Critique : Perhaps love

Jean-Noël Nicolau | 20 novembre 2006
Jean-Noël Nicolau | 20 novembre 2006

Grand gagnant des HK Film Awards 2006 avec 6 récompenses, Perhaps love se présente sous la forme d'un très classique drame romantique emballé dans une esthétique luxueuse. A la mise en scène Peter Ho-sun Chan (principalement connu en nos contrées comme producteur de la saga The Eye et de Nouvelle Cuisine) essaie d'insuffler un semblant de style, pendant que le directeur de la photographie Peter Pau (Tigre et dragon, le Festin chinois, Jiang Hu…) cisèle des plans d'une beauté relativement inattaquable. Malheureusement, la préciosité technique ne peut dissimuler le vide émotionnel de Perhaps love. En une mise en abyme mille fois vue ailleurs, des acteurs de cinéma revivent leur histoire d'amour tragique au travers du film qu'ils sont en train de tourner. Celui-ci étant une comédie musicale, on aurait aimé profiter davantage des talents du chorégraphe de la Famille indienne, totalement sous-exploités au sein d'une demi-douzaine d'intermèdes musicaux fort brefs et imitant lourdement Moulin rouge et Chicago.

Si Takeshi Kaneshiro et Jacky Cheung font de leur mieux, en surjouant les répliques désolantes de naïveté qu'on leur a confiées, la jolie Zhou Xun ne parvient jamais à transcender un rôle terriblement dénué de grâce et de glamour (son personnage grince des dents en dormant et arbore des sous-vêtements à faire frémir votre grand-mère). Mais le plus gros défaut de Perhaps love réside dans son absolu manque de rythme, résultat de la prévisibilité et de la surcharge de guimauve de l'histoire. Répétitif et laborieux, le film s'épanche de surcroît en un final à rallonges, qui hésite entre le gentiment ridicule et l'interminable. Seuls les fans du superbe organe (vocal) de Jackie Cheung trouveront peut-être là de quoi se précipiter dans les salles…

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