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Mad Max : Fury Road – critique du tonnerre

Par Simon Riaux
2 février 2023
MAJ : 4 mai 2024
25 commentaires

Fantasme de cinéphile depuis son annonce, phénomène de cinéma d’action, Mad Max : Fury Road de George Miller a explosé les rétines des Festivaliers Cannois (dont les nôtres) lors de sa présentation, et continue de le faire aujourd’hui. George Miller est de retour, et il met tout le monde à genoux la main sur le cœur.

photo, Tom Hardy

WHAT A LOVELY MOVIE

Certains se demanderont pourquoi ce nouvel épisode des aventures du Road Warrior développe en apparence très peu la mythologie initiée par son auteur, se contentant d’une « simple » déclinaison de son univers apocalyptique, de ses factions, de ses gangs de barbares motorisés. C’est pourtant une des grandes idées du film, sinon son concept central.

La trilogie originelle avait inconsciemment annoncé et accompagné la disparition d’un certain cinéma hollywoodien. En suivant Max, nous assistions à la fin d’une civilisation en mal de pétrole, tandis que le 7ème art voyait se standardiser et péricliter une certaine idée du divertissement. Il est donc logique que Mad Max : Fury Road se déroule en plein désert, dans un monde réduit à sa plus simple expression, océan de sable calciné. Ce théâtre de la désolation n’est pas seulement le décor du film, il est aussi l’allégorie du blockbuster actuel, vaste étendue asséchée, stérile.

 

photo, Tom HardyOn y va au Max

 

Un petit monde que George Miller se propose de pulvériser avec une maestria incroyable. En organisant tel un opéra hystérique une interminable course poursuite, à peine interrompue par une brève respiration aux deux tiers du récit, le réalisateur roule littéralement sur la concurrence, écrase ses méthodes, ses réflexes et ses clichés.

De cascades jamais vues auparavant en idées de mise en scène frisant le génie, le film parvient paradoxalement à une bouleversante épure. Quasiment dénué de dialogues, le métrage se focalise ainsi sur le moindre geste, la plus petite inflexion musculaire, conférant à chaque personnage une présence physique palpable. Dès lors, il n’est plus besoin de mots pour que des émotions à l’impact surpuissant traversent l’écran pour se graver directement dans la rétine du spectateur.

 

photo, Charlize TheronIci, que du Diesel et pas de Vin

 

CINEMA FURIOSA

Si l’ensemble est une performance technique qui confine au sublime, George Miller sait aussi se faire directeur d’acteur. On ne s’étonnera pas de retrouver ce Tom Hardy taiseux et vulnérable, dont les muscles semblent gonfler de peur et d’angoisses, en revanche, on demeure stupéfait par la performance de Charlize Theron. Ceux qui lui prédisaient une gamelle publique semblable à Prometheus en seront pour leur frais. Animale, enragée et à fleur de peau, elle nous offre une performance incandescente.

 

Photo Tom HardyVROUM VROUM LA CONCURRENCE

 

Difficile d’analyser l’œuvre après un unique visionnage, tant son apparente simplicité s’avère un piège merveilleux, qui lui permet de convoquer de multiples strates qui rejouent et déjouent l’essence du cinéma d’action. À l’image de ces destins que le scénario manipule parfaitement, Mad Max : Fury Road épouse les carcans du genre, décompose les passages obligés, tord les poncifs. C’est peut-être là ce qui fait la valeur du film, au-delà de sa stricte perfection technique : sa capacité à pousser le cinéma dans ses derniers retranchements en l’abordant par son versant le plus commun, à savoir le pur divertissement.

 

Affiche fr

Rédacteurs :
Résumé

MAD MAX : FURY ROAD EST UNE BAFFE COSMIQUE. FAITES-VOUS PORTER PÂLE, ABANDONNEZ VOS ENFANTS, QUITTEZ LE BUREAU, ANNULEZ VOS RENDEZ-VOUS ET REGARDEZ LE AU PLUS VITE.

Autres avis
  • Geoffrey Crété

    George Miller dirige la ferraille, les flammes, les corps en sueur et les vapeurs d'essence comme autant d'instruments pour composer une symphonie enragée. C'est souvent brillant, parfois stupéfiant, toujours magnifique.

