Critique : Les Voisins de Dieu

Simon Riaux | 20 mai 2012
Simon Riaux | 20 mai 2012
Les Voisins de dieu est une comédie dramatique au thème peu courant, à savoir la recrudescence d'une certaine forme d'extrémisme religieux en Israël, celui d'une jeune génération, qui toute fétarde et souriante qu'elle soit, n'hésite pas à tancer celui qui contrevient aux règles supposées régir la communauté. Le sujet est difficile, rarement traité à l'écran, et trouver le ton juste était assurément la gageure à relever pour Meni Taesh, le réalisateur. Ce dernier parvient à emballer un film des plus intéressants, qui réussit justement là où on ne l'attendait pas.

C'est dans le registre funambule de la comédie que Les Voisins de dieu fait mouche le plus souvent. Car Avi, Kobi et Yaniv ont beau être les symptômes d'une société éclatée, aux repères identitaires bien plus flous qu'il n'y paraît, ce sont avant tout trois beaufs totalement déconnectés de la réalité capable de s'esbaudir frénétiquement sur des psaumes enveloppés de techno, ou d'attendre avec révérence des prêches que ne renierait pas Michael Bay. Incapable d'anticiper les conséquences de leurs actes, ce trio de prépuces nickelés amuse par le décalage incessant entre leurs intentions et leur comportement, leur attitude fiers à bras « justes » ultra-rigoristes mais particulièrement indulgents dès qu'il est question d'alcool ou de cannabis.

L'arc dramatique du film est hélas beaucoup plus faible, car convenu, et a du mal à maintenir notre intérêt, au contraire de l'histoire d'amour qui viendra bouleverser le fonctionnement du trio, d'une grande simplicité, mais dont l'interprétation et les soubresauts sonnent particulièrement juste. Si les tensions devaient bien sûr être représentées à l'écran, on aurait aimé qu'elles relèvent de mécaniques moins transparentes, et soient capable de jouer sur l'ambiguité propre à la partie humoristique, voire soient plus ouvertement contaminées par cette dernière. Mais en l'état, on ne peut qu'être reconnaissant envers Meni Yaesh de déminer avec une une sincère candeur nombre de conflits larvés qui animent son pays.

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