Films

Le Casse de Central Park : Critique

Par Simon Riaux
2 novembre 2011
MAJ : 18 mars 2024
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Difficile de voir d’un bon oeil l’arrivée d’un nouveau film dirigé par Brett Ratner, qui s’est jusqu’à présent illustré dans la comédie lourdingue (les Rush Hour) ou le sabordage en règle de franchise (Dragon Rouge, X-men : l’affrontement final). 

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Pourtant, l’affiche du Casse de Central Park a de quoi attiser la curiosité, la réunion de Ben Stiller et Eddie Murphy promettant beaucoup. Toutefois, l’ami Ratner semble définitivement doué pour rassembler les éléments épars d’une recette éculée, mais beaucoup moins capable de les conjuguer pour aboutir à un plat savoureux.

Qu’on ne s’y trompe pas, le film recèle son lot de moments savoureux. De la mine ahurie d’un Stiller s’improvisant braqueur malgré lui, en passant par le sauvetage désespéré d’une voiture de collection, sans oublier une initiation réussie au vol en plein supermarché, on a régulièrement droit à quelques plaisantes trouvailles. On est même surpris par certaines scènes et orientations choisies par le réalisateur, qui apparaît ici moins insincère et balourd qu’à l’accoutumée, et emballe une jolie scène de beuverie entre le personnage principal et Téa Léoni, où se mêlent avec réussite humour, séduction, et ébriété. Si elles ne sont pas légion, ces séquences parsèment le film et lui permettent de faire mouche.

 

 

 

On s’étonne même de voir le réalisateur emballer avec un joli rythme le casse tant attendu, mais ce regain de vigueur du côté de la mise en scène se paie par une paresse sidérante du script. On a beaucoup de mal à comprendre que la relation entre Murphy et Stiller soit à ce point sous-exploitée, les deux comiques n’ayant qu’une seule véritable scène de dialogue, qui fait office de très pâle copie de leur gammes respectives. Matthew Broderick et Casey Affleck ne sont pas mieux traités, et resteront des monuments de fadeur tout le long du film.

 

Rédacteurs :
Résumé

Sans surprise, ce nouveau Brett Ratner manque d'ambition, et s'il entend nous rappeler les glorieuses années 80, la comparaison ne se fait pas à son avantage. Le metteur en scène a pourtant pris soin d'en recycler les éléments, mais paraît se désintéresser de leurs interactions. Alors qu'il vient d'annoncer sa volonté de réaliser un thriller historique sur la traque de Eichmann, on peut sérieusement douter de la viabilité de l'entreprise, et espérer qu'elle n'amène pas à son auteur la respectabilité qui lui fait heureusement défaut.

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Flo 1

Brett Ratner essayant de s’acheter une certaine humilité (surtout quand ses comportements privés ont atteint une lourdeur fatigante). En se mettant cette fois au service d’un Ben Stiller chef de bande, pour une comédie de casse, au sous-genre social (dénoncer les riches qui s’engraissent sur le dos des modestes, et la revanche de ces derniers).
Si Casey Affleck et Matthew Broderick y excellent dans l’humour à contretemps, Eddy Murphy apparaît presque comme le double de Ratner, son intégration à l’équipe malgré son caractère peu recommandable étant un petit enjeu supplémentaire. Permettant d’avoir un Murphy plus dosé, ne tirant pas la couverture à lui comme dans ses années les plus pénibles… mais paradoxalement moins drôle, ne maniant pas l’excessivité comme quand il était au top. Idem pour Stiller, leur rencontre ne créant donc aucune étincelle, leurs personnages à peine liés par une enfance commune dans les quartiers new-yorkais.
Si le cambriolage est assez efficace, avec une très bonne séquence de vertige, le film ne raconte pas assez de choses, survole ses sujets.
Pas de bol, c’est l’un des films de Ratner les plus agréable à regarder, et finalement peu mémorable à cause de sa retenue.