La super-franchise Illumination
Qu’on aime ou non la franchise d’animation Moi, moche et méchant, son succès est indéniable. Avec cette saga et ses spin-off, la société Illumination a réalisé un véritable braquage et ça, dès le premier film sorti en 2010, celui pour lequel Chris Meledandri avait décidé de fonder Illumination. Réalisé pour 69 millions de dollars, Moi, moche et méchant premier du nom avait récolté 543 millions de dollars au box-office mondial. Trois ans plus tard, la suite en rapportait 970 millions. En 2015, Les Minions, premier film dérivé de la saga, a dépassé la barre du milliard, et le milliard de dollars a de nouveau été dépassé avec Moi, moche et méchant 3 en 2017, réalisé pour 80 millions.
En bref, la franchise est très, très lucrative, même si Les Minions 2 : Il était une fois Gru a fait moins bien que les derniers opus avec « seulement » 940 millions de dollars empochés. Là où beaucoup de grosses franchises s’essoufflent au fil des épisodes, Moi, moche et méchant n’a cessé de séduire les spectateurs.

Illumination, qui a pondu en association avec Nintendo le deuxième plus gros succès de l’année 2023, Super Mario Bros. le film, semble avoir trouvé la bonne recette. Si les chansons de Pharrell Williams et les tonnes de références à la pop culture y sont peut-être pour quelque chose, le succès de la franchise repose surtout sur ses personnages principaux, les Minions et leur humour slapstick, et Gru, super-méchant repenti au cœur tendre.

La formule évolue
Depuis le premier film de la saga Moi, moche et méchant, la formule est restée la même. C’est simple, à chaque nouveau film son nouveau super-méchant super dangereux. L’iconique Vector, puis El Muchacho et enfin Balthazar Bratt, les méchants se sont succédés et Gru a toujours réussi à mettre fin à la menace. Mais aucun méchant n’a réussi à égaler Vector et cette formule a vite montré ses limites. Face à des antagonistes de moins en moins mémorables, il a fallu introduire de nouveaux personnages plus marquants, comme Dru, le frère jumeau caché de Gru, dans le troisième volet.
Pas de grand changement dans ce quatrième film puisque Gru doit encore faire face à un nouvel ennemi, Maxime Le Mal, qui le déteste depuis de nombreuses années. Comme les autres, ce Maxime Le Mal est un super-vilain au rire diabolique et aux ambitions destructrices. Là où cette formule change enfin, c’est qu’il n’est pas question pour Gru d’arrêter le malhonnête avant qu’il ne détruise le monde. Pour protéger sa famille, l’ancien vilain ne doit pas l’affronter, mais s’en cacher.

Moi moche et méchant 4 déjoue nos attentes en faisant de la poursuite du méchant une intrigue secondaire. Bien qu’ils restent des éléments purement comiques, les Minions ont un véritable rôle dans cette suite. Si Gru ne peut pas se mettre en quête du vilain, alors la mission leur revient de droit et cinq d’entre eux, triés sur le volet, auront même l’occasion de jouer dans la cour des grands. Des Quatre Fantastiques, à X-Men en passant par Spider-Man, c’est aussi l’occasion de bourrer le film de références aux films de super-héros et de surfer sur leur popularité auprès du public.

Nouveau look pour une nouvelle vie
Alors que Gru avait déjà entamé sa transformation en papa poule en adoptant Margo, Edith et Agnes, il est désormais le père d’un petit Gru Junior qui a hérité de son caractère. Le sujet n’est donc plus de savoir si l’ancien super-méchant pourrait retomber dans ses travers et flirter avec le Mal une dernière fois. Impossible avec un mioche dans les pattes. Heureusement, il peut toujours compter sur l’aide de ses fidèles Minions, transformés pour l’occasion en mécaniciens de Formule 1, une idée est simple, mais très efficace. Gru échappe donc aux couches et aux biberons, mais il a toujours une mission, protéger sa petite famille.
Lucy, Gru et les enfants quittent donc leur maison pour se construire une nouvelle vie ailleurs, une vie parfaitement banale. Mais se fondre dans la masse n’est pas si simple pour cette famille… atypique. Disons que vendre des panneaux solaires n’était pas le premier choix de carrière de Gru et que l’intégration des trois jeunes filles n’est pas simple non plus. On a donc le droit à de nouveaux décors, dont la ville huppée de Mayfair, très probablement inspirée du Wisteria Lane de Desperate Housewives avec ses pelouses bien tondues et ses habitants bien propres sur eux, en apparence.

