Why Don't You Play in Hell : la folie punk qui fait passer Kill Bill pour un Disney

Clément Costa | 28 juillet 2022 - MAJ : 28/07/2022 12:33
Clément Costa | 28 juillet 2022 - MAJ : 28/07/2022 12:33

Connu pour ses œuvres extrêmes, le réalisateur punk Sono Sion livrait avec Why don't you play in hell une œuvre folle. Un film passionné qui mérite le détour.

Lorsqu’on parle de cinéma japonais et d'expériences extrêmes, il y a deux noms qui reviennent systématiquement : Takashi Miike et Sono Sion. Deux cinéastes dont la productivité donne le tournis, capables du meilleur comme du pire. Mais surtout deux filmographies passionnantes, qui regorgent de pépites cachées.

Longtemps réputé pour son cinéma punk et gore, Sono Sion a d’abord été remarqué à l’international grâce au choc Suicide Club. Quelques années plus tard, il prenait tout le monde à contrepied avec Love Exposure. Cet improbable récit-fleuve mêlait romance, obsessions perverses et questionnements religieux. Avec Why don’t you play in hell, il tente de livrer une réflexion totale et paradoxalement très accessible sur son cinéma. Revenons sur une de ses œuvres les plus singulières.

 

Why don't you play in hell : photoNe coupez pas !

 

I understood that reference

Le concept de base de Why don’t you play in hell est on ne peut plus simple : un cinéaste amateur et sa troupe rêvent de réaliser un grand film d’action. Par une incroyable coïncidence, ils se retrouvent au milieu d’un règlement de comptes entre yakuzas avec pour ordre de tout filmer. C'est le début d'une aventure aussi ludique que violente.

Un tel parti-pris offrait l’occasion rêvée à Sono Sion de démontrer sans retenue son amour de la citation. En effet, le cinéaste punk a toujours aimé filmer ses références. Love Exposure en était un exemple particulièrement frappant. On y croisait Kurt Cobain, un hommage à Meiko Kaji et La Femme Scorpion ainsi qu’un bon lot de clins d’œil appuyés aux classiques du kung-fu.

 

Why don't you play in hell : photoMourir peut attendre

 

Mais c’est bien avec Why don’t you play in hell que Sono Sion semble réaliser son fantasme de créer le film pulp ultime. Devant la caméra se succèdent un hommage (très) appuyé à Bruce Lee et une référence à Cours, Lola, Cours. Le cinéaste clame son amour des classiques du film de yakuza, mais aussi du western, en particulier avec la bande originale dont il signe la partition. Un album passionnant et éclectique qui n’hésitera pas non plus à invoquer Sergio Leone et Ennio Morricone, en particulier sa flute de pan inoubliable dans Il était une fois en Amérique.

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commentaires
Zapan
28/07/2022 à 19:03

Sono Sion, du lourd, du bon, du beau.

Celui la vaut le détour, rien que pour voir d'où vient l'inspiration de James Gunn pour certains de ces plans dans Suicide Squad.
Mais je dois dire que partout où je voyage, à chaque fois que je rencontre un cinéphile étranger, le 1er film de Sono qui revient est "Love Exposure."

C'est tellement particulier et pourtant si mémorable.

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