Critique : Silentium !

Erwan Desbois | 15 janvier 2007
Erwan Desbois | 15 janvier 2007

Grand Prix du Festival du film policier de Cognac l'an dernier, le film autrichien Silentium ! bénéficie grâce à cette récompense d'une sortie en salles à laquelle les précédentes œuvres de l'équipe qui en est responsable n'avaient pas eu droit. Wolfgang Murnberger (réalisateur), Josef Hader (acteur principal) et Wolf Haas (auteur du roman dont est tiré le film, et co-scénariste en compagnie des deux précédents) ont en effet une carrière bien remplie dans leur pays, sans que leur renommée ait jamais dépassé les frontières de celui-ci.

Grâce à Cognac, les amateurs de polars ainsi que les cinéphiles à la recherche d'ambiances décalées vont pouvoir savourer Silentium !. Le film se place dans la catégorie des films noirs modernes, qui emploient les codes des classiques du genre et parviennent à les réinterpréter de manière personnelle. Intrigue inextricable, femme fatale, privé faussement débonnaire mais réellement coriace et trafics et perversions en tous genres sont ainsi au rendez-vous dans cette enquête sur le meurtre maquillé en suicide du beau-fils du directeur de l'Opéra de la ville huppée de Salzbourg.

Si Silentium ! est si réjouissant à suivre malgré quelques longueurs en cours de récit, c'est en raison de la parfaite adéquation qui existe entre le scénario, les acteurs et la mise en scène. Toutes ces composantes partagent la même touche erratique, presque négligente par moments et qui donne au film une unité biscornue mais bien réelle. Simon Brenner, le détective fouineur en question, emploie des méthodes qui frisent l'inconséquence, a des fréquentations variant de l'incongru au peu recommandable et semble toujours s'en sortir par le biais d'heureux concours de circonstances. Ce héros atypique et le constant décalage qui existe entre lui et le monde qui l'entoure plongent le film dans une sorte d'état d'ébriété, avec lequel le scénario et la mise en scène font donc corps. En n'oubliant jamais pour autant sa part sombre – la froide noirceur du dénouement est digne des films noirs dont il est l'héritier –, Silentium ! trouve un équilibre singulier et efficace qui en fait un polar tout à fait respectable.

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