L’autre grand lieu de ce Moi, moche et méchant 4, c’est cette espèce d’école Poudlard pour jeunes vilains, parfaitement illustrée dans la séquence d’introduction musicalement signée Pharrell Williams. Et promis, elle vous restera moins en tête qu’Happy.
Un tout nouveau décor, de nouveaux obstacles et surtout de nouveaux enjeux, les personnages de la franchise ne stagnent jamais. Oui, les différents méchants finissent tous par se ressembler et les Minions ont un humour pipi-caca qui peut en agacer certains et ça se comprend, mais notre petit cœur craque devant Gru Junior qui enlace enfin son père et la petite Agnès qui retrouve sa “licorne”.

Le moins bon des 04 opus. Beaucoup de déjà vu, même si on comprend l’intérêt évident de faire des références à des films / franchises connues.
Ce qui est dommage : l’après-générique est la partie la plus intéressante du film, de très loin !
Ca pose une question plus large : la surexploitation des licences de franchises. Ca a super bien marché pour Indestructible, vice versa, toy story, mais ca a des limites !!!!!
– « Choisis la pilule bleue et tout s’arrête, après tu pourras faire de beaux rêves et penser ce que tu veux. Choisis la pilule rouge : tu restes au Pays des Merveilles et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre…
– Euh, et si je prenais cette autre couleur primaire, la pillule jaune, qu’est-ce qui va se passer ?? »
Et bien les Minions, voilà ce qui est arrivé… Soit un mélange d’anarchie surréaliste et de confort pépère, ce qui est évidemment antinomique.
–
Clairement, depuis 2010, les studios d’animation Illumination sont un sous-Pixar. À l’un une lampe vivante en guise d’emblème, une seule ampoule allumée (symbole d’une idée émergente). À l’autre un logo illuminé en grosses lettres… et des idées écrites à gros traits, ainsi que des histoires qui ne racontent pas grand chose.
Couleurs bonbon (un peu comme pour « Toy Story »), identité américaine très marquée (comme DreamWorks), références Rétro, jolies chansons de Pharrell Williams, rythme cartoonesque et parodique digne des meilleurs courts-métrages animés – sauf que ce sont censés être des films.
Et leur opus inaugural, « Moi, moche et méchant », d’être un sous-« Indestructibles »… Mais avec un côté politiquement incorrect qui le rendait savoureux, moins conservateur – forcément, c’est un projet français à la base : un univers avec plein de super-vilains, mais sans le moindre super-héros… un protagoniste principal qui correspond au cliché de l’ennemi venu de l’Est au gros accent (entre Dracula et Blofeld – ou le Dr Denfer en l’occurrence)… des petites créatures absurdes qui font leur show de leur côté… un mauvais esprit et beaucoup de burlesque…
–
Tout était dit en un seul film, où Gru préférera se fabriquer une vraie famille à partir d’une fausse, plutôt que d’accéder à une gloire de toute façon éphémère.
Qu’à cela ne tienne, il y aura quand-même des suites… comme tous les films Illumination (les quatre mêmes franchises, entrecoupées de quelques adaptations de Dr Seuss et peu de films autonomes), chaque nouvel opus tournera en rond et plongera de plus en plus Gru dans la moralité :
Impossible qu’il n’y ait que des super-vilains sans personne pour agir, il faut une super-agence, et donc Gru qui les rejoint…
Impossible d’être un père célibataire, il faut qu’il rencontre l’amour, et donc offre une mère à ses filles…
Impossible de rester un cliché sur pattes, on lui offre donc une jeunesse dans des spin-offs (certes plus centrés sur les Minions) et une famille un peu plus étendue…
Obligé de faire un énième volet (toujours facilement rentable), le studio répète sa formule et déçoit tout le temps artistiquement, en s’interdisant de développer des idées pourtant intéressantes.
–
Alors pour le quatrième film on se retrouve à nouveau avec une histoire éclatée entre les différents membres du groupe, toujours au détriment de personnages féminins qui n’ont pas grand chose à faire alors que l’intrigue les pousse à changer de vie et devenir des témoins protégés, à cause de la menace d’un vilain sur toute leur famille. Quelqu’un censé être encore plus méchant que les autres, surtout parce qu’il veut voler et convertir un bébé.
