Critique : Vil romance

Par Lucile Bellan
22 novembre 2009
MAJ : 14 septembre 2018
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Vil Romance est l'histoire d'une rencontre. Celle de Roberto, jeune gay un peu désoeuvré à la famille clairement dysfonctionnelle, et de Raùl, un cinquantenaire en marge de la société (il y a qu'à voir son look de prêtre ouvrier, beurk). Très vite, sans drague, sans préliminaires même, les deux hommes s'étreignent et Raùl marque son territoire dans une violence et une insensibilité inouïe.

Des relations de domination malsaines, il ne suffit pas d'aller à Buenos Aires pour les chercher et,  le réalisateur José Celestino Campusano dresse surtout à travers cette relation bancale, les difficultés d'être gay dans une société pauvre, passéiste et profondément macho. Dans cette descente aux enfers aux allures de refléxions sociologiques et de romance qui n'aura jamais lieu, il aborde aussi le syndrome de la femme battue, par petites touches subtiles qui donnent à ce drame ce qu'il faut d'humanité malgré tout pour en supporter le visionnage.

Avec une intelligence rare, le constant effrayant de cette société est désamorcé par un final aussi théâtral que salvateur. Juste assez fou, kitsch et positivement over-the-top pour nous faire garder en mémoire plus le contexte et l'univers que les personnages fictionnels. Une claque visuelle pour qui a le coeur bien accroché et est prêt à se confronter à la face obscure de la banlieue argentine (et d'ailleurs).

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