Critique : Hitcher 2 - Retour vers l'enfer

Laurent Pécha | 28 juin 2008
Laurent Pécha | 28 juin 2008

Une suite à Hitcher destiné au marché de la vidéo ! Quoi de plus normal en apparence pour un projet qui a tout du nanar en puissance. Car, comment espérer survivre à la comparaison avec le formidable thriller de Robert Harmon, œuvre culte du cinéma de genre des 80's ? Seulement voilà, derrière la caméra, on retrouve l'un des meilleurs faiseurs de séries B actuels, à savoir Louis Morneau qui en trois films (Reotractive, Fausse donne et La nuit des chauve-souris) a su imposer son évident savoir-faire technique (surtout au regard du faible budget de ses projets) tout en se créant un vrai style tout entier axé sur l'efficacité du récit.

Hitcher 2 étant dans de (telles) bonnes mains, on n'est finalement pas surpris de constater que le canevas certes simpliste du scénario fonctionne presque à plein régime (un décalquage du premier film certes mais avec quelques retournements-variantes subtilement amenés). La première partie du métrage (la meilleure) réserve ainsi son lot de surprises (étonnante séquence d'ouverture) et Morneau joue habilement de la paranoïa de son héros pour entretenir le suspense (C. Thomas Howell complètement névrosé ne sachant plus discerner le réel du passé qui le hante).

Malgré un ultime rebondissement qui tente - en vain - de faire échapper cette séquelle à son statut de remake à peine déguisé, la suite des événements n'est plus aussi palpitante. La faute incombant avant tout au peu d'envergure du personnage pourtant essentiel de Jake Busey, à mille lieux de l'inoubliable performance de Rutger Hauer. Toutefois, Morneau réussit à nous montrer qu'il possède toujours ce petit plus permettant de donner un vrai cachet visuel à des scènes d'action mêmes prévisibles et s'offre un final aussi hautement improbable (la poursuite-cascade pourrait servir comme climax final à un James Bond, l'esbroufe en moins, l'efficacité en plus) que spectaculaire.

En attendant que quelqu'un de malin à Hollywood offre à Morneau la chance de se révéler à un plus large public (à l’instar de ce qui est arrivé à David Twohy), il faut se contenter de voir le réalisateur se coltiner des projets mineurs...mais jamais dénués d'intérêt comme c'est le cas ici avec ce sympathique Hitcher 2.

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(4.5)

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