Critique : The Returner

Par Stéphane Argentin
15 octobre 2004
MAJ : 25 février 2020
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Vendu comme un immense blockbuster de SF made in Japan (cf. la article-details_c-trailers disponible sur le DVD), The Returner ne comporte en réalité qu’assez peu de séquences d’action (guère plus de 15/20min sur les 112min de métrage), et souffre par-dessus tout d’un gros problème de rythme.

Après une ouverture à la Terminator (combat entre humains et machines au XXIIIe siècle, envoi d’un volontaire en l’an 2002 pour tenter de changer le cours de l’histoire), The Returner continue par la suite à pomper sans vergogne dans tous les standards cinématographiques de la SF qui lui tombent sous la main : E.T. (le pauvre alien échoué sur Terre), Independence day (l’arrivée de vaisseaux massifs), Matrix (l’effet bullet-time), sans oublier les mangas pour le look très mechs des aliens transformers. Ces emprunts ne seraient pas vraiment gênants en soit s’ils étaient convenablement assimilés, réexploités et surtout reliés, et non bêtement agencés les uns sur les autres dans le seul et unique but de démontrer qu’au pays du Soleil Levant, on sait aussi faire du gros machin sans intérêt.

Certes, les séquences d’action sont maîtrisées. On voit bien le pognon à l’écran. Ça explose, ça tire et ça ralentit de partout. Mais entre deux pétarades n’excédant guère les 2/3 minutes à chaque fois, c’est plutôt mou et inconsistant. On ne parlera pas du bad guy de l’histoire, risible et caricatural au possible, ni des aberrations du script (on entre et on sort d’un centre de recherches spatial ultra protégé comme dans un moulin), puisqu’il s’agit là des habituels poncifs en vigueur dans ce genre de production décérébré. Non, le véritable problème reste bel et bien ce manque de consistance entre chaque séquence musclée où l’on passe finalement d’un lieu à un autre sans le moindre lien. On se retrouve ainsi avec un alien paumé sur Terre d’un côté, un justicier solitaire avec une vieille carie contre le mégalo de service de l’autre, et cette gamine venue sauvée la planète d’un avenir plutôt néfaste, entre les deux.

Quant à la dimension dramatico-émotive du film, elle tombe elle aussi complètement à plat, aussi bien dans la tentative de rapprochement du couple sauveur de l’humanité que dans la description de ce futur apocalyptique, à base de souvenirs de l’héroïne rappelant les scènes de cauchemars similaires d’une certaine Sarah Connor dans Terminator. Non, décidément, il n’y guère plus que ces 15/20 minutes de scènes d’action, dont on pouvait déjà voir un échantillon dans la article-details_c-trailers, qui valent le détour dans The Returner. Autant dire un film parfaitement ciblé pour le marché du DVD avec un chapitrage adapté.

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