Winchester 73 : quand Anthony Mann écrit la légende de l'Ouest avec James Stewart

Arnold Petit | 2 juin 2021 - MAJ : 02/06/2021 21:50
Arnold Petit | 2 juin 2021 - MAJ : 02/06/2021 21:50

Comme d'autres genres, le western a aussi connu des duos de réalisateur et d'acteur qui ont marqué son histoire. Des paires qui se sont presque imposées comme une évidence tant leur entente a proposé des chefs-d'oeuvre intemporels. Parmi eux, on peut évidemment citer John Ford et John Wayne ou encore Sergio Leone et Clint Eastwood, mais aussi Anthony Mann et James Stewart. Ensemble, les deux hommes ont collaboré sur cinq westerns, tous devenus de grands classiques du genre. Et tout a commencé en 1950, avec Winchester 73, qui dépeint l'histoire sanglante de l'Ouest américain, entre tradition et modernité.

 

photoMessieurs, je vois un chef-d'oeuvre à l'horizon

 

LA RENCONTRE

Au début des années 50, le western s'apprête à connaître son Âge d'Or. Depuis que John Ford a fait oublier la série B avec La chevauchée fantastique, le genre a envahi les écrans et gagné ses lettres de noblesse grâce à des réalisateurs comme Howard Hawks, William A. Wellman ou encore Anthony Mann. C'est à cette époque que le cinéaste se consacre au western après avoir déjà réalisé des films noirs à petit budget, d'abord avec Les furies en 1950, puis La Porte du diable et Winchester 73 dans la foulée.

Sans James Stewart, le film n'aurait probablement pas vu le jour. L'acteur voulait tourner dans Harvey, adapté de la pièce de théâtre de Mary Chase, qui devait être réalisé par Henry Koster, mais Universal n'avait pas les moyens de payer les 200 000 dollars que réclamait Stewart. À la place, son agent, Lew Wasserman, qui dirigeait la MCA, a négocié un contrat avec William Goetz, le président du studio, pour que Stewart joue dans Harvey et Winchester 73 en échange de la moitié des recettes des films et d'un taux d'imposition moins élevé en considérant l'acteur comme une entreprise.

Une combine qu'il avait mise en place dès les années 30 avec d'autres agents comme Myron Selznick et qui s'est généralisée au fil du temps, permettant ainsi aux acteurs d'accroitre leur pouvoir à Hollywood au détriment des grands studios, dont la domination était déjà mise à mal depuis quelques années. Encore plus avec le procès de Paramount Pictures en 1948 et le décret antitrust qui en a découlé, les empêchant de gérer à la fois la production et la distribution. D'après certaines estimations, le succès inattendu de Winchester 73 (plus de 2 millions de dollars au box-office) aurait rapporté environ 600 000 dollars à Stewart. C'est ce qu'on appelle un coup de maître.

 

photo, James Stewart, Millard MitchellT'y crois toi, à son histoire de western sur une carabine ?

 

À l'origine, Winchester 73 devait être réalisé par le légendaire Fritz Lang, qui avait déjà réalisé deux westerns, Le Retour de Frank James en 1940, et Les Pionniers de la Western Union en 1941. Seulement, Universal ne voulait pas que le film soit produit par la société de production du réalisateur de Metropolis, Diana Productions, qu'il avait fondée avec le producteur Walter Wanger et l'actrice Joan BennettAlors, Lang a abandonné le projet.

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commentaires
Free Spirit
04/06/2021 à 14:58

çà ! c était Des Films ... Les westerns Nous manquent...Enfin je sais que Les Nouvelles Générations ne sont pas accros aux WESTERNS...Dommage...

#diez
02/06/2021 à 14:36

Un grand film qui traverse l'histoire de l'Ouest dans un noir et blanc magnifique ! Vivement la sortie Blu-ray du nouveau master !

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