Insatisfaction pour ce Maxime Le Mal : non seulement il est conçu sur le même modèle que de précédents adversaires de Gru – des envieux se comportant de manière infantile… Mais en plus c’est Will Ferrell qui le joue, soit les retrouvailles de l’acteur avec son presque homonyme Steve Carell. Or non seulement Maxime Le Mal n’a pas du tout les traits de Ferrell (c’était d’ailleurs le cas dans « Megamind », autre sous-« Indestructibles »), ce qui fait qu’on doit se passer de la gestuelle particulière de l’acteur, de ses yeux de dingue – avec Alex Lutz à la VF, ça passe un peu mieux…. Mais en plus ses aptitudes sont elles-mêmes sous-employées.
Il est à peu près français, bof. Il s’est greffé des pouvoirs de cafard (banal) et ne fait rien de dégoûtant, rien qui puisse tester sa résistance à tout, rien de kafkaïen.
Il va surtout passer sont temps à traquer Gru, en cassant quelques trucs au passage et en se plaignant.
Et son armée de bestioles casquées ne va même pas se battre contre les Minions ?! Ça sent les scènes coupées sous l’autel du rythme.
–
Reste deux autres segments parallèles, un peu plus consistants, dont l’un où les Minions vont être transformés par l’agence AVL en super-héros (Enfin ils émergent !.. mais on n’expliquera pas pourquoi ça a mis autant de temps). Sauf que comme ce sont des catastrophes ambulantes, ceux-ci vont devenir un commentaire sur les adaptations de super-héros, de plus en plus rejetées par un public énervé, et c’est un peu plus pertinent que chez les justiciers de Brad Bird. Même si étonnamment, les pouvoirs qui sont parodiés désignent directement Superman, les 4 Fantastiques, Hulk et les X-Men… Soit que des franchises absentes au cinéma depuis des années, et longtemps très difficile à monter (maintenant ça va plutôt faire office de teasers pour leur prochain retour).
L’autre segment se consacre à Gru chef de famille essayant d’avoir une vie normale. Et aussi en tant que mentor d’une nouvelle génération.
Si les gags avec son bébé ont encore un air des Indestructibles, n’apportant rien de neuf, le plus intéressant réside dans la relation qu’il va nouer avec une adolescente voulant elle-même devenir une vilaine. Non seulement la façon dont elle va l’obliger à lui faire commettre un casse a quelque chose de malsain – la scène où elle lui fait du chantage en faisant de la balançoire en rythme, limite choquante… Mais en plus il ne lui fera aucune leçon de morale, ne la dissuadera pas, quand bien même ils vont s’attaquer à son ancienne école de vilains.
–
Hélas ça ne sera pas développé bien loin, les personnages éviteront encore de se poser quelques minutes pour réfléchir à leur statut actuel, à leurs possibilités. Le film devant avant tout satisfaire un public majoritairement enfantin et décontracté, qui veut que ça aille vite, que ça pète de couleurs, que ça soit découpé en de multiples gags et tant pis s’il n’y a pas de liant entre eux, tant pis si la notion de danger y est très relative…
À la fin tous applaudiront alors que tout rentre dans l’ordre en chansons (vintage), allant même jusqu’à suggérer une conclusion définitive alors que plusieurs guest-stars passeront une tête (mais pas la voix), histoire de montrer que le Bien triomphe toujours du Mal.
Et on peut se dire que ça que correspond à une vision du monde, non pas de Illumination mais carrément du studio Universal et toutes ses franchises, tous ses films, que ce soit les Fast and Furious, les Jurassic et même « Oppenheimer » !
À savoir que la famille c’est plus important que tout, même si on a de la difficulté à s’aimer sincèrement. Et les armes de destruction massives doivent être contrôlées à tout prix… et c’est tout.
Pas énorme comme propos, mais ça n’empêche pas les énormes cartons au box office.
Et le patron Bob Iger voudrait que Disney aille vers ce modèle là, ultra inoffensif ?!
–
Pillule Rouge, vite !
C’est pour moi le plus mauvais des quatre. Bof bof bof. Grosse déception. Pas mauvais.. A regarderà la télé.
Mon analyse est enregistrée et sera continuellement republiée jusqu’à ce qu’elle ne bouge plus… On ne plaisante avec la liberté de réfléchir.
– « Choisis la pilule bleue et tout s’arrête, après tu pourras faire de beaux rêves et penser ce que tu veux. Choisis la pilule rouge : tu restes au Pays des Merveilles et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre…
– Euh, et si je prenais cette autre couleur primaire, la pillule jaune, qu’est-ce qui va se passer ?? »
Et bien les Minions, voilà ce qui est arrivé… Soit un mélange d’anarchie surréaliste et de confort pépère, ce qui est évidemment antinomique.
