Critique : Runaway Train

Tonton BDM | 2 septembre 2013
Tonton BDM | 2 septembre 2013

Si d'aventure, vers la fin des années 80, vous aviez émis l'idée qu'un film de la Cannon produit par Yoram Globus et Menahem Golan ferait l'objet d'une reprise dans les salles françaises trente ans après sa sortie, il y a fort à parier qu'on vous aurait copieusement ri au nez, avant de vous blacklister de toutes les listes de personnes fréquentables, vous forçant à rejoindre le rang des parjures et autres déficients intellectuels - ou assimilés - qui évoquaient à la même époque, dans le milieu musical, un possible retour d'Indochine sur le devant de la scène.

Aujourd'hui, vous pouvez redresser la tête mes amis, car en attendant une hypothétique reprise de Cobra dans nos cinémas (croisons les doigts !), c'est tout d'abord au tour du très agréable Runaway train, l'actioner cuvée 1985 de Golan-Globus, de repointer le bout de son nez ferrailleux dans les salles obscures. Une bonne nouvelle qui permettra aux retardataires de découvrir le premier effort d'Andrei Konchalovsky dans le thriller nerveux lorgnant vers le gros bourrinage, signé quelques années à peine avant son Tango & Cash, sur lequel il rencontrerait de nombreux problèmes et divergences de point de vue avec son producteur.

Allergiques aux années 80, passez votre chemin : Runaway train se savoure entre personnes de goût. Et pour ce faire, il vous faudra savoir apprécier à leur juste valeur plusieurs éléments capitaux du film d'action à l'ancienne. A savoir des héros musclés, exhibant sans complexe leurs muscles saillants et huilés (Eric Roberts s'offrait son petit moment de gloire lors d'un match de boxe où il affrontait, en prison bien sûr, un Danny Trejo qui n'avait pas encore rencontré Robert Rodriguez), une intrigue phallocentrée et linéaire, proche du buddy-movie avec un méchant sadique et impitoyable, et des lignes de dialogues essentiellement composées de grossièretés et autres punchlines tellement graveleuses et/ou misogynes qu'on oserait même plus les porter aujourd'hui sur un T-Shirt.

Bref, autant dire que ce n'est vraiment un film ni pour ma maman, ni pour les lecteurs de Positif, mais bel et bien le témoignage d'une époque révolue, où les héros de films d'action posaient littéralement leurs couilles sur la table entre deux éructations obscènes. Reste maintenant à ouvrir les paris : une rétrospective Dolph Lundgren à la Cinémathèque en 2015 ?

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