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Taken : les meilleures scènes nulles de la trilogie avec Liam Neeson

Par La Rédaction
5 juin 2023
MAJ : 21 mai 2024
20 commentaires
photo, Liam Neeson

De série B énervée à navet radioactif, il n’y a qu’un pas, comme le prouvent ces scènes WTF de la trilogie Taken avec Liam Neeson.

En 2008, quand la société Europacorp sort Taken, elle surprend son monde et provoque un petit électrochoc dans l’univers du cinéma d’action. Beau succès à l’international, cette production modeste transforme instantanément le respecté Liam Neeson en néo-gros bras amateur de manchettes, mais surtout, elle engendre un nouveau sous-genre.

En quelques mois à peine, les duplicatas vont se multiplier et la bourrinerie pour comédiens quinquagénaires en quête de second souffle devenir un produit courant, qui accueillera les talents de Sean Penn (Gunman), Denzel Washington (Equalizer), Angelina Jolie (Salt) et bien d’autres encore. Mais aucun de ces clones ne poussera les frontières du n’importe quoi au niveau d’incandescence atteint par la trilogie Taken. Obligés de composer avec le goût pour l’outrance d’intrigues (faisant de leur héros une machine à tuer inarrêtable), les obsessions Bessoniennes et une star qui n’a pas toujours envie de se fouler, les différents épisodes ont progressivement plongé dans le n’importe quoi.

Redécouvrons donc les cinq scènes les plus ahurissantes de Taken, Taken 2 et Taken 3.

 

photo« Je te laisse, Ecran Large va encore m’énerver là. »

 

TAKEN : INTERROGATOIRE AU PISTOLET

Ce qui se passe : Bryan vient dîner chez une vieille connaissance, Jean-Claude, qui travaille pour les services secrets français. Mais comme tout le monde dans ce monstrueux cloaque qu’est devenu Paris, Jean-Claude trempe dans des trucs pas très catholiques à base de traite des blanches. Pour le faire parler, et parce qu’ils sont amis, Bryan tire à bout portant sur la femme de Jean-Claude, qui s’énerve un peu, mais décide de l’aider. Il est pas rancunier Jean-Claude.

Pourquoi c’est n’importe quoi : Il faut ici rendre hommage au sens de l’efficacité de Pierre Morel. Ce technicien de l’action, fidèle d’Europacorp, est un de ses faiseurs les plus accomplis en la matière. Preuve en est avec cette séquence, pas déplaisante, mais qui enfile les clichés à une vitesse supra-luminique. Passons sur le fait que, dans le Paris de Taken, tout le monde est parfaitement au point sur l’exploitation sexuelle de jeunes touristes, qui prend ici des airs de sport national. C’est un stéréotype du thriller parano qui n’est pas propre au film (on l’a également vu très bien exploité dans Frantic) et qui colle finalement bien avec la personnalité du héros, en dépit de son invraisemblance.

 

 

En revanche, il fallait oser placer dans la même séquence le vieux coup du « j’ai vidé ton flingue sans que tu le saches », l’indéboulonnable « fais pas le con Jean-Claude » et l’inoxydable « puisque c’est ça je flingue ta zouze ». Il faut d’ailleurs s’attarder sur ce tropisme, récurrent dans les productions Europacorp, qui veut que quand deux hommes s’affrontent, ils se départagent en mutilant des femmes.

On retrouve cette logique de la menace via demoiselle en détresse dans bien des films, mais le producteur Luc Besson y revient avec une fréquence étonnante, poussant la violence relativement loin… mais pas ses conséquences. Ainsi, une fois sa meilleure moitié trouée à la manière d’une passoire par son vieux copain, Jean-Claude décide finalement de l’aider. Pépouze.

 

photo, Liam Neeson, des poireaux« Je vous préviens, la vinaigrette est un peu piquante. »

 

TAKEN 2 : LA PÊCHE A LA GRENADE

Ce qui se passe : Même en vacances, on n’est jamais tranquille. Alors que la famille Mills vient d’arriver à Istanbul, des vilains pas beaux de la famille des vilains pas beaux du premier Taken kidnappent Bryan et sa femme Leonore. Puisque Liam Neeson est le fils caché de Chuck Norris et David Copperfield, il récupère son téléphone et contacte sa fille Kim (Maggie Grace). Naturellement, il lui demande de prendre les grenades dans ses affaires et de les lancer à travers Istanbul afin qu’elles puissent l’orienter vers le lieu où il est retenu prisonnier. En vrai, c’est plus simple de comprendre avec la scène.

