Critique : Les Mythos

Simon Riaux | 12 juillet 2011
Simon Riaux | 12 juillet 2011
De prime abord, ils sont plutôt sympathiques ces Mythos. Avec sa bande de comédiens inconnus du grand public, sa galerie de personnages hauts en couleur, le film espère clairement détonner dans le paysage ultra-balisé de la comédie française, en bousculant ses archétypes et ses vieux réflexes. Si les intentions sont indubitablement là, l'objectif n'est pas vraiment atteint.

Trois pieds nickelés, pleins de bagou et d'esbroufe, s'improvisent garde du corps d'une riche héritière, laquelle se retrouve rapidement poursuivie par de mystérieux assassins. Le premier constat qui saute aux yeux du spectateur, c'est la modestie de l'entreprise. On est loin des budgets plus confortables de longs-métrages comme les Tuche, ou encore Case Départ. Mais cela n'arrête pas le réalisateur, qui s'échine visiblement à dynamiser son récit et sa narration, quitte à aller parfois un peu vite en besogne. Si cette volonté de ne pas se laisser limiter par le manque de moyens est éminemment respectable et force la sympathie, parfois l'admiration, la qualité de l'ensemble s'en ressent grandement. On cesse hélas très vite de croire aux scènes situées hors de la banlieue natale des personnages, qui donnent parfois le sentiment d'avoir été filmées à la volée.

Il en va de même pour l'écriture. Si l'énergie remarquable des comédiens fait souvent oublier les approximations du scénario, ce dernier demeure simpliste, parfois grossier. Ne reposant quasiment que sur les répliques assénées à coup de fautes de français, d'accent certifié banlieue, ou de vannes de cours de récré, l'ensemble devient bavard, jusqu'à rendre les personnages horripilants. On le regrette d'autant plus que l'on aurait aimé voir ces trois zigotos, aux tronches et physiques accrocheurs, tirer profit d'un comique de situation ciselé et énergique. Mais il se cantonne  à quelques scènes aux ficelles apparentes, telle la séquence du frein à main, dont la mise en place dessert le concept.

Les Mythos ressemble à ses personnages. Plein de bonne volonté, dynamique et férocement sympathique, mais jamais à la hauteur de ses ambitions. Dommage, on espérait que le passage de Denis Thybaut par le S.A.V des émissions lui aurait permis de se tailler, à l'occasion de ce retour sur grand écran, un costard à sa mesure, et non une étoffe trop large pour lui, comme ce fut déjà le cas avec Dans tes rêves.


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