Critique : Mataharis

Jonatan Fischer | 2 avril 2008
Jonatan Fischer | 2 avril 2008

Trois femmes, trois générations, un métier commun : celui de détective. Iciar Bollain, réalisatrice du film Ne dis rien qui abordait la violence conjugale avec une rare justesse, a décidé pour son nouveau long-métrage de démystifier ce métier que le cinéma a tant de fois fantasmé.

 

 

Avec des situations et dialogues pertinents, la réalisatrice dresse trois habiles portraits de femmes d’aujourd’hui et soulève des thèmes tels que l’adultère, la vie de famille, la place du travail et les frontières entre celui-ci et vie privée, le manque de communication... Ce dernier thème est à n’en pas douter l’élément central du film. Les détectives étant là pour aider des gens qui n’osent plus communiquer, parler en face de ceux avec qui ils ont une affaire à régler. Et cela vaut aussi bien pour un client qui vient pour une affaire d’adultère, que pour un autre qui tient à préserver sa multinationale tout en envisageant d’avoir recours au licenciement. Ces problèmes de communication se retrouvent enfin dans la vie personnelle des trois protagonistes principales qui vont chacune à leur manière devoir affronter des situations de couples où le dialogue n’est plus au beau fixe.

 

 

Mataharis se caractérise donc par une justesse, un véritable regard, et est porté par un trio d’actrices particulièrement efficace. Alors pourquoi la sauce ne prend elle pas vraiment, tous les éléments semblant être réunis ? A cause de la réalisation. Cette dernière est tout simplement digne d’un mauvais téléfilm policier des années 90 (sans personnalité, avec une photographie pourrie et un générique à faire peur). Ajoutez à cela un travail sur le son proche du néant et vous comprendrez pourquoi la technique vient gâcher un scénario pourtant alléchant et riche en analyses, sentimentales comme sociales. Vraiment dommage.

Résumé

Lecteurs

(0.0)

Votre note ?

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire