine, Jean-Claude Bouillon) reste en deçà des ambitions initiales, à savoir comment transcender le suspens inhérent à la transformation de Bruce Banner en géant vert. Mais le résultat reste honorable et on est en droit de se demander quand un producteur lui donnera sa chance pour mettre en scène un vrai film de super-héros à la française ?

Première véritable surprise de la soirée, Le fils d’Angoulême de Benoît Garnier et Florent Poulain mêle astucieusement tournage live, animation 3D et classique pour ce qui se veut être un hommage tendre et réussi à l’univers des robots japonais. Pour télécharger ce petit bijou, suivez le lien suivant.


Le fils d’Angoulême

Entièrement réalisé en images de synthèse Personne n’est parfait de Christophe Clamaron, avec son petit robot nettoyeur qui pête les plombs, avec son humour et son excellente facture visuelle, démontre que les amateurs peuvent parfois en remontrer aux plus grands studios, et ce, avec peu de moyens.
Si Chute d’organes de Kartik Singh est plus « amateur » par sa forme et son ambition, tourné avec économie en une journée il est vrai, sa chute comique finale (dans tous les sens du terme) a ravi le public.
Par contre Nuit gravement à la santé avec sa course-poursuite cartoonesque et sa caméra remuant dans tous les sens pour donner du rythme et ses gags tombant à plat se révèle être la relative déception de la soirée, n’offrant vraiment rien d’original dans son traitement.

Huis-clos crépusculaire et tendu, Sélection naturelle de la comédienne et modèle Rie Rasmussen (la copine coquine de Rebecca Romjin-Stamos dans Femme Fatale) avec sa confrontation entre une séquestrée et son agresseur réussit par son ambiance glauque et poisseuse à provoquer quelques frissons. Reste un final un peu précipité, mais qui ne gache en rien la bonne qualité du court-métrage, produit par Europa Corp tout de même. Et puis si les top-models commencent à faire du bon cinéma, où va-t-on ?


Sélection naturelle

Conçu comme un véritable film, I’ll see in your dreams du portugais Miguel Angél Vivas avec son histoire de chasseur de zombies, au croisement de la Hammer et de Lucio Fulci, visiblement doté de moyens conséquents lui permettant de ne lésiner ni sur les maquillages sanglants ni sur le sexe est une incontestable réussite, avec une double fin amorale assez goûteuse (rapprochant le personnage principal du Riddick de Pitch Black).


I’ll see in your dreams

Pour clôre les festivités, Fantasy-Films nous offre l’excellent Quand on est amoureux, c’est merveilleux de Fabrice du Welz, passé depuis au long avec Calvaire. Son court-métrage est en fait un véritable brouillon de son film de cinéma, servi par un casting 3 étoiles avec en tête de liste la fascinante Edith Lemerdy, criante de vérité en laissée pour compte cherchant désespérement l’amour et basculant dans le meurtre, Jackie Berroyer et Jean-Luc Couchard, respectivement boucher du coin et son apprenti au faciès digne de la Hammer (encore !) et qui seront de l’aventure Calvaire par la suite, Michel Crémadès et l’ex-pornostar Laure Sinclair en couple libertin un peu benêt. Film dérangeant et cruel, mainte fois récompensé dans de nombreux festivals dont celui de Gérardmer, il démontre que c’est sûrement de la Belgique que viendra un véritable nouveau souffle pour le cinéma fantastique européen.

Tout ce petit monde s’est retrouvé ensuite dans un bar-restaurant des Halles où entre deux choppes de bière on pouvait apprendre que David Sarrio commence à avoir des contacts sérieux pour venir au long-métrage, que Christophe Clamaron partage son temps entre la conception de films 3D et son poste de professeur d’art graphique et que le retour de Marc Caro à la mise en scène de cinéma semble se confirmer, pas plus tard que cette année. Avec d’abord un film de SF à petit budget pour se refaire la main puis des sujets plus ambitieux à venir. En voilà une bonne nouvelle !

Rendez-vous est pris en tous les cas pour la 3° édition des Rencontres du 3° Genre. Pour plus d’informations sur Fantasy-Films, suivez le lien suivant.

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