Critique : Soit je meurs, soit je vais mieux

Par Thomas Messias
17 juillet 2008
MAJ : 13 octobre 2018
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« Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel », nous disait Laurence Ferreira Barbosa dans le titre de son premier long. Mais si les personnages de Soit je meurs, soit je vais mieux se tiennent clairement à l’écart des normes, sont-ils exceptionnels pour autant ? L’idée de base de la réalisatrice était de raconter ce qu’on appelle sommairement une crise d’adolescence, d’une façon bien différente que ce que le cinéma français nous propose souvent (nombrilisme et misère sociale). Gros souci : cette volonté de faire autrement est bien trop voyante, et les expériences du jeune Martial, du triolisme (avec jumelles, en plus) à la pyromanie, sont exploitées de façon souvent artificielle.

 

Soit je meurs, soit je vais mieux pâtit d’une absence totale de style, le film refusant à la fois de faire dans le trash assumé façon Larry Clark et dans un cinéma du fantasme, où c’est l’imaginaire de Martial qui s’exprime. Du coup, le seul frisson du film, c’est cette relation étrange entre les deux sœurs jumelles, au mode de pensée insaisissable. Sauf qu’au bout du compte, tout cela n’aboutit pas à du très solide. Pire, la non-morale qui clôt l’ensemble (« c’est bien, mon fils, tu as foutu le feu, ça veut dire que tu as mûri ») a quelque chose de complètement stupide, entre esprit pseudo soixante-huitard et provocation gratuite. On opterait volontiers pour cette deuxième solution, confirmée par un choix de titre aussi incongru que racoleur. « J’ai horreur de l’amour », disait le titre du deuxième film de Barbosa. Le spectateur, lui, a surtout horreur d’être pris pour un con.

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