À coup d’excès répétitifs, les scènes s’enchaînent et se ressemblent, vague succession des hauts faits de « fils de » pourris gâtés. Dès les premières minutes, on est agressé par la volonté de la mise en scène de nous dépeindre des personnages détestables. Un objectif atteint, mais au prix d’une enfilade de stéréotypes déjà vus mille fois.
Succession de bitures et de grands discours, beuveries de luxe, jeu déplorable de certains acteurs, manque de rythme et de rebondissements, difficile de faire l’impasse sur les nombreux défauts du film. Une simplification des enjeux qui culmine lors d’une cette scène du dîner où, pour illustrer la lutte des classes, la réalisatrice enchaîne les allers retours entre les déboires des membres du club, et les serveurs désemparés par les agissements de ces aristos décadents. Ce procédé, aux ficelles terriblement grossières, s’avère pesant, comme la majorité du film.
Au terme d’1h45 sans relief, le film ne convainc donc pas. En revanche, on retiendra l’immersion totale dans ce Riot Club particulièrement claustrophobique. Et si le film ne parvient pas à convaincre dans sa dénonciation sociale maladroite, sa dimension morale, elle est plutôt réussie. Grâce au charisme de certains comédiens, qui nous permettent de dépasser les limites évidentes du projet, nous est donné à ressentir le vertige de ces jeunes gens, dont le monde semble à porter de main.