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Clairement, depuis 2010, les studios d’animation Illumination sont un sous-Pixar. À l’un une lampe vivante en guise d’emblème, une seule ampoule allumée (symbole d’une idée émergente). À l’autre un logo illuminé en grosses lettres… et des idées écrites à gros traits, ainsi que des histoires qui ne racontent pas grand chose.
Couleurs bonbon (un peu comme pour « Toy Story »), identité américaine très marquée (comme DreamWorks), références Rétro, jolies chansons de Pharrell Williams, rythme cartoonesque et parodique digne des meilleurs courts-métrages animés – sauf que ce sont censés être des films.
Et leur opus inaugural, « Moi, moche et méchant », d’être un sous-« Indestructibles »… Mais avec un côté politiquement incorrect qui le rendait savoureux, moins conservateur – forcément, c’est un projet français à la base : un univers avec plein de super-vilains, mais sans le moindre super-héros… un protagoniste principal qui correspond au cliché de l’ennemi venu de l’Est au gros accent (entre Dracula et Blofeld – ou le Dr Denfer en l’occurrence)… des petites créatures absurdes qui font leur show de leur côté… un mauvais esprit et beaucoup de burlesque…
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Tout était dit en un seul film, où Gru préférera se fabriquer une vraie famille à partir d’une fausse, plutôt que d’accéder à une gloire de toute façon éphémère.
Qu’à cela ne tienne, il y aura quand-même des suites… comme tous les films Illumination (les quatre mêmes franchises, entrecoupées de quelques adaptations de Dr Seuss et peu de films autonomes), chaque nouvel opus tournera en rond et plongera de plus en plus Gru dans la moralité :
Impossible qu’il n’y ait que des super-vilains sans personne pour agir, il faut une super-agence, et donc Gru qui les rejoint…
Impossible d’être un père célibataire, il faut qu’il rencontre l’amour, et donc offre une mère à ses filles…
Impossible de rester un cliché sur pattes, on lui offre donc une jeunesse dans des spin-offs (certes plus centrés sur les Minions) et une famille un peu plus étendue…
Obligé de faire un énième volet (toujours facilement rentable), le studio répète sa formule et déçoit tout le temps artistiquement, en s’interdisant de développer des idées pourtant intéressantes.
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Alors pour le quatrième film on se retrouve à nouveau avec une histoire éclatée entre les différents membres du groupe, toujours au détriment de personnages féminins qui n’ont pas grand chose à faire alors que l’intrigue les pousse à changer de vie et devenir des témoins protégés, à cause de la menace d’un vilain sur toute leur famille. Quelqu’un censé être encore plus méchant que les autres, surtout parce qu’il veut voler et convertir un bébé.
Insatisfaction pour ce Maxime Le Mal : non seulement il est conçu sur le même modèle que de précédents adversaires de Gru – des envieux se comportant de manière infantile… Mais en plus c’est Will Ferrell qui le joue, soit les retrouvailles de l’acteur avec son presque homonyme Steve Carell. Or non seulement Maxime Le Mal n’a pas du tout les traits de Ferrell (c’était d’ailleurs le cas dans « Megamind », autre sous-« Indestructibles »), ce qui fait qu’on doit se passer de la gestuelle particulière de l’acteur, de ses yeux de dingue – avec Alex Lutz à la VF, ça passe un peu mieux…. Mais en plus ses aptitudes sont elles-mêmes sous-employées.
Il est à peu près français, bof. Il s’est greffé des pouvoirs de cafard (banal) et ne fait rien de dégoûtant, rien qui puisse tester sa résistance à tout, rien de kafkaïen.
Il va surtout passer sont temps à traquer Gru, en cassant quelques trucs au passage et en se plaignant.
Et son armée de bestioles casquées ne va même pas se battre contre les Minions ?! Ça sent les scènes coupées sous l’autel du rythme.
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Reste deux autres segments parallèles, un peu plus consistants, dont l’un où les Minions vont être transformés par l’agence AVL en super-héros (Enfin ils émergent !.. mais on n’expliquera pas pourquoi ça a mis autant de temps). Sauf que comme ce sont des catastrophes ambulantes, ceux-ci vont devenir un commentaire sur les adaptations de super-héros, de plus en plus rejetées par un public énervé, et c’est un peu plus pertinent que chez les justiciers de Brad Bird. Même si étonnamment, les pouvoirs qui sont parodiés désignent directement Superman, les 4 Fantastiques, Hulk et les X-Men… Soit que des franchises absentes au cinéma depuis des années, et longtemps très difficile à monter (maintenant ça va plutôt faire office de teasers pour leur prochain retour).
