Critique : Le Cheval de Turin

Par La Rédaction
29 novembre 2011
MAJ : 25 février 2020
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Le film de Béla Tarr a divisé les deux membres de la rédaction qui l'avaient découvert au festival de Berlin en février dernier. D'où la présence d'un pour et d'un contre.

 

Pour :

Le film est librement inspiré par un épisode qui a marqué la fin de carrière de Friedrich Nietzsche lorsque le philosophe, en janvier 1889, se lance au cou d'un cheval maltraité par son cocher. Plongé dans le silence durant des jours à la suite de l'événement, Nietzsche sombra dans la démence et murmura « Nous ne savons pas ce qu'il est advenu du cheval » :

Sur cette base, qui constitue le prologue du film, Béla Tarr explore le destin du cocher, sa fille et son cheval, dans une atmosphère qui n'a rien à envier aux plus grands films sur la fin du monde. Isolés dans des conditions de misère absolue dans une maison où leur seul plat quotidien est une pomme de terre bouillie, père et fille n'ont que peu de marge de manœuvre dans leurs gestes quotidiens, limités presque à la survie et décrits avec une grande minutie par Béla Tarr. Le réalisateur hongrois conserve ici le style qui a fait sa réputation avec le noir et blanc, de longs plans-séquences et presque sans dialogues pour offrir un grand film qui fascine par sa lenteur et sa beauté apocalyptique époustouflante. (Martin Samper, 4,5/5).

 

Contre :

Malgré ses évidentes qualités plastiques à commencer par un noir & blanc somptueux, The Turin horse est aussi et avant tout un des films les plus ennuyeux du monde (146 minutes pour bien comprendre le cœur du problème). La proposition de cinéma de Béla Tarr est pour le moins radicale à l'image de son plan séquence inaugurale de 7 minutes permettant d'admirer un cheval avançant le long d'un chemin. Ou encore cet interminable plan fixe sur deux pommes de terre en train de cuire. Il y a des amateurs d'un tel spectacle comme le prouve l'accueil enthousiaste de la critique internationale au dernier festival de Berlin et son Ours d'argent récolté au Palmarès. Pour l'auteur de ces lignes, une telle austérité et radicalité, bien loin de celles, magnifiques, du cinéma de Tarkovski que l'on cite abusivement pour évoquer Béla Tarr, dépassent largement sa conception du cinéma. (Laurent Pécha, 1/5).

 

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