Les Misérables : critique

La Rédaction | 8 février 2013 - MAJ : 09/03/2021 15:58
La Rédaction | 8 février 2013 - MAJ : 09/03/2021 15:58

En ce début d'année, avec le flot continu de nouvelles sorties chaque mercredi et nos espoirs ou nos attentes de spectateur (si tant est qu'on en ait), on voit arriver les premières confirmations, les premières surprises mais aussi les déceptions et surtout les premiers navets. Et pour se consoler (si tant est qu'on en ait besoin), on se dit que le meilleur mais aussi le pire reste à venir et c'est ce qui fait tout le sel de l'année cinématographique en cours, sinon à quoi bon ? Mais dans le cas présent qui justifie et occupe l'intégralité de cette douloureuse chronique, on se dit qu'en fait non, le pire est déjà là et que cela va être difficile de rivaliser avec un tel prodige.

Il s'agit de l'adaptation non pas du roman mais de la comédie musicale d'origine française devenue mondialement célèbre après sa transposition anglophone à Broadway et qui détient paraît-il le record de durée d'exploitation continue (depuis octobre 1985) à Londres, que certains trouvaient déjà relativement médiocre voire irritante à certains moments. Mais sous l'effet loupe grossissante du médium cinématographique et sous la direction de Tom Hooper qui après le déjà très ingrat Discours d'un Roi (n'en déplaisent à la plupart des membres de la rédaction qui défendirent le film en son temps) prolonge et accentue son expérimentation formelle, que l'on pourrait qualifiée d'académico-baroque.

 

photo, Anne Hathaway

 

Académique dans son programme et son déroulement mais baroque dans son exécution technique et artistique, l'œuvre originale devient une chose absolument horripilante, exécrable, laide, vide, vaine, caricaturale, simpliste et à la limite de la bêtise, interminable de surcroît puisque les 2h30 donnent l'impression d'en durer le double voire le triple. Intrigue répétitive et ennuyeuse, artificialité/arbitraire de certains développements/évènements de l'histoire, personnages inexistants et qui n'ont pas le temps d'être incarnés (en particulier Javert qui à force de zèle incompréhensible se réduit à un robot), sujets principaux (la misère sociale, la rédemption, la cause anti-bourgeoise, l'insurrection républicaine de juin 1832) à peine esquissés.

 

photo

 

Il est vrai que certains de ces défauts étaient déjà présents dans le roman de Hugo et que l'on peut aisément lui préférer Les Grandes Espérances ou bien encore Oliver Twist dans le même genre, mais la force de la littérature va au-delà de la dramaturgie et la poésie de l'écrivain les transcendaient aisément au cours des 2000 pages (format poche) que compte le livre. Une fois extraite la substantifique moelle, réduite à un livret de comédie musicale et confiée à un artiste médiocre pour en assurer sa transposition sur la toile, le résultat en est logiquement catastrophique.

Pour donner une idée assez précise de la chose, il suffit d'imaginer une parodie des Misérables façon Saturday Night Live ou MadTV ou même Les Inconnus, pour rester en France, filmée comme un mix entre le formalisme débridée d'une production Tsui Hark des années 90 ou du Peter Jackson de Bad Taste à Braindead et la grandiloquence du même Peter Jackson mais version Seigneurs des Anneaux. Un mélange en somme assez déplaisant et indigeste qui fait de nous des...des...je vous le donne en mille !

 

photo, Sacha Baron Cohen, Helena Bonham Carter

 

Malgré tous ces désagréments, il faut tout de même reconnaître et saluer les acteurs qui s'en sortent plutôt bien dans la performance vocale surtout ceux dont ce n'est pas le premier des talents, contrairement à Amanda Seyfried dont on connaissait les capacités avec Mamma Mia et Hugh Jackman qui vient lui-même de l'univers de la comédie musicale. A noter également la présence clownesque et incongrue de Sasha Baron Cohen qui nous télé transporte dans un autre film à chaque fois qu'il apparaît à l'écran.

 

Affiche française

Résumé

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commentaires
olivier
26/02/2015 à 14:04

Artiste médioce? et bien vous, vous êtes un critique médiocre. Voilà bien facile de critiquer le travail des autres. exactement comme je viens de faire, sauf que je ne suis pas payé pour ça.
On peut ne pas apprécier un film, mais on peut reconnaitre le travail des uns et des autres sans le dénigrer comme vous le faite.

prétentieux et pitoyable.

PS : les 0 sur 5 étoiles, c'est pour vous.

olivier
26/02/2015 à 14:04

Artiste médioce? et bien vous, vous êtes un critique médiocre. Voilà bien facile de critiquer le travail des autres. exactement comme je viens de faire, sauf que je ne suis pas payé pour ça.
On peut ne pas apprécier un film, mais on peut reconnaitre le travail des uns et des autres sans le dénigrer comme vous le faite.

prétentieux et pitoyable.

PS : les 0 sur 5 étoiles, c'est pour vous.

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