L’autre segment se consacre à Gru chef de famille essayant d’avoir une vie normale. Et aussi en tant que mentor d’une nouvelle génération.
Si les gags avec son bébé ont encore un air des Indestructibles, n’apportant rien de neuf, le plus intéressant réside dans la relation qu’il va nouer avec une adolescente voulant elle-même devenir une vilaine. Non seulement la façon dont elle va l’obliger à lui faire commettre un casse a quelque chose de malsain – la scène où elle lui fait du chantage en faisant de la balançoire en rythme, limite choquante… Mais en plus il ne lui fera aucune leçon de morale, ne la dissuadera pas, quand bien même ils vont s’attaquer à son ancienne école de vilains.
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Hélas ça ne sera pas développé bien loin, les personnages éviteront encore de se poser quelques minutes pour réfléchir à leur statut actuel, à leurs possibilités. Le film devant avant tout satisfaire un public majoritairement enfantin et décontracté, qui veut que ça aille vite, que ça pète de couleurs, que ça soit découpé en de multiples gags et tant pis s’il n’y a pas de liant entre eux, tant pis si la notion de danger y est très relative…
À la fin tous applaudiront alors que tout rentre dans l’ordre en chansons (vintage), allant même jusqu’à suggérer une conclusion définitive alors que plusieurs guest-stars passeront une tête (mais pas la voix), histoire de montrer que le Bien triomphe toujours du Mal.
Et on peut se dire que ça que correspond à une vision du monde, non pas de Illumination mais carrément du studio Universal et toutes ses franchises, tous ses films, que ce soit les Fast and Furious, les Jurassic et même « Oppenheimer » !
À savoir que la famille c’est plus important que tout, même si on a de la difficulté à s’aimer sincèrement. Et les armes de destruction massives doivent être contrôlées à tout prix… et c’est tout.
Pas énorme comme propos, mais ça n’empêche pas les énormes cartons au box office.
Et le patron Bob Iger voudrait que Disney aille vers ce modèle là, ultra inoffensif ?!
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Pillule Rouge, vite !
– « Choisis la pilule bleue et tout s’arrête, après tu pourras faire de beaux rêves et penser ce que tu veux. Choisis la pilule rouge : tu restes au Pays des Merveilles et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre…
– Euh, et si je prenais cette autre couleur primaire, la pillule jaune, qu’est-ce qui va se passer ?? »
Et bien les Minions, voilà ce qui est arrivé… Soit un mélange d’anarchie surréaliste et de confort pépère, ce qui est évidemment antinomique.
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Clairement, depuis 2010, les studios d’animation Illumination sont un sous-Pixar. À l’un une lampe vivante en guise d’emblème, une seule ampoule allumée (symbole d’une idée émergente). À l’autre un logo illuminé en grosses lettres… et des idées écrites à gros traits, ainsi que des histoires qui ne racontent pas grand chose.
Couleurs bonbon (un peu comme pour « Toy Story »), identité américaine très marquée (comme DreamWorks), références Rétro, jolies chansons de Pharrell Williams, rythme cartoonesque et parodique digne des meilleurs courts-métrages animés – sauf que ce sont censés être des films.
Et leur opus inaugural, « Moi, moche et méchant », d’être un sous-« Indestructibles »… Mais avec un côté politiquement incorrect qui le rendait savoureux, moins conservateur – forcément, c’est un projet français à la base : un univers avec plein de super-vilains, mais sans le moindre super-héros… un protagoniste principal qui correspond au cliché de l’ennemi venu de l’Est au gros accent (entre Dracula et Blofeld – ou le Dr Denfer en l’occurrence)… des petites créatures absurdes qui font leur show de leur côté… un mauvais esprit et beaucoup de burlesque…
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Tout était dit en un seul film, où Gru préférera se fabriquer une vraie famille à partir d’une fausse, plutôt que d’accéder à une gloire de toute façon éphémère.
