Le Casse de Central Park : Critique

Simon Riaux | 2 novembre 2011
Simon Riaux | 2 novembre 2011

Difficile de voir d'un bon oeil l'arrivée d'un nouveau film dirigé par Brett Ratner, qui s'est jusqu'à présent illustré dans la comédie lourdingue (les Rush Hour) ou le sabordage en règle de franchise (Dragon Rouge, X-men : l'affrontement final). 

Pourtant, l'affiche du Casse de Central Park a de quoi attiser la curiosité, la réunion de Ben Stiller et Eddie Murphy promettant beaucoup. Toutefois, l'ami Ratner semble définitivement doué pour rassembler les éléments épars d'une recette éculée, mais beaucoup moins capable de les conjuguer pour aboutir à un plat savoureux.

Qu'on ne s'y trompe pas, le film recèle son lot de moments savoureux. De la mine ahurie d'un Stiller s'improvisant braqueur malgré lui, en passant par le sauvetage désespéré d'une voiture de collection, sans oublier une initiation réussie au vol en plein supermarché, on a régulièrement droit à quelques plaisantes trouvailles. On est même surpris par certaines scènes et orientations choisies par le réalisateur, qui apparaît ici moins insincère et balourd qu'à l'accoutumée, et emballe une jolie scène de beuverie entre le personnage principal et Téa Léoni, où se mêlent avec réussite humour, séduction, et ébriété. Si elles ne sont pas légion, ces séquences parsèment le film et lui permettent de faire mouche.

 

 

 

On s'étonne même de voir le réalisateur emballer avec un joli rythme le casse tant attendu, mais ce regain de vigueur du côté de la mise en scène se paie par une paresse sidérante du script. On a beaucoup de mal à comprendre que la relation entre Murphy et Stiller soit à ce point sous-exploitée, les deux comiques n'ayant qu'une seule véritable scène de dialogue, qui fait office de très pâle copie de leur gammes respectives. Matthew Broderick et Casey Affleck ne sont pas mieux traités, et resteront des monuments de fadeur tout le long du film.

 

Résumé

Sans surprise, ce nouveau Brett Ratner manque d'ambition, et s'il entend nous rappeler les glorieuses années 80, la comparaison ne se fait pas à son avantage. Le metteur en scène a pourtant pris soin d'en recycler les éléments, mais paraît se désintéresser de leurs interactions. Alors qu'il vient d'annoncer sa volonté de réaliser un thriller historique sur la traque de Eichmann, on peut sérieusement douter de la viabilité de l'entreprise, et espérer qu'elle n'amène pas à son auteur la respectabilité qui lui fait heureusement défaut.

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