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Commentaires
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tonton@strange-movies

Une baffe… C est le terme exact… Du jamais vu et une qualité à tout niveau avec en plus un rythme effréné et une photo de toute beauté. Vivement la suite !

sylvinception

5 étoiles par ici, « chef-d’oeuvre » par là… Bon.
Une grosse claque, c’est clair et net.
Maintenant, un peu d’objectivité ne faisant jamais de mal, revenons un peu sur les défauts du film – et il n’en manque pas.
– La 3D était tout sauf « essentielle » pour un tel film, certains effets sont bien foireux, d’autres inutiles, souvent les deux, enfin faut bien faire gonfler le prix du billet, et je préfère donc penser que c’est le seul « compromis » de papy Miller à la Warner en échange d’une totale liberté pour faire le film… Un seul avantage, celui de rendre les fameux « flashbacks » de Max plus « supportable », vu qu’ils sont tout bonnement ridicules en 2D.
– une bande de top-modèles têtes à claques, engagées avant tout pour pour le public masculin (chacun ses goûts vous me direz…), et qui surtout ne savent pas vraiment jouer la comédie. Par ailleurs ceux qui crie au film « féministe » me font bien rire, car si on résume, dans le film c’est « t’es pas canon et anorexique ?? Ben t’es dans la merde ma fille!! » mdr
– Tom Hardy, malgré toute l’admiration que j’ai pour lui, n’a que partiellement les épaules pour assumer le passage de témoin avec l’icône Mel, et le perso de Max est trop en retrait dans le film – oui je sais, c’est le film de Charlize, mais quand même.
– Et enfin, le plus agaçant sont les références à « Beyond Thunderdome », beaucoup trop évidentes… Au point d’avoir souvent l’impression d’être devant le remake de « MM3 » – ce qui ne serait pas illogique dans le fond, puisque Miller n’a jamais caché être « insatisfait » par ce dernier.
MAIS CECI DIT… il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas admettre que, malgré ses défauts, « Fury Road » enterre tout ce qui s’est fait en terme de blockbuster d’action ces dernières années!!
Généreux, audacieux, jouissif, mis en scène avec tellement de panache qu’on a clairement l’impression d’être trainé dans le sable pendant 2 heures. On sort de la salle lessivé…
Même si pour ma part je m’arrêterais à 4 étoiles, ce qui est largement suffisant, et surtout plus conforme au résultat final, le film n’étant de toute façon pas supérieur à « Mad Max 2 », en tout cas à mon avis. Et de toute façon j’aurais toujours un gros faible pour le premier film, qui est « à part » dans la série…

Touco

j’aurai mis 4 etoiles aussi.
certes c’est dantesque, haletant, visuellement revolutionnaire.
certes Miller reussi le tour de force d’imposer un univers fascinant en 2h.
mais… Le scenario est tres leger. Alors il faut savoir l »accepter pour apprecier ce voyage au bout de l’enfer a sa juste valeur.

ATTENTION SPOILER

parce qu au 3/4 de film, s’entendre dire « bon les gars, on fait demi tour? »
j’avoue j’ai trouvé un peu ca leger.

Caracalla

Mais qu’est-ce que ça me gave d’entendre que le scénario de Gravity, Fury Road ou autres sont légers … Épurés serait bien plus justes.

Mais surtout ma réponse à ça : C’est du cinéma d’action ! Les personnages se définissent dans l’action, et beaucoup d’éléments sont implicites ! Les enjeux, le sous texte, tout se comprend à l’aune de l’image exclusivement. Ne serait-ce pas là la putain de définition du putain de cinéma … Putain ! Raconter par l’image. Donc pas besoin d’une tétra-chier de dialogues paraphrasant l’image ? Ou encore de mille twists de merde caches misères ?

Et Touco : Dans l’univers très phallocrate de Fury Road, tu ne vois vraiment pas l’intérêt de montrer le groupe de femmes faire volte-face, combattre leurs oppresseurs et leur reprendre le pouvoir ? Sérieux, ça te semble gratuit ?

C’est ça le problème, c’est que le scénario et l’univers de ces 2 films sont riches et lourds de sens. Mais il faudrait une foutue voix off pour tout expliquer chez la plupart des gens.

Touco

Chere Caracalla,
ton commentaire m’a un peu estomaqué… Je l’avoue.
A me me demander comment on peut avoir une telle agressivité au sujet d’un « film »
C’est con mais j’ai envie de dire « pourquoi tant de haine? » 🙂
apres tu as peut etre des soucis perso en ce moment, mais ca ne me regarde pas.
Je n’ai fais qu’exprimer mon opinion sur le film que, je te rappelle, j’ai beaucoup aimé (voir l’integralité de mon commentaire precedent).

bonne fin de we! 🙂