Qu’à cela ne tienne, il y aura quand-même des suites… comme tous les films Illumination (les quatre mêmes franchises, entrecoupées de quelques adaptations de Dr Seuss et peu de films autonomes), chaque nouvel opus tournera en rond et plongera de plus en plus Gru dans la moralité :
Impossible qu’il n’y ait que des super-vilains sans personne pour agir, il faut une super-agence, et donc Gru qui les rejoint…
Impossible d’être un père célibataire, il faut qu’il rencontre l’amour, et donc offre une mère à ses filles…
Impossible de rester un cliché sur pattes, on lui offre donc une jeunesse dans des spin-offs (certes plus centrés sur les Minions) et une famille un peu plus étendue…
Obligé de faire un énième volet (toujours facilement rentable), le studio répète sa formule et déçoit tout le temps artistiquement, en s’interdisant de développer des idées pourtant intéressantes.
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Alors pour le quatrième film on se retrouve à nouveau avec une histoire éclatée entre les différents membres du groupe, toujours au détriment de personnages féminins qui n’ont pas grand chose à faire alors que l’intrigue les pousse à changer de vie et devenir des témoins protégés, à cause de la menace d’un vilain sur toute leur famille. Quelqu’un censé être encore plus méchant que les autres, surtout parce qu’il veut voler et convertir un bébé.
Insatisfaction pour ce Maxime Le Mal : non seulement il est conçu sur le même modèle que de précédents adversaires de Gru – des envieux se comportant de manière infantile… Mais en plus c’est Will Ferrell qui le joue, soit les retrouvailles de l’acteur avec son presque homonyme Steve Carell. Or non seulement Maxime Le Mal n’a pas du tout les traits de Ferrell (c’était d’ailleurs le cas dans « Megamind », autre sous-« Indestructibles »), ce qui fait qu’on doit se passer de la gestuelle particulière de l’acteur, de ses yeux de dingue- avec Alex Lutz à la VF, ça passe un peu mieux…. Mais en plus ses aptitudes sont elles-mêmes sous-employées.
Il est à peu près français, bof. Il s’est greffé des pouvoirs de cafard (banal) et ne fait rien de dégoûtant, rien qui puisse tester sa résistance à tout, rien de kafkaïen.
Il va surtout passer sont temps à traquer Gru, en cassant quelques trucs au passage et en se plaignant.
Et son armée de bestioles casquées ne va même pas se battre contre les Minions ?! Ça sent les scènes coupées sous l’autel du rythme.
–
Reste deux autres segments parallèles, un peu plus consistants, dont l’un où les Minions vont être transformés par l’agence AVL en super-héros (Enfin ils émergent !.. mais on n’expliquera pas pourquoi ça a mis autant de temps). Sauf que comme ce sont des catastrophes ambulantes, ceux-ci vont devenir un commentaire sur les adaptations de super-héros, de plus en plus rejetées par un public énervé, et c’est un peu plus pertinent que chez les justiciers de Brad Bird. Même si étonnamment, les pouvoirs qui sont parodiés désignent directement Superman, les 4 Fantastiques, Hulk et les X-Men… Soit que des franchises absentes au cinéma depuis des années, et longtemps très difficile à monter (maintenant ça va plutôt faire office de teasers pour leur prochain retour).
L’autre segment se consacre à Gru chef de famille essayant d’avoir une vie normale. Et aussi en tant que mentor d’une nouvelle génération.
Si les gags avec son bébé ont encore un air des Indestructibles, n’apportant rien de neuf, le plus intéressant réside dans la relation qu’il va nouer avec une adolescente voulant elle-même devenir une vilaine. Non seulement la façon dont elle va l’obliger à lui faire commettre un casse a quelque chose de malsain – la scène où elle lui fait du chantage en faisant de la balançoire en rythme, limite choquante… Mais en plus il ne lui fera aucune leçon de morale, ne la dissuadera pas, quand bien même ils vont s’attaquer à son ancienne école de vilains.
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Hélas ça ne sera pas développé bien loin, les personnages éviteront encore de se poser quelques minutes pour réfléchir à leur statut actuel, à leurs possibilités. Le film devant avant tout satisfaire un public majoritairement enfantin et décontracté, qui veut que ça aille vite, que ça pète de couleurs, que ça soit découpé en de multiples gags et tant pis s’il n’y a pas de liant entre eux, tant pis si la notion de danger y est très relative…
À la fin tous applaudiront alors que tout rentre dans l’ordre en chansons (vintage), allant même jusqu’à suggérer une conclusion définitive alors que plusieurs guest-stars passeront une tête (mais pas la voix), histoire de montrer que le Bien triomphe toujours du Mal.
