Critique : Remember me

Vincent Julé | 2 avril 2010
Vincent Julé | 2 avril 2010

Remember Me sort au cinéma en même temps que Twilight 2 en DVD. Ainsi, dans le métro, c'est double dose de Robert Pattinson en 4 x 3. Et cette question, la nouvelle idole des jeunes filles en fleur pourra-t-il jamais jouer autre chose que le sexy vampire énamouré, et ses déclinaisons du poète maudit, rebelle au grand cœur et séducteur malgré lui. Pour l'instant, il a été un jeune homme en pleine crise existentielle du nom de Art (tout un programme) dans How to be, le jeune Salvador Dalí himself dans Little Ashes, et sera bientôt le jeune Bel-Ami de Guy de Maupassant dans une adaptation éponyme. Et dans Remember Me ? Il est donc un jeune new-yorkais, qui souffre du suicide de son frère, qui rejette sa famille de riches, qui n'a pas de verrou à son appart, qui va en cours en candidat libre, qui bosse à la bibliothèque, qui parle en citations, qui suit ses pulsions de violence... En gros, il porte le poids de l'humanité sur ses épaules, mais avec classe, le regard mouillé, la mèche folle et le sourire en coin.

Robert est la raison première d'exister du film et la spectatrice de 15 ans son cœur de cible. Elles trembleront, s'émerveilleront, pleureront devant cette version moderne, mignonnette et clichetonneuse de Roméo et Juliette ou Love Story. On croit vite fait au couple qu'il forme avec Emilie de Ravin, et beaucoup plus à leurs pères respectifs Pierce Brosnan et Chris Cooper, figures omniprésentes, essentielles mais pourtant fuyantes. On encaisse tant bien que mal le traitement sériel avec une glamourisation à outrance, une infinite playlist et une unilatéralité des sentiments. On se surprend à se laisser balader dans un New York estival et insouciant, le film ne supportant pas, comme ses personnages, de rester à l'intérieur et cherchant toujours le grand air.

Et puis cette fin... déconcertante (rires jaunes dans la salle), inattendue (a posteriori tous les indices étaient là) et intéressante (à défaut d'être convaincante). Elle remet le film en perspective, lui donne, comme à son titre, un nouveau sens. Mais pas forcément le bon. Car si cette petite histoire rencontre tragiquement la grande, elle devient de fait moins authentique, plus artificielle, plus manipulatrice. Plus moralisatrice aussi. Mais, il ne faut pas réfléchir, hein, il faut pleurer, il faut se souvenir. Amen.

Résumé

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