Paul : critique du troisième larron

Simon Riaux | 26 août 2017 - MAJ : 27/08/2018 16:34
Simon Riaux | 26 août 2017 - MAJ : 27/08/2018 16:34

Edgar Wright parti réaliser Scott Pilgrim, les sympathiques Simon Pegg et Nick Frost se sont retrouvés bien dépourvus quand à défaut de bise, l'heure de donner suite à Shaun of the dead et Hot fuzz fut venue. L'immense réussite de Scott Pilgrim pouvait laisser craindre que la nouvelle geekerie de ces messieurs tienne mal la route sans l'apport de Wright. Qu'on se rassure, si l'absence du réalisateur est sensible, le duo britannique a de l'énergie et de l'humour à revendre.

 

JE SUIS GRIS DE PEAU

Paul est comme vous et moi, à la différence que sa peau est grise, et qu'il vient d'une autre galaxie. Échoué sur terre, il a aidé secrètement les autorités terriennes, jusqu'à ce que ces dernières se lassent, et décident de le découper pour mieux l'étudier. En fuite, l'alien fumeur et buveur va croiser la route de deux geeks anglais, venus découvrir le mythique Comic-con et la zone 51.

 

Nick Frost et Simon Pegg

 

Premier constat, la greffe prend bien docteur, merci. Simon Pegg et Nick Frost ont réussi à mettre leur univers au diapason de l'Amérique,  et parviennent à jouer de leur décalage habilement. A ce titre, les premières séquences introduisant les compères, immergés au sein d'une foule de nerds en tout genre, sont assez jouissives. Le fonctionnement du duo évolue, Pegg étant moins en avant, et osant avec jubilation jouer les véritables benêts, tandis que Frost affine son personnage, moins lourd et plus réactif à son environnement. Ce nouvel équilibre fonctionne à merveille, et nous offre de truculents dialogues avec l'extra-terrestre de service.

 

Pas facile à faire quand on a que quatre doigts

FAUX CORNETTO

Paul, puisque tel est son nom, est pour beaucoup dans la réussite du film. Très bien réalisé, il existe immédiatement en tant que personnage, comme en témoigne son apparition (classe et cinématographique en diable). Il n'est jamais un effet spécial clinquant, ou une performance technique encombrante. Simon Pegg et Nick Frost le côtoient avec aisance, leurs interactions ne font aucun doute, le doublage de Seth Rogen étant sans surprise aux petits oignons. Les personnages secondaires ne sont pas oubliés, notamment Jason Bateman, hilarant en G-man sous pression, en permanence au bord de l'implosion, flanqués de deux sous-fifres aussi abrutis que motivés.

Mais le film ne peut tout à fait transformer l'essai, même s'il est bien écrit et toujours drôle. La mise en scène de Greg Mottola demeure fonctionnelle et sans fioriture, mais son travail accuse encore une facture télévisuelle très marquée, n'atteignant jamais l'élégance et la précision de Edgar Wright. Ce dernier était parvenu à mettre en avant l'écriture du duo tout en l'enrichissant, quand on sent son successeur beaucoup moins à l'aise et inventif sitôt que le dialogue prend une place majeure dans l'action.

 

Résumé

Paul, grâce à la bonne humeur communicative de Simon Pegg et de Nick Frost vous assurera une bonne tranche de rigolade, enlevée et toujours aussi référentielle (c'est un festival de clins d'oeil à la culture extra-terrestre ciné et télévisuelle). On peut simplement regretter que ces deux comédiens / scénaristes méchamment doués ne bénéficient pas d'un réalisateur à leur niveau.

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commentaires
Den the gun
27/08/2018 à 13:02

Sympa, Pegg et Frost sont excellents, comme d'hab.
Juste le doublage de P. Manœuvre qui me gène un peu, personnellement.
L'impression que Depardieu double la reine des neiges.

Y Boy
26/08/2018 à 20:53

J'ai vraiment bien ri devant ce film, mais c'est vrai qu'il est deux crans en-dessous de la mythique trilogie Cornetto en termes de réalisation.

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