Et on peut se dire que c’est à ça que correspond à une vision du monde, non pas de Illumination mais carrément du studio Universal et toutes ses franchises, tous ses films, que ce soit les Fast and Furious, les Jurassic et même « Oppenheimer » !
À savoir que la famille c’est plus important que tout, même si on a de la difficulté à s’aimer sincèrement. Et les armes de destruction massives doivent être contrôlées à tout prix… et c’est tout.
Pas énorme comme propos, mais ça n’empêche pas les énormes cartons au box office.
Et le patron Bob Iger voudrait que Disney aille vers ce modèle là, ultra inoffensif ?!
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Pillule Rouge, vite !
– « Choisis la pilule bleue et tout s’arrête, après tu pourras faire de beaux rêves et penser ce que tu veux. Choisis la pilule rouge : tu restes au Pays des Merveilles et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre…
– Euh, et si je prenais cette autre couleur primaire, la pillule jaune, qu’est-ce qui va se passer ?? »
Et bien les Minions, voilà ce qui est arrivé… Soit un mélange d’anarchie surréaliste et de confort pépère, ce qui est évidemment antinomique.
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Clairement, depuis 2010, les studios d’animation Illumination sont un sous-Pixar. À l’un une lampe vivante en guise d’emblème, une seule ampoule allumée (symbole d’une idée émergente). À l’autre un logo illuminé en grosses lettres… et des idées écrites à gros traits, ainsi que des histoires qui ne racontent pas grand chose.
Couleurs bonbon (un peu comme pour « Toy Story »), identité américaine très marquée (comme DreamWorks), références Rétro, jolies chansons de Pharrell Williams, rythme cartoonesque et parodique digne des meilleurs courts-métrages animés – sauf que ce sont censés être des films.
Et leur opus inaugural, « Moi, moche et méchant », d’être un sous-« Indestructibles »… Mais avec un côté politiquement incorrect qui le rendait savoureux, moins conservateur – forcément, c’est un projet français à la base : un univers avec plein de super-vilains, mais sans le moindre super-héros… un protagoniste principal qui correspond au cliché de l’ennemi venu de l’Est au gros accent (entre Dracula et Blofeld – ou le Dr Denfer en l’occurrence)… des petites créatures absurdes qui font leur show de leur côté… un mauvais esprit et beaucoup de burlesque…
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Tout était dit en un seul film, où Gru préférera se fabriquer une vraie famille à partir d’une fausse, plutôt que d’accéder à une gloire de toute façon éphémère.
Qu’à cela ne tienne, il y aura quand-même des suites… comme tous les films Illumination (les quatre mêmes franchises, entrecoupées de quelques adaptations de Dr Seuss et peu de films autonomes), chaque nouvel opus tournera en rond et plongera de plus en plus Gru dans la moralité :
Impossible qu’il n’y ait que des super-vilains sans personne pour agir, il faut une super-agence, et donc Gru qui les rejoint…
Impossible d’être un père célibataire, il faut qu’il rencontre l’amour, et donc offre une mère à ses filles…
Impossible de rester un cliché sur pattes, on lui offre donc une jeunesse dans des spin-offs (certes plus centrés sur les Minions) et une famille un peu plus étendue…
Obligé de faire un énième volet (toujours facilement rentable), le studio répète sa formule et déçoit tout le temps artistiquement, en s’interdisant de développer des idées pourtant intéressantes.
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Alors pour le quatrième film on se retrouve à nouveau avec une histoire éclatée entre les différents membres du groupe, toujours au détriment de personnages féminins qui n’ont pas grand chose à faire alors que l’intrigue les pousse à changer de vie et devenir des témoins protégés, à cause de la menace d’un vilain sur toute leur famille. Quelqu’un censé être encore plus méchant que les autres, surtout parce qu’il veut voler et convertir un bébé.
Insatisfaction pour ce Maxime Le Mal : non seulement il est conçu sur le même modèle que de précédents adversaires de Gru – des envieux se comportant de manière infantile… Mais en plus c’est Will Ferrell qui le joue, soit les retrouvailles de l’acteur avec son presque homonyme Steve Carell. Or non seulement Maxime Le Mal n’a pas du tout les traits de Ferrell (c’était d’ailleurs le cas dans « Megamind », autre sous-« Indestructibles »), ce qui fait qu’on doit se passer de la gestuelle particulière de l’acteur, de ses yeux de dingue- avec Alex Lutz à la VF, ça passe un peu mieux…. Mais en plus ses aptitudes sont elles-mêmes sous-employées.
