Critique : L'Assistant du vampire

Ilan Ferry | 1 décembre 2009
Ilan Ferry | 1 décembre 2009

Tiré de « Cirque du Freak  (1er tome du cycle « The saga of Darren Shan »), L'assistant du vampire rejoint la longue liste d'adaptations de sagas littéraires pour djeun's déjà initiée par Harry Potter. Sauf qu'ici point de sorciers s'amusant à se renifler les fesses après trois pintes de potion magique, mais un jeune homme parachuté malgré lui assistant d'un vampire excentrique et ressemblant étrangement à John C.Reilly. D'emblée,  le film de Paul Weitz se réclame d'un autre temps, celui où la simple intrusion d'un élément fantastique au sein d'une banlieue propre sur elle suffisait à faire décoller l'imagination de gamins biberonnés aux films de la Hammer. Seulement voilà, si l'hommage à Joe Dante est flagrant (on pense plus d'une fois à la trop éphémère série Eerie, Indiana), L'assistant du vampire reste avant tout en phase avec son jeune cœur de cible et risque bien de fâcher les nostalgiques  dont les points d'ancrage restent Les Goonies et Explorers. Non décidément, c'est autre part que réside le charme de ce  sympathique assistant.

De prime abord, John C.Reilly parait peu crédible en vampire mais son aspect nonchalant et droopesque crée un décalage certain dont la grande force est de ne jamais tomber dans l'humour crétin et régressif. Une interprétation qui est à l'image du reste du casting (Salma Hayek en femme à barbe, Ken Watanabe en Elephant man et Willem Dafoe en vampire dandy aux airs de John Waters) certes sous exploité mais constamment à contre courant. Ainsi, on ne peut que saluer la prestation de Chris Massoglia dans le rôle titre, dont l'aspect de boy next door lunaire attire tout de suite la sympathie. Cependant, ce que l'Assistant du vampire gagne en singularité, il le perd en termes de narration. Si Brian Helgeland a parfaitement condensé les trois premiers tomes de la saga littéraire originelle, c'est malheureusement au détriment d'enjeux dramatiques cruciaux (l'affrontement entre Darren et son Némésis) qui perdent forcément en intensité. 

Une déception qui se ressent particulièrement dans le final qui, bien amené, aurait pu donner lieu à une attente aussi terrible que fébrile. Las, l'encéphalogramme émotionnel demeure désespérément plat et suscite la même réaction qu'après un pilote de série TV à moitié convaincant : on n'est pas encore vraiment conquis mais on demande à voir la suite pour l'être. Pour cela, il est toutefois nécessaire de prendre le film de Paul Weitz pour ce qu'il est : un produit parfaitement calibré pour les ados pré pubères, qui, entre deux questions existentielles (comment venir à bout de l'acné ? Est-ce que les filles peuvent tomber enceinte par la bouche ?) aiment s'encanailler avec du fantastique qui fait peur mais pas trop.

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