Pourquoi c’est n’importe quoi : Notre société d’ultra consommation nous fait oublier la richesse cachée des objets du quotidien. La saga Taken permet de se reconnecter avec ces choses simples. Ici, on rend hommage à la grenade, objet trop souvent étiqueté comme mortel, durant une des scènes d’action les plus lunaires de mémoire d’homme. Pendant plusieurs minutes, une expatriée américaine va lancer des grenades un peu partout depuis les toits d’Istanbul en faisant quand même l’effort de viser des lieux où personne ne serait blessé.

 

 

Métaphore de l’impérialisme américain au Moyen-Orient ? Critique voilée du tourisme de masse ? Peu importe, la séquence est purement hilarante à regarder : Maggie Grace et Liam Neeson sont 200% impliqués, la mise en scène d’Olivier Megaton tente de rendre ça haletant ; mais rien n’y fait. Vous passerez juste votre temps à vous rappeler qu’une ado est en train d’éparpiller la moitié de la cité turque pour retrouver son pôpa.

Mais c’est visiblement la routine dans l’ex-Constantinople puisque personne ne s’en soucie, aucun policier ne pointe le bout de son képi. Tout juste les gens sont-ils agacés d’être arrosés par une citerne qui vient d’exploser. Le flegme turc face aux aléas de la vie, un modèle d’abnégation. 

 

photoQuand ta boussole fait boum

 

TAKEN 2 : TU ME FIGHTE PAR LA BARBICHETTE

Ce qui se passe : L’heure est venue pour Bryan de se venger des méchants qui voulaient se venger de lui. Comme quoi, les jeux de mains ne sont pas toujours des jeux de vilains. Il le prouve dans cette ultime scène d’action au cours de laquelle il sera confronté à l’un des kidnappeurs de sa famille et à son patriarche. L’occasion de montrer de quel plat de la main il se chauffe.

Pourquoi c’est n’importe quoi : Comment filmer une scène d’action que le principal intéressé n’est pas en mesure, ou désireux, d’exécuter ? Tout d’abord, on engage un chorégraphe et cascadeur (l’immense Alain Figlarz), dont on espère qu’il pourra compenser la raideur du comédien engourdi, puis on multiplie les axes jusqu’à la nausée, avant de donner énormément de cocaïne à une équipe de monteurs essentiellement composés de furets hyperactifs. Secouez quelques heures, et priez pour que les spectateurs soient déjà assoupis quand surgira cet affrontement.

 

 

Parce qu’en l’état, le résultat tient plus de la parodie de Steven Seagal – ce qui en termes d’expérience méta constitue en soi un exploit de déviance perverse – tant nos combattants s’efforcent de ne battre qu’à coups de giflettes et autres manchettes assénées avec la vigueur d’un escargot laissé au soleil de midi. Difficile de distinguer un semblant de chorégraphie, ou de menace, et donc de s’investir dans cette tapenade de baston. Interminable, la confrontation vire à l’embarras le plus complet quand vient l’heure des mises à mort. 

Comme conscient que personne ne croit vraiment avoir assisté à autre chose qu’une séance de “je te tiens tu me tiens par la barbichette”Taken 2 achève de s’auto-détruire en greffant à son héros des paluches surpuissantes. C’est ainsi que ce bon Bryan achève coup sur coup ses deux principaux antagonistes d’un revers de main, qui transforme instantanément leurs nuques en purée de coing. Ça n’a aucun sens, c’est visuellement hilarant… mais encore anodin, comparé à ce que nous réserve le troisième épisode. 

 

photoSosie non-officiel de Jean-Patrick Manchette

 

TAKEN 3 : COME TO DADDY-PANDA

Ce qui se passe : Papa Bryan rend visite à sa fille chérie. Et pour la célébrer, il a préparé des cadeaux. Dit comme ça, tout à l’air pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais nous sommes dans le monde tordu de Taken

Pourquoi c’est n’importe quoi : Le personnage de Kim a toujours été emblématique de l’incapacité des productions Besson à appréhender correctement leurs personnages féminins, et notamment leurs interactions avec la gent masculine. Un constat qui prend ici des proportions ahurissantes, alors que le scénario de Luc Besson et la caméra d’Olivier Megaton transforment une scène, a priori banale, en un sommet de gênance rarement atteint au cinéma. 

