Critique : Les Larmes de madame Wang

Lucile Bellan | 25 mars 2008
Lucile Bellan | 25 mars 2008

Portait doux-amer d'une femme affligée par la vie mais que son fort caractère empêche de (se) plaindre, Les larmes de madame Wang offre aussi une vision différente de la Chine, ni transfigurée, ni misérabiliste. C'est par ce personnage hors du commun, interprété par la formidable Laio Qin, qu'on découvre un autre visage de la Chine provinciale, même si celui-ci est déjà daté. En effet, bien qu'il sorte sur les écrans français en 2008, ce film a été produit en 2002. Interdit en Chine à cause de sa liberté de ton, tourné sans autorisations et à l'aide de fonds étrangers (et même français), il représente tout un pan du cinéma chinois, riche, originale et surtout authentique.  

 

Du périple de la jeune femme pour gagner sa vie, on ne garde que les instants de grâce, du plus tragique (avec l'abandon de la petite fille) au plus burlesque (on ne peut pas nier que l'insolence de Madame Wang y est pour beaucoup). Et il s'avère que parfois, une forme de magie transpire de l'écran, ce genre de candeur et de talent qu'on ne voit qu'avec des acteurs non professionnels, ce qui est le cas ici.

 

Si les chants traditionnels ne parlent pas tout de suite à nos oreilles occidentales, ils ne cessent de surprendre, par leur complexité et leurs nuances mais aussi parce que les rires se mêlent souvent aux larmes. Et puis c'est surtout visuellement que tout se passe, les ballets funéraires comme les décors surchargés éblouissent par leurs couleurs chatoyantes.

 

A savourer comme un voyage dépaysant, mais surtout à appréhender et à apprécier comme un portrait de femme anticonformiste, Les larmes de Madame Wong est donc peut-être aussi un film à méditer.

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