Punch-Drunk Love - Ivre d'amour : Critique

Julien Foussereau | 26 février 2008 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Julien Foussereau | 26 février 2008 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Adam Sandler brille chez Paul Thomas Anderson (Boogie Nights, Magnolia).

Barry Egan est un homme perturbé. Très perturbé. Barry Egan fournit dans un complet bleu électrique du plus bel effet des déboucheurs fantaisie incassables qu'il fracasse en un tour de poignet. Fracasser des objets divers et variés, c'est d'ailleurs le grand truc de Barry Egan pour expulser le stress développé par son vide existentiel, pas aidé en cela par ses sept sœurs qui le prennent, au mieux, pour un souffre-douleur, au pire, pour un demeuré. Même s'il n'en a pas conscience, Barry Egan souhaiterait ne pas exister. Mais Barry Egan tombe amoureux de Lena Leonard, drôle de femme qui en pince également pour lui. Ça change tout. Et lorsque l'on menace cette relation non conventionnelle par le biais d'un odieux chantage, Barry Egan devient enfin acteur de sa vie.

 

Photo Adam Sandler

 

Jusque là,  il est difficile d'imaginer sur le papier que Punch-Drunk Love soit une comédie romantique tant le résumé ci-dessus décrit davantage une brute épaisse qu'un joli cœur. Á bien y réfléchir, la trajectoire de Punch-Drunk Love est, rétrospectivement, à l'exact opposé de There Will Be Blood. Paul Thomas Anderson ne fait que raconter l'histoire d'un homme un peu autiste sur les bords regagnant la communauté des hommes quand There Will Be Blood narre le cheminement de Daniel Plainview sur trois décennies pour s'en affranchir. Á ce titre, Punch-Drunk Love est également le film de la mutation formelle chez Anderson : il délaisse les mouvements d'appareil d'un élégante souplesse au profit de travellings raides et le plus souvent en ligne droite, la mélodie disco ou symphonique au profit de petites touches électro.

 

Photo Emily Watson

 

Bref, Anderson commence à trouver son propre rythme et vise l'épure, à l'image de l'environnement industriel et dépeuplé de Sherman Oaks, Californie. Cela dit, on sent bien que le cinéaste a puisé dans la science complexe de Jacques Tati sauce Playtime pour transformer Adam Sandler, l'habituel roi de la comédie peu fine, en impressionnant corps comique dépressif et sophistiqué à la fois. Cette association inattendu entre Anderson et Sandler s'avère in fine idéale pour articuler le principe burlesque binaire de Punch-Drunk Love : une alternance de pétages de plomb secs et de séquences d'une infinie douceur entre Barry et Lena (merveilleuse Emily Watson), avant le point culminant du film qu'est la romance hawaïenne. Là, après une nuit d'amour, Lena regarde avec tendresse son Barry car le bonheur d'une vie faisant sens transparaît dans son regard.

 

Affiche officielle

 

Résumé

Un film magique.

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Lecteurs

(0.0)

Votre note ?

commentaires
Aucun commentaire.
votre commentaire