 

photo, Liam Neeson« Coupette ? »

 

Depuis le premier film, la saga hésite entre un traitement très puritain du personnage de Maggie Grace, ange pur que des hordes de sarrasins voudraient souiller, ou argument sexy à agiter complaisamment devant le spectateur. Une ambiguïté qui ne serait pas exceptionnelle si elle n’était pas reproduite… par le personnage de son père. Et c’est donc sidéré qu’on assiste à une scène d’amour paternel filmée comme une embarrassante séance de drague, où un Liam Neeson plus sugar que daddy tente d’amadouer sa descendance à coup de champagne et de peluche panda. 

Une pincée de concurrence masculine sortie de nulle part entre mascuLiam et un freluquet de genre achève de donner à l’ensemble une teinte franchement débile, mais aussi terriblement hilarante. Gageons que si la psychiatrie freudienne se penche sur le cas du film, elle y trouvera un nœud de névroses de première qualité. 

 

Photo Maggie Grace« Parlez-moi de votre père »

 

TAKEN 3 : LIAM SPEEDRUN NEESON

Ce qui se passe : La police pense que Bryan a tué son ex-femme, alors que notre innocent boucher s’apprêtait à faire la bête à deux dos avec la malheureuse. Et Bryan n’aime pas être accusé à tort. Du coup, il décide de se défaire de la maréchaussée, d’échapper à plusieurs voitures de patrouille et de se lancer dans une vaste opération d’urbex, avant de trouver le meurtrier de sa chère et tendre malencontreusement refroidie.

Pourquoi c’est n’importe quoi : On aura vu Bryan casser des rotules, Bryan faire roter leurs dents à ces ennemis, déboiter des bras, briser des nuques et même se repérer au son de grenades filiales. Mais c’est la première fois que notre super-héros s’aventure à littéralement déchirer la toile quantique de l’univers, sous la caméra affolée d’Olivier Megaton, toujours dans les bons coups. En effet, alors que notre tataneur en chef accuse son âge, il parvient à distancer, à petites foulées, un officier de police deux fois plus jeune que lui et une bagnole lancée à toute berzingue.

 

 

Une dinguerie spatiale que ni Michael Bay dans ses happenings de montage ni Christopher Nolan quand il secoua l’espace temps d’Interstellar n’auraient osée. Mais rien n’arrête Taken 3, qui passe la surmultipliée pour nous faire croire à ce simulacre de parkour. On dénombre à l’heure actuelle quelques 8722 plans répartis au hasard de 97 axes, une durée moyenne de 0,87s par plan. Un miracle rendu possible grâce à l’usage immodéré de stupéfiants.

Combien de monteurs auront sacrifié leur santé mentale pour pulvériser aussi radicalement l’espace de cette courte scène ? Combien de centaines de km a réellement parcourues Liam Neeson ? Quelqu’un était-il vaguement conscient du déroulé des évènements lors de la fabrication du film ? Autant de mystères que ce chef-d’oeuvre de la déconstruction a emportés avec lui, et qui, on l’espère, provoqueront l’hilarité de nombreuses générations, pour les siècles des siècles.

Rédacteurs :
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Qc

Perso j’ai adoré le 1er et 2e , mais pas le 3e qui étais nul.

Miglou est fou

Concernant Taken 2 et ses grenades vous oubliez quand tant que membre de l’OTAN la Turquie va forcément laisser un ressortissant américain balancer des grenades sans moufter sinon une Task Force va se pointer et Istanbul sera rasé !
Nous ne pouvons que confirmer la totale crédibilité de la scène !

jorgio6924

« Jean-Claude !! Je raserai la Tour Eiffel s’il le fallait !! »

J’avoue que c’est burné comme punchline 😀

Micju

Le premier oui.Les deux autres non merci.

Miglou pense

D’ailleurs Besson a totalement raison et il décrit fidèlement la perception américaine du monde extérieur assimilable soit à un coupe gorge soit à une carte postale toute aussi caricaturale (Le diable s’habille en Prada ou le Paris de Woody Allen) en ce sens il vise une public et un marché
Pour ce qui est de la crédibilité on peut le ranger à côté d’un Roland Emmerichbpar exemple … bref rien de bien grave