Il est à peu près français, bof. Il s’est greffé des pouvoirs de cafard (banal) et ne fait rien de dégoûtant, rien qui puisse tester sa résistance à tout, rien de kafkaïen.
Il va surtout passer sont temps à traquer Gru, en cassant quelques trucs au passage et en se plaignant. Et son armée de bestioles casquées ne va même pas se battre contre les Minions ?!
Ça sent les scènes coupées sous l’autel du rythme.
–
Reste deux autres segments parallèles, un peu plus consistants, dont l’un où les Minions vont être transformés par l’agence AVL en super-héros (Enfin ils émergent !.. mais on n’expliquera pas pourquoi ça a mis autant de temps). Sauf que comme ce sont des catastrophes ambulantes, ceux-ci vont devenir un commentaire sur les adaptations de super-héros, de plus en plus rejetées par un public énervé et un peu plus pertinent que chez les justiciers de Brad Bird. Même si étonnamment, les pouvoirs qui sont parodiés désignent directement Superman, les 4 Fantastiques, Hulk et les X-Men… Soit que des franchises absentes au cinéma depuis des années, et longtemps très difficile à monter (maintenant ça va plutôt faire office de teasers pour leur prochain retour).
L’autre segment se consacre à Gru chef de famille essayant d’avoir une vie normale. Et aussi en tant que mentor d’une nouvelle génération.
Si les gags avec son bébé ont encore un air des Indestructibles, n’apportant rien de neuf, le plus intéressant réside dans la relation qu’il va nouer avec une adolescente voulant elle-même devenir une vilaine. Non seulement la façon dont elle va l’obliger à lui faire commettre un casse a quelque chose de malsain – la scène où elle lui fait du chantage en faisant de la balançoire en rythme, limite choquante… Mais en plus il ne lui fera aucune leçon de morale, ne la dissuadera pas, quand bien même ils vont s’attaquer à son ancienne école de vilains.
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Hélas ça ne sera pas développé bien loin, les personnages éviteront encore de se poser quelques minutes pour réfléchir à leur statut actuel, à leurs possibilités. Le film devant avant tout satisfaire un public majoritairement enfantin et décontracté, qui veut que ça aille vite, que ça pète de couleurs, que ça soit découpé en de multiples gags et tant pis s’il n’y a pas de liant entre eux, tant pis si la notion de danger y est très relative…
À la fin tous applaudiront alors que tout rentre dans l’ordre en chansons (vintage), allant même jusqu’à suggérer une conclusion définitive alors que plusieurs guest-stars passeront une tête (mais pas la voix), histoire de montrer que le Bien triomphe toujours du Mal.
Et on peut se dire que c’est à ça que correspond à une vision du monde, non pas de Illumination mais carrément du studio Universal et toutes ses franchises, tous ses films, que ce soit les Fast and Furious, les Jurassic et même « Oppenheimer » !
À savoir que la famille c’est plus important que tout, même si on a de la difficulté à s’aimer sincèrement. Et les armes de destruction massives doivent être contrôlées à tout prix… et c’est tout.
Pas énorme comme propos, mais ça n’empêche pas les énormes cartons au box office.
Et le patron Bob Iger voudrait que Disney aille vers ce modèle là, ultra inoffensif ?!
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Pillule Rouge, vite !
Moi j’adooooooooore les minions … et les retrouver au cinéma avec mes enfants était parfait.
On a tous passé une belle séance et c’est ça qui compte.
Ma seule déception est de rendre gru de plus en plus lisse. Le rendre plus politiquement correct.
Voili voilou.
critique sponsorisée ? je connaissais pas …donc si vous aimez le film mais que la production refuse de payer, vous parlez pas du film ?
C’est dommage que vous n’aillez pas aborder le fan service abusif à la tout fin du film en ramenant des méchants sans aucun raison juste pour les faire danser ( en l’occurrence El Macho et non Muchacho, mort dans le 2ème opus qui ressuscite sans aucune raison ou encore Vector qui aux dernières nouvelles était censé être bloqué sur Mars ).
Et puis sérieusement je ne vois pas en quoi il déjoue nos attentes, tout comme Kung-fu Panda 4 c’est juste assez insipide ce qu’on nous vend, il aurait également fallu aborder les blagues ou références « pour les adultes » comme la vanne de l’essence ou encore la critique qui est faite par rapport à certaines femmes superficielles ( comme la copine